France 2030 : 5 milliards d'euros pour que les startups alimentent l'industrie

Les startups ne sont pas laissées pour compte dans le plan d'investissement "France 2030" : le gouvernement compte allouer 5 milliards d'euros au financement des startups porteuses d'un projet d'innovation de rupture, les fameuses deeptechs. L'ambition est d'accélérer la réindustrialisation des différents secteurs à l'aide des technologies numériques.
François Manens

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Concrètement, à travers le plan, l'Etat va investir 5 milliards d'euros, dont 3 en fonds propres.
Concrètement, à travers le plan, l'Etat va investir 5 milliards d'euros, dont 3 en fonds propres. (Crédits : Elysée)

Bien que très axé sur l'industrie, la présentation du plan d'investissement « France 2030 » par Emmanuel Macron fait la part belle aux startups. « Notre pays va se réindustrialiser par les startups technologiques, le deeptech », a ainsi insisté le chef d'Etat tout au long de son discours ce 12 octobre. Pour lui, « l'industrie se nourrit des startups » et il a encouragé à mettre fin aux oppositions entre les deux écosystèmes.

Concrètement, à travers le plan, l'Etat va investir 5 milliards d'euros, dont 3 en fonds propres. Une fois de plus, la gestion de l'enveloppe sera confiée à Bpifrance, la banque publique d'investissement au cœur de l'animation de la French Tech. Le chef d'Etat souhaite que les « deeptech » -ces startups porteuses de projets d'innovation de rupture- et les « startups industrielles » puissent rapidement présenter leurs premiers prototypes ou démonstrateurs.

Mise sur les deeptechs dans la course industrielle

Pour parvenir à ce stade de développement, les jeunes pousses doivent recevoir un investissement initial qui peut se chiffrer en dizaines de millions d'euros, mais qui s'avère essentiel pour révéler le potentiel réel de la technologie. Si le prototype paraît prometteur, il attirera des financements supplémentaires. Sinon, le constat d'échec sera acté, et l'aide financière et humaine pourra se concentrer sur d'autres projets. Emmanuel Macron a insisté sur cette nécessité d'échouer vite et sans s'y attarder, pour se focaliser sur ce qui fonctionne, une mentalité héritée de la Silicon Valley. « Si nous perdons la bataille de l'industrialisation, nous perdons le marché », a mis en garde le président, avant d'ajouter : « Pas de révolution industrielle sans révolution du capital ».

Parmi les interlocuteurs invités à s'exprimer, Xavier Lazarus, associé fondateur d'Elaia Partners (fonds d'investissement français spécialisé en tech) a fait écho au discours présidentiel : « Pour les deeptechs, nous ne pouvons pas nous passer du soutien de l'Etat ». L'homme d'affaires a précisé qu'il attendait le soutien public sur trois volets : l'investissement direct dans les entreprises, l'investissement dans les fonds d'investissements, et une augmentation des commandes publiques.

Ne pas rater le coche sur les briques technologiques de demain

Si le plan « « France 2030 » est avant tout l'occasion pour le gouvernement de se positionner sur de nouveaux enjeux dans l'énergie, l'alimentaire, le spatial ou encore les fonds marins, le volet startup vient quant à lui renforcer une stratégie de fonds, portée depuis plusieurs années.

Comme le président l'a lui-même rappelé, les plans sectoriels pour soutenir les nouveaux pans des industries numériques se sont succédés sous son mandat : 1,5 milliard d'euros pour l'intelligence artificielle (entre 2019 et 2022), 1,8 milliard pour l'informatique quantique et 1 milliard pour la cybersécurité en 2021, ou encore 800 millions pour les deeptechs en 2019. Le gouvernement a aussi affiché la volonté de rétablir une forme de souveraineté côté infrastructure par le biais de la stratégie « cloud de confiance » - qui par ailleurs, est loin de faire l'unanimité. Bref : chaque brique technologique a fait l'objet d'un plan dédié. « Il nous faut maîtriser les technologies numériques : nous avons déjà posé les bases avec [ces] plans (...), mais il faut accélérer », martèle Emmanuel Macron.

L'enjeu est grand : les technologies numériques sont transversales, et vont affecter l'évolution et le futur de plusieurs secteurs industriels à court terme. L'intelligence artificielle permet d'optimiser la production, la robotique vient accélérer les cadences, la cybersécurité offre une protection face à des menaces croissantes, tandis que l'informatique quantique pourrait aller jusqu'à révolutionner des secteurs entiers comme la médecine ou la science des matériaux.

François Manens

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Commentaire 1
à écrit le 13/10/2021 à 9:37
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Les start-up vont surtout alimenter les industries étrangères que se permettront d'importer les produit finis!

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