Les cessions de Lagardère rapporteraient 2 milliards d'euros

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Arnaud Lagardère patron du groupe de médias a déclaré au Figaro qu'il utilisera le produit de ses cessions pour des acquisitions. Il a réaffirmé son projet d'IPO des 20% dans Canal Plus et précisé qu'il gardera le magazine "Elle".

Le groupe de médias, Lagardère utilisera le produit des cessions de ses participations minoritaires et de ses magazines internationaux pour réaliser des acquisitions dans le sport et le numérique. Ces cessions pourraient représenter jusqu'à deux milliards d'euros.

Dans une interview au Figaro publié ce jeudi, son dirigeant Arnaud Lagardère réaffirme par ailleurs le projet de mettre en Bourse les 20% que le groupe détient dans Canal Plus France dans le courant du premier semestre et confirme que Lagardère restera propriétaire de la marque "Elle".

Ebranlé au printemps par une campagne de l'actionnaire activiste Guy Wiser-Pratte, le groupe de médias a accéléré la cession de ses participations minoritaires, qui font peser une décote de conglomérat sur son cours en Bourse estimée par les analystes entre 10% et 20%.

"Le produit de ces cessions, qui pourraient s'élever à plus de deux milliards d'euros, servira à poursuivre les acquisitions, désendetter le groupe et rémunérer les actionnaires", déclare le gérant commandité dans l'entretien, en ajoutant que "la clef de la répartition reste à déterminer".

En matière d'acquisitions, Arnaud Lagardère veut accélérer ses investissements dans le sport dont il souhaite faire l'un des principaux moteurs de croissance du groupe avec le numérique.

"Nous avons déjà investi un milliard d'euros dans le sport (...) Pour peser davantage, nous procéderons à de nouvelles acquisitions, en particulier dans les pays émergents", poursuit-il, tout en reconnaissant que 2010 a été une "année de déconvenues" pour Lagardère Unlimited, la division sport du groupe.

Son chiffre d'affaires a subi une contraction de 26,2% sur les neuf premiers mois de l'année, une contre-performance qu'Arnaud Lagardère impute notamment à la crise économique et à la baisse des investissements des chaînes de télévision.


Discussions " Polies mais musclées" avec Vivendi

Arnaud Lagardère est également à l'affût "d'opportunités de croissance dans le print ou le numérique, là où c'est cohérent avec nos priorités stratégiques", explique-t-il.

Le groupe, premier éditeur mondial de presse magazine grand public, a engagé fin décembre des négociations exclusives avec l'américain Hearst pour la vente de son pôle de magazines internationaux.

Il n'a en revanche aucune intention de se désengager du marché français "dans lequel nous sommes leaders sur tous nos marchés et où nos perspectives sont solides", souligne-t-il.

La transaction, qui pourrait atteindre 600 à 700 millions d'euros selon une source proche du dossier, porte sur 212 titres édités dans 45 pays, dont 42 éditions internationales du féminin Elle.

Lagardère restera propriétaire de la marque du célèbre féminin en passant un accord de "Master licence" avec Hearst, propriétaire notamment de Cosmopolitan et Harper's Bazaar, qui lui permettra d'exploiter directement l'hebdomadaire en France et sous forme d'accord de licences dans 25 pays, précise-t-il.

"Les décisions stratégiques sur Elle, pour les pays à l'avenir gérés par Hearst, seront prises en étroite concertation", note-t-il. "Le fonctionnement du réseau, qui repose sur le partage des contenus et la coproduction de grands sujets, sera maintenu et pérennisé".

Le gérant commandité maintient par ailleurs son projet de céder les 20% que le groupe détient dans Canal+France par le biais d'une introduction en Bourse qui devrait intervenir au premier semestre.

Arnaud Lagardère en avait fait l'annonce cet été, faute de s'être entendu sur le prix avec Vivendi qui détient les 80% restants.

"Les discussions avec Vivendi sont polies mais musclées", dit-il, en précisant évaluer à 1,5 milliard d'euros la valeur de cette participation.

Arnaud Lagardère s'est par ailleurs dit optimiste pour le pôle édition du groupe à l'horizon des trois ans qui viennent en raison de sa forte présence aux Etats-Unis et du succès rencontré par des auteurs comme Stephenie Meyer avec la saga à succès "Twilight".

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