Armes françaises au Yémen et secret défense : la DGSI convoque trois journalistes

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Trois journalistes sont convoqués le 14 mai par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) dans le cadre d'une enquête pour "atteintes au secret de la défense nationale", a-t-on appris mercredi auprès d'un de leurs avocats.
Une enquête préliminaire sur des soupçons de "compromission par personne dépositaire et compromission par un tiers" a été ouverte dès le 13 décembre dernier et confiée à la DGSI à la suite d'une plainte du ministère des Armées, précise-t-on par ailleurs de source judiciaire.
Deux de ces journalistes, Mathias Destal et Geoffrey Livolsi, sont des co-fondateurs du média d'investigation Disclose, qui a publié la semaine dernière un rapport émanant de la Direction du renseignement militaire sur l'utilisation d'armes de fabrication françaises dans la guerre du Yémen.
| Lire aussi : "Made in France" (enquête du site Disclose, 15 avril 2019)
Le troisième est Benoît Collombat, de la cellule investigation de Radio France, qui a publié l'enquête de Disclose avec quatre autres partenaires en France et à l'étranger (Arte Info, Konbini, Mediapart et The Intercept, détaille Le Monde).
| Lire aussi : Des armes françaises sont bien utilisées au Yémen, selon une note "confidentiel Défense" (B. Collombat / Cellule investigation de Radio France, 15.04.2019)
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"Nous estimons que ces journalistes ont fait leur travail et qu'on essaye de porter atteinte à leurs sources", a déclaré à Reuters Me Virginie Marquet, avocate de Disclose. "Nous serons très fermes sur la protection des sources de nos journalistes."
Pour Cécile Coudriou, présidente d'Amnesty International France, Paris "se cache trop derrière ce secret défense. La transparence devrait être enfin de mise."
A la suite de la publication de ce rapport lundi 15 avril, la ministre française des Armées, Florence Parly, avait déclaré le jeudi suivant (18 avril), ne pas avoir "d'éléments de preuve" montrant que des armes de fabrication française utilisées par l'Arabie saoudite auraient fait des victimes civiles dans la guerre au Yémen.
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Florence Parly réagissait là, notamment, à des informations du collectif d'investigation Disclose, qui a dévoilé lundi 15 avril un rapport de la Direction du renseignement militaire, classé secret défense.
Selon ces documents, les armes exportées par la France, notamment des canons Caesar, seraient utilisées dans la guerre en cours, y compris dans des zones civiles.