Clap de fin pour Quibi, le "Netflix des formats courts" : autopsie d'une bulle
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[Article initialement publié le 21 octobre à 15h, mis à jour avec l'annonce de la fermeture du service le 22 octobre à 9h05].
En avril, lors du lancement en grande pompe de Quibi, le "Netflix des formats courts" soutenu par pléthore de stars et des moyens financiers délirants, La Tribune était dubitative : "y'a-t-il un public prêt à payer pour ce genre de contenus ?". Six mois plus tard, la réponse est claire : non. Malgré un lancement en plein confinement, qui s'est traduit par une explosion de l'usage du streaming vidéo, le grand-public n'a pas faim pour les "quicks bites" (petites bouchées) de Quibi, qui vient d'annoncer sa fermeture. La plateforme de vidéo à la demande sur abonnement (SVoD) a vainement tenté de se faire racheter, mais les cibles potentielles (Facebook, le studio NBCUniversal) ont décliné d'après le site The Information.
Depuis sa création en 2018, Quibi avait tout du pari fou. Pour se faire une place sur le marché bondé du streaming vidéo, la plateforme a misé sur trois atouts. Une innovation d'usage tout d'abord : le succès de YouTube et le fait que de plus en plus de personnes regardent leurs vidéos sur leur smartphone, ont donné l'idée d'une plateforme de streaming proposant uniquement des formats courts, jusqu'à une dizaine de minutes maximum, qu'on peut regarder dès qu'on a un moment, dans les transports par exemple.
Une innovation technologique, ensuite : Quibi a voulu proposer des contenus de haute qualité, spécialement conçus pour des usages mobiles. Ses programmes étaient réalisés à la fois dans un format vertical et horizontal, pour que l'utilisateur passe automatiquement de l'un à l'autre en fonction de l'inclinaison de l'écran. Unique dans le paysage du streaming vidéo.
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Enfin, le troisième atout était le pedigree des dirigeants, gage de crédibilité : une star d'Hollywood, une de la Silicon Valley. La plateforme a été cofondée par Jeffrey Katzenberg, ancien patron de Disney dans les années 1990 et cofondateur des studios DreamWorks, et Meg Whitman, l'ex-patronne d'eBay et de Hewlett-Packard.