L'Assemblée vote la création d'un "espace numérique de santé" pour chaque usager

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(Crédits : Reuters)
L'Assemblée nationale a voté vendredi soir la création d'un "espace numérique de santé", un compte personnel en ligne pour accéder notamment au dossier médical partagé (sorte de carnet de santé numérique), à des "applications" ou "informations de santé".

L'Assemblée nationale a voté vendredi soir la création d'un "espace numérique de santé", un compte personnel en ligne pour accéder notamment au dossier médical partagé (sorte de carnet de santé numérique), à des "applications" ou "informations de santé".

Conformément à l'article adopté dans le cadre de l'examen en première lecture du projet de loi santé, tous les patients pourront ouvrir leur propre "espace numérique de santé" au plus tard le 1er janvier 2022. Pour les personnes nées à compter de cette date, les députés ont prévu via un amendement MoDem que l'espace numérique sera automatiquement ouvert, sauf en cas d'opposition.

Gratuit et personnalisable, l'espace numérique va "permettre de réunir sur la même plateforme tous les services existants", dont le dossier médical partagé (DMP) qui en sera "la pierre angulaire", a expliqué le rapporteur Thomas Mesnier (LREM).

Le DMP, confié en 2016 à l'Assurance maladie et dont la généralisation a été lancée en novembre, peut contenir des comptes-rendus hospitaliers, résultats d'analyses, ou encore les médicaments prescrits. Mi-février, 4,1 million de DMP avaient été ouverts, selon des données du rapporteur, et la Caisse nationale d'assurance maladie (Cnam) en prévoit 10 millions d'ici fin 2019, 40 millions d'ici 2022.

Outre le DMP, l'espace numérique permettra aussi à l'usager de fournir des renseignements sur la personne de confiance, des données relatives au don d'organe, voire des constantes de santé produites par des applications (rythme cardiaque, activité physique...). Il permettra aussi d'accéder aux données relatives au remboursement de ses dépenses de santé, grâce à l'intégration du service Améli.fr.

L'objectif "c'est vraiment de remettre l'usager au coeur du dispositif, de le rendre acteur", a affirmé la ministre de la Santé Agnès Buzyn, pour qui cela doit notamment "améliorer le parcours de soins".

Affirmant que la France est "en retard" en la matière, elle a jugé la mesure "nécessaire" au risque de voir arriver "des flopées de propositions d'espaces numériques" moins sécurisés.

La mesure a globalement fait consensus, malgré des inquiétudes formulées à gauche sur la confidentialité des données. Un amendement des députés communistes a précisé que les données de l'espace numérique ne pourront être exigées lors de la conclusion d'un contrat de complémentaire santé. Un amendement LREM entend aussi permettre aux professionnels de santé au travail d'accéder au DMP pour y déposer des documents. Le coût de la mise en oeuvre de l'espace numérique de santé est estimé à 50 millions d'euros pour la période 2019-2022.

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Commentaires
a écrit le 25/03/2019 à 7:56 :
Nos concitoyens du Portugal pourraient -ils nous donner des détails sur leur carte individuelle "à tout faire" ou presque?
a écrit le 24/03/2019 à 21:31 :
Certains des éléments dits nouveaux dans l'article existent déjà via le DMP.
Par ailleurs, pourquoi ne pas simplement faire évoluer le DMP pour intégrer les éventuelles nouveautés?
a écrit le 24/03/2019 à 10:38 :
Encore une cornecuterie numérico-commu-niquante. Du bruit pour les neuneus. A quand le sirop numérique ?
a écrit le 24/03/2019 à 9:06 :
Et voilà, les dernières données personnelles non exposées sur internet et donc réellement confidentielles sont en train de se dévoiler.

Dans 5 ans les actionnaires milliardaires pourrons connaitre la santé de leurs futurs employés.

Merci de diffuser ce commentaire qui vous le savez très bien est l'hypothèse qui a le plus de chance de se réaliser en oligarchie.
a écrit le 24/03/2019 à 8:36 :
L'objectif est de collecter des données personnelles qui, n'en doutons pas, intéressent tous les acteurs du"médical", mutuelles, assurances, labo etc...
Données qui pourront être vendues, piratées...
Les dossiers, les fichiers finissent toujours dans de mauvaises mains, idéologiques, financières.
Toujours plus de fichiers=Toujours moins de liberté.
a écrit le 23/03/2019 à 21:22 :
moi je suis pour ce DPM , Démission Pour Macron !
a écrit le 23/03/2019 à 20:36 :
Nous tournons en «  rond » le problème n’est pas de créer des espaces numériques, le problème est la protection des donnes à distance , l’inefficacité des anti- virus...

Bref l’avenir c’est le web flexible, à la carte et sécurisée à 100%
Imaginez un instant : «  un acte de malveillance «  nous avons vu des faux policiers , des faux médecins, des faux ambulanciers,
Qui a confiance ?
Pour autoriser des données «  confidentielles «  ?
Surtout dans le monde et l’époque que nous vivons ?
Pourquoi ceux qui font voter ces lois ne testent pas sur eux ces programmes sur 10 ans ?
Et qu’ils l’imposent aux autres après ?
Comme ça nous avons du recul : si nous devons faire confiance ou pas ?
a écrit le 23/03/2019 à 19:34 :
"Mi-février, 4,1 million de DMP avaient été ouverts" je l'ai fait le 6 novembre, même n'ayant pas vu de généraliste depuis 15 ans, juste le dentiste chaque année (c'est prévu les infos odontologiques dans le DMP ?) et ophtalmo y a 5 ans. Il faut être moderne, et ça ne peut que servir, étant arrivé au seuil de l'espérance de vie en bonne santé. J'avais commandé la pastille Crit'Air dès le 1er jour (juillet 2016), y a des choses incontournables.
L"espace numérique de santé" sera accessible par internet ? Tout le monde n'a pas (même si ça deviendra 'obligatoire') avoir un smartphone. Quand la 2G va disparaitre (une fois la 3 & 4 & 5 & 6G en place), je serai obligé de jeter mon téléphone.

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