Pour sa première sortie, Cédric O se pose en champion du "en même temps"

Cédric O
Sylvain Rolland

Cédric O
Sylvain Rolland
Tout un symbole. Pour sa première sortie depuis sa prise de poste en tant que secrétaire d'État au Numérique, Cédric O, qui présente un profil très "politique" et demeure peu connu des entrepreneurs, s'est mis en mode "opération séduction". Pour se présenter au public, le nouveau ministre s'est d'abord déplacé à Station F, puis dans les locaux parisiens de la nouvelle licorne française Doctolib.
Dans le célèbre incubateur de Xavier Niel, l'ancien conseiller d'Emmanuel Macron est venu soutenir la mission French Tech, qui y annonçait les 13 nouvelles Capitales et les 86 Communautés, fruits de la réforme de sa directrice, Kat Borlongan. Chez Doctolib, escorté par le fondateur et président Stanislas Niox-Chateau, le nouveau ministre s'est inscrit dans la continuité de Mounir Mahjoubi, insistant sur la nécessité d'un numérique performant et inclusif, et sur les prochaines échéances de régulation, notamment vis-à-vis des plateformes. Quitte à multiplier les paradoxes.
Après avoir longuement salué la plupart des salariés de Doctolib présents au siège parisien (800 en tout, dont 500 en France) et écouté chaque directeur de service lui expliquer le fonctionnement de l'entreprise - un exercice de communication un peu forcé, parsemé de questions candides, alors qu'il connaît pourtant très bien la scale-up -, Cédric O a pris la parole pour présenter une ébauche de feuille de route. Sans surprise, il a souhaité, comme Mounir Mahjoubi avant lui, réconcilier la "startup nation" avec la France des "Gilets jaunes".
Le secrétaire d'État au Numérique a donc encouragé les entrepreneurs à « être ambitieux » et à « ne pas avoir d'inhibitions ». Curieusement, il a cité plusieurs fois en exemple... Mark Zuckerberg, le fondateur extrêmement controversé de Facebook, qui incarne à la fois une réussite hors norme mais aussi toutes les dérives du modèle startup :
Un état d'esprit indispensable, d'après Cédric O, pour créer de nouvelles licornes et des futurs géants du numérique en France. « J'utilise un iPhone, j'ai un compte Gmail, je vais sur Facebook et Twitter, mais j'aimerais bien utiliser demain des services mondiaux créés par des startups françaises », a-t-il déploré.
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Pas à un paradoxe près, le nouveau secrétaire d'État souhaite toutefois que les Mark Zuckerberg français incarnent un "modèle de société" différent de celui des États-Unis, « où les clochards s'entassent au bas des buildings des entreprises tech à San Francisco », et de l'Asie :
D'où sa volonté de « mettre le numérique au service de tous », poursuivant ainsi les chantiers d'inclusion numérique lancés depuis le début du mandat, et d'accélérer la dématérialisation des services administratifs tout en répondant aux besoins « des 13 millions de Français éloignés du numérique ».
Après la performance des startups et la nécessité d'un numérique inclusif, Cédric O a dévoilé son troisième grand axe de travail : les négociations avec les géants du Net sur plusieurs chantiers législatifs d'envergure.
Le premier est la "loi Avia", ou loi contre la haine en ligne, dont le dépôt à l'Assemblée nationale est prévu pour le mois de mai. « Les règles de la rue doivent s'appliquer à Internet. On ne peut pas insulter, harceler, menacer quelqu'un en ligne en toute impunité », a déclaré Cédric O. Conscient des « difficultés techniques et juridiques » qui se dressent lorsque l'on parle de modération des contenus sur Internet, le secrétaire d'État au Numérique estime qu'il faut « inventer un nouveau modèle de régulation ».
Qui doit s'en occuper alors, et comment ? « Aucun pays n'a trouvé la martingale mais des solutions seront présentées d'ici à cet été », promet-il de manière imprécise.
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Le deuxième chantier législatif est la loi sur l'audiovisuel ou "loi Riester", qui sera présentée cet été, avec trois objectifs : la régulation du secteur - droits d'auteur -, le financement de la création à l'heure où les nouveaux acteurs comme Netflix bouleversent les règles du jeu, et l'avenir de l'audiovisuel public.
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