Plan Deep tech : 800 millions d'euros d'aides nouvelles pour l'innovation de rupture

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Dix ans après la révolution du smartphone qui a entraîné la digitalisation de l'ensemble de l'économie et de la société, la France bascule les deux pieds dans la deep tech. Bpifrance, vaisseau amiral de la politique d'innovation hexagonale, présente ce mercredi 30 janvier "Génération Deep tech", un plan massif doté de 800 millions d'euros sur cinq ans, pour "démultiplier" le soutien aux innovations de rupture.
Intelligence artificielle, nouveaux matériaux, informatique quantique, robotique, production et stockage de l'énergie, biotechnologies, nanotechnologies... Le développement rapide des technosciences, caractérisé par une multiplication de 5,5 des investissements deep tech dans le monde entre 2013 et 2017 (x3 pour l'Hexagone), représente une opportunité majeure pour la France et l'Europe, qui disposent de laboratoires et de chercheurs mondialement reconnus, d'entrepreneurs chevronnés et d'une industrie du capital-risque qui arrive à maturité.
L'argent est évidemment le nerf de la guerre pour faire émerger de nouveaux projets et les aider à grandir. Avec 330 millions d'euros levés par les startups deep tech en 2017 pour 109 opérations, la France se situe actuellement au deuxième rang européen pour les investissements deep tech, derrière le Royaume-Uni.
Le Plan Deeptech veut au moins doubler la dynamique actuelle. Pour cela, Bpifrance va piloter l'ensemble des dispositifs d'aide déjà lancés et il va investir en plus 800 millions d'euros sur cinq ans. Au total, les dispositifs financiers de soutien à la deep tech, qui mélangent fléchage de l'existant et aides nouvelles, se divisent en trois catégories :
Rien de nouveau ici, juste une clarification de l'existant. Cette enveloppe comprend le pilotage du programme national des Sociétés d'Accélération du transfert des technologies (SATT, 80 millions par an, 400 millions sur cinq ans), qui passe donc sous la coupelle de Bpifrance. A cette somme s'ajoutent 150 millions sur cinq ans pour accompagner la création d'incubateurs, d'accélérateurs et de startups studio deep tech dans les territoires, afin de mieux connecter les laboratoires et les entrepreneurs. Enfin, un partenariat stratégique a été signé avec l'Agence Nationale de la Recherche (ANR) fin 2018, pour "intensifier les échanges entre les mondes scientifiques et économiques". L'objectif : que les travaux de recherche de l'ANR aboutissent davantage vers des projets portés par des startups ou des industriels.
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Là encore, cet argent provient de dispositifs déjà financés par ailleurs. Il s'agit en fait de 400 millions d'euros issus du Fonds pour l'Innovation et l'Industrie (FII), qu'on appelle aussi Fonds pour l'innovation de rupture et qui sera alimenté tous les ans par les dividendes des participations vendues de l'Etat dans certaines entreprises. L'autre moitié, 400 millions d'euros, provient du fonds French Tech Seed, lancé l'an dernier pour aider les startups deep tech dans la phase du pré-amorçage.
C'est dans cette partie qu'on trouve les 800 millions d'euros de fonds "nouveaux", qui n'ont pas encore été annoncés et qui ne proviennent pas du fléchage d'aides existantes. Dans le détail, ces 1,3 milliard d'euros se divisent ainsi : un milliard d'euros en fonds de fonds dans l'écosystème du capital-risque français, dont 500 millions proviennent du FNA 2 géré par Bpifrance dans le cadre du PIA et 500 millions d'euros sur fonds propres. Il y a aussi 300 millions d'euros investis en direct par Bpifrance dans les startups deep tech. Cette enveloppe devrait permettre de doubler les investissements disponibles pour leur accélération.
Reste désormais à appliquer ce plan, et à orienter les bons dispositifs aux bons projets. Pour cela, Bpifrance lance aussi le premier référentiel de la deep tech, qui va être partagé à l'ensemble de l'écosystème. Sa mission : définir avec des critères précis les projets de rupture, donner un panorama complet de la filière et de ses enjeux.
Co-élaboré avec des acteurs de la deep tech (entrepreneurs, chercheurs, investisseurs), le référentiel établit un score pour chaque projet, en fonction de quatre critères : son lien avec le monde de la recherche ; sa capacité à lever des verrous technologiques ; les barrières à l'entrée qu'il créée dans son secteur ; un "go-to-market" long et complexe, donc capitalistique.
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Très pédagogique, le livret est parsemé de témoignages, d'études de cas précises et de guides pour faire face aux défis posés par un projet deep tech, comme la protection de la propriété intellectuelle, la répartition du capital ou encore l'adaptation de la technologie au marché.