The Family, une structure où les start-ups grandissent et se différencient

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De gauche à droite : Nicolas Colin, Oussama Ammar et Alice Zagury, fondateurs de The Family. / DR
De gauche à droite : Nicolas Colin, Oussama Ammar et Alice Zagury, fondateurs de The Family. / DR (Crédits : DR)
Investisseur leader dans les startups en Europe, TheFamily vient d’annoncer un tour de table d’un million de dollars auprès d’Index Ventures et de business angels partenaires. Depuis un an, la société d'investissement accompagne et soutient plus de 100 startups par an, en leur offrant de l’éducation, des privilèges et de l’accès au capital.

Le 1er juillet prochain, les industriels du luxe ont piscine. Le 2 aussi. S'ils sont curieux, ils se retrouveront en effet dans la très parisienne piscine Molitor pour une séance de Hackers on the Runway. Une flopée d'intervenants de tous bords vont leur montrer comment le numérique sape à une vitesse qu'ils ne réalisent pas vraiment leur traditionnel business model, et que le virage digital ne se résume à des beaux sites web en noir et en flash, comme ils en alignent, tous identiques, depuis le début des années 2000.

 

C'est l'une des nombreuses idées d'un trio, Alice Zagury, Nicolas Colin et Oussama Ammar, qui, au printemps 2013, ont créé The Family, un accélérateur de croissance pour les start-up du numérique et école de la disruption numérique. Concept étonnant et un peu inspiré - ils l'avouent - d'Y Combinator. Créé en 2005 dans la Silicon Valley, c'est un accélérateur où des start-up viennent apprendre à grandir avec un programme intensif de formations personnalisées. Le coût est raisonnable puisqu'il est... de zéro dollar ! En échange, certains ont eu la chance d'être coachés par Mark Zuckerberg (Facebook) ou par Jerry Yang (Yahoo!).

 

Les jeunes générations de mentors...

 

Principe identique chez The Family.

 

« Une seule condition, explique Alice Zagury, nous prenons 1% du capital de la start-up, tout le reste est gratuit. »

 

Alice Zagury est l'optimiste du trio, celle qui connaît parfaitement le terrain et l'écosystème des startup. Et celle qui entraîne tout le monde avec son énergie. Elle a travaillé longtemps à Silicon Sentier et au Camping, les deux incubateurs du conseil régional d'Île-deFrance et de la mairie de Paris.

 

« À la troisième saison du Camping, j'ai commencé à avoir un mal fou à trouver des mentors pour encadrer les jeunes. La give back attitude n'est pas vraiment entrée dans les moeurs en France, l'accompagnement est trop souvent freiné. En plus, je commençais à chercher des gens qui étaient sur les nouveaux business models, ceux qui sont nés après Facebook et Twitter, de Dropbox à Uber. Les business models changent en fonction des technologies et j'avais du mal à faire venir des mentors. »

 

À l'époque, Alice Zagury s'occupait déjà d'un programme de veille, Y Generation around the World, et parcourait l'Europe et les États-Unis à la recherche des secrets de l'innovation ouverte. C'est comme cela qu'elle rencontre Oussama Ammar. Lui, c'est le pédago du trio, le mentor dans l'âme, celui qui est capable de « scaler » l'accélération en rendant le plus difficile accessible au plus grand nombre. Il a créé sa première entreprise à 12 ans, en a créé et revendu deux autres avant ses 18 ans.

 

Et puis il a connu la mauvaise expérience : se faire sortir par son board d'une entreprise qu'il avait créée. Il en a déduit qu'il n'était pas fait pour être PDG, mais business angel. En quelques années, il va ainsi financer 21 start-up dans la Silicon Valley ! En croisant Alice Zagury, Oussama Ammar se rend compte qu'il y a des choses possibles à faire en France - eh oui ! -, avec la culture française. Et qu'il va pouvoir éduquer et couver des Français.

 

... Et les grands groupes de connaître les "barbares"

 

Alice Zagury et Oussama Ammar créent ainsi The Family, une structure qu'ils définissent assez volontiers comme « radicale », mais « privée et bienveillante avec les start-up » pour accélérer leur croissance. Mais rien de tout cela ne fonctionnerait vraiment sans le troisième associé.

