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Apple va poursuivre en justice la firme israélienne et son logiciel d'espionnage Pegasus

latribune.fr

Publié le 24 novembre 2021 à 08:28 - Mis à jour le 24 novembre 2021 à 09:50

Apple depose une plainte en justice contre nso (pegasus)

NSO dispose d'une charte éthique "rigoureuse, basée sur les valeurs américaines".

GONZALO FUENTES

Le Quotidien Numérique

11 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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Après son placement sur liste noire par les Etats-Unis début novembre, la firme israélienne NSO, responsable de l'écoute de centaines de personnalités via leur téléphone, va désormais devoir répondre devant la justice américaine. Malgré des liens forts entre les deux pays, Washington a donné l'impulsion pour garantir davantage de souveraineté en matière de sécurité numérique.

Quatre mois après l'éclatement de l'affaire Pegasus, du nom du logiciel qui a servi a espionner des centaines de décideurs, des hommes politiques tel le président Emmanuel Macron et des militants via leur iPhone, Apple va demander réparation. La firme à la pomme a annoncé mardi avoir déposé une plainte contre NSO Group, la société israélienne qui fabrique le logiciel et avoir demandé au tribunal d'interdire définitivement les programmes de NSO sur ses appareils et services. Après avoir été placée début novembre par l'administration Biden sur la liste "noire" des entreprises interdites, il s'agit d'un deuxième coup de semonce.

Exploitant une faille du système d'exploitation d'Apple, l'entreprise israélienne a pu espionner les numéros d'au moins 180 journalistes, 600 hommes et femmes politiques, 85 militants des droits humains ou encore 65 chefs d'entreprise, révélait cet été des enquêtes publiées par un consortium de médias internationaux.

Le logiciel espion, introduit dans un smartphone, permet d'extraire du téléphone des messages, photos et emails, mais aussi d'enregistrer des conversations téléphoniques et d'activer le microphone de l'appareil. En septembre, Apple a dû réparer en urgence une faille informatique que Pegasus était capable d'exploiter pour infecter les iPhone, sans même que les utilisateurs n'aient à cliquer sur des liens ou boutons piégés.

"Sur le marché de l'électronique grand public, les appareils d'Apple sont les plus sûrs , mais les entreprises qui développent des logiciels espions pour le compte d'Etats sont devenus encore plus dangereux", a déclaré Craig Federighi, le vice-président du groupe californien chargé des logiciels, cité dans un communiqué.

"Même si ces menaces pour la cybersécurité n'affectent qu'un petit nombre de nos clients, nous prenons au sérieux toutes les attaques contre nos utilisateurs", a-t-il continué.

Pour rappel, le logiciel Pegasus ne peut être vendu qu'à des Etats, et ces ventes doivent obtenir le feu vert d'une commission spéciale du ministère israélien de la Défense responsable de l'approbation des ventes d'armes.

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Au total, selon l'enquête du consortium, ce sont 50.000 numéros de téléphone qui ont été sélectionnés par les clients de NSO depuis 2016 pour une surveillance potentielle.

La charte de NSO "basée sur les valeurs américaines"

Le placement sur liste noire de NSO par Washington avait entrainé un changement de gouvernance à la tête de NSO, avec le départ du futur PDG, deux semaines à peine après sa nomination.

"Je ne pense pas qu'il y ait un autre pays au monde qui a des règles plus strictes en matière de cyberguerre", avait déclaré mi-novembre dernier le chef de la diplomatie israélienne, Yaïr Lapid, interrogé sur la désignation de NSO par les Etats-Unis, premier allié de l'Etat hébreu.

Mais de son côté, l'administration Biden avait tenu sa ligne : "Les Etats-Unis sont déterminés à utiliser de manière incisive le contrôle des exportations pour responsabiliser les entreprises qui développent, commercialisent ou utilisent des technologies à des fins malveillantes, qui menacent la cybersécurité des membres de la société civile ou du gouvernement, des dissidents, et d'organisations basées ici et à l'étranger", avait déclaré la secrétaire américaine au Commerce Gina Raimondo.

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Le groupe israélien s'était dit "consterné" par cette décision qu'il souhaitait voir rapportée, d'après un porte-parole de cette société basée en banlieue de Tel-Aviv. Selon lui, NSO dispose d'une charte éthique "rigoureuse, basée sur les valeurs américaines".

La société a aussi toujours assuré de son côté que son logiciel est destiné seulement aux services de renseignement gouvernementaux et aux agences de maintien de l'ordre.

(Avec AFP)

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