 

Nicolas Colin, ingénieur, énarque, normalien, inspecteur des finances, coauteur du récent rapport sur la fiscalité du numérique et exégète de la disruption numérique.

 

Lui, c'est « la passerelle avec le monde d'en haut, la clé de l'accélérateur dans un monde hiérarchique, pyramidal, élitiste », explique Alice Zagury.

 

Il est celui qui connaît les grands groupes, sait leur parler et sait les amener. C'est pour ces derniers d'ailleurs que le trio a inventé l'idée des « barbares ». « Les barbares attaquent », c'est tous les mardis. C'est ouvert à tous et surtout aux entreprises, auxquelles on explique ce que préparent les hordes de barbares qui ont tendance à se regrouper dans la Silicon Valley et dont les stratégies d'attaque devraient obliger ceux qui sont en place à modifier radicalement leurs modèles, sous peine de perdre pied.

 

Chez The Family, on a compris que l'idée des « mardis barbares » était bonne lorsque les entreprises ont appelé pour que le trio vienne dans leurs murs expliquer les « stratégies barbares » à leurs équipes dirigeantes.

 

the family

 

« Get the Swag On »

 

Et des idées, The Family n'en manque pas, de Koudetat (formation payante intensive de trois mois à l'entrepreneuriat où l'on retrouve aussi bien des candidatures de ressortissants de pays francophones, que de chômeurs en reconversion ou de mères célibataires) à Get the Swag On (« gagnez le magot », en français), où l'on apprend aux startuppeurs le storytelling sur leur entreprise.

 

Des idées de partenariat, le trio n'en manque pas non plus : The Family vient de passer un accord avec Index Ventures. Le fonds américain a déjà levé 2,5 milliards pour des start-up depuis sa création en 1996 et s'est spécialisé dans les secteurs où la technologie chamboule un modèle économique en place.

 

Dorénavant, elle fournit son réseau mondial d'avocats aux startuppeurs parisiens. Chez The Family, on n'est pas non plus en panne d'idées de communication. Exemple : personne ne sait, personne ne saura qui sont les start-up suivies ni ce qu'elles font.

 

« La France est dans la culture du secret, souvent dans la paranoïa, en particulier dans ce secteur. Alors nous, on prend le contre-pied, on crée de la tension et on ne dit ni qui on a ni sur quoi on travaille, sourit Alice Zagury. Nous en avons 74, tout le reste est secret... »

 

Les « dîners mondains » très fréquentés

 

Si The Family intrigue par son secret, l'accélérateur attire par sa communication. Ses « dîners mondains » sont fréquentés, on y a vu des chefs d'entreprise connus, croisé Anne Hidalgo ou Nathalie Kosciusko-Morizet, les deux candidates aux récentes municipales à Paris.

 

The Family étonne par sa capacité à être à contre-courant (les locaux ne sont pas du tout high-tech, mais très Frenchy, désuets, sous véranda avec des tapis achetés chez Emmaüs, l'ambiance y est plus étudiante et pagaille que dans la Silicon Valley), mais leur fête de décembre, The Other Night Party, a été l'un des événements les plus courus de l'hiver.

 

C'est typiquement français, un peu provocateur, très efficace en matière de communication. Reste à guetter les pépites qui pourraient en sortir.

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Commentaires
a écrit le 16/10/2017 à 10:27 :
Bonjour je souhaite joindre une personne de the family pour une création de start up pouvez vous me donner un numéro de téléphone Merci .
a écrit le 05/07/2017 à 17:35 :
bonjour

pour Alice Zagury

je développe actuellement un produit un coup de main financier serait le bien venu pour accéléré le développement.
Merci de votre réponse

pierre jean
a écrit le 16/09/2016 à 19:37 :
J'ai une idee à développer j'aimerais bien vous rencontrer
a écrit le 16/09/2016 à 19:37 :
J'ai une idee à développer j'aimerais bien vous rencontrer

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