"Radio France est au bout de son modèle économique", dit Mathieu Gallet

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Mathieu Gallet a défendu devant les députés son projet stratégique qui implique près de 300 suppressions de postes.
Mathieu Gallet a défendu devant les députés son projet stratégique qui implique près de 300 suppressions de postes. (Crédits : BENOIT TESSIER)
Après avoir présenté son projet stratégique aux députés, le PDG de Radio France, s'est adressé aux syndicats. Face à l'ampleur des suppressions d'emplois, ces derniers ont décidé de reconduire la grève pour son 22eme jour. Fleur Pellerin a décidé de reprendre le dossier en main et promet des propositions.

Le PDG de Radio France a défendu mercredi 8 avril devant les députés son projet stratégique visant à redresser les finances du groupe public, quelques heures avant de le présenter aux salariés qui vivent la grève la plus longue de l'histoire de la maison ronde.

"Radio France est au bout du modèle économique que l'entreprise a toujours connu", a dit Mathieu Gallet devant la commission des Affaires culturelles de l'Assemblée nationale.

Un nouveau projet stratégique

Le projet stratégique "doit permettre à la radio publique de pouvoir d'ici cinq ans, toucher le public le plus large possible tout en maintenant son niveau d'excellence, d'exigence dans un cadre qui, économiquement n'est plus du tout celui qu'on a connu jusque-là", a-t-il ajouté.

Radio France, qui est financée à hauteur de 90% par l'État via le produit de la redevance, prévoit dans son budget 2015 un déficit de 21,3 millions d'euros. Sa gestion a été épinglée début avril dans un rapport de la Cour des comptes qui a invité le groupe à corriger "des défaillances" "pas acceptables" face à une situation financière critique.

Echec du CCE, grève reconduite, Fleur Pellerin hausse le ton

Réunis en comité central d'entreprise ce mercredi pour la présentation du projet stratégique de Mathieu Gallet qui implique près de 300 suppressions de postes, les syndicats ont décidé de reconduire leur grève jusqu'à jeudi, 22e jour consécutif de conflit. Les syndicats ont accusé la direction de miser sur le "pourrissement du conflit".

Après cette suspension, la ministre de la Culture Fleur Pellerin a déclaré devant l'Assemblée que le conflit à Radio France, le plus long qu'ait connu le groupe, avait "trop duré" et annoncé qu'elle ferait connaître "très rapidement" ses "décisions pour renouer le dialogue social".

"La situation reste bloquée", "le dialogue social ne s'est pas renoué", "je prendrai mes responsabilités", a expliqué la ministre devant l'Assemblée. "Je recevrai les parties prenantes très rapidement et très rapidement, je ferai connaître les décisions que je prendrai pour renouer le dialogue social", a ajouté Fleur Pellerin.

De son côté, Mathieu Gallet, dans une brève déclaration, a "déploré qu'une partie des élus, poussés par l'intersyndicale, ait quitté cette table, qui n'était pas une table de négociation mais de présentation du projet".

Mathieu Gallet fait son mea culpa

Nommé en février 2014 par le CSA, Mathieu Gallet a été fragilisé en mars de cette année par des révélations sur le coût de rénovation de son bureau et ses dépenses en communication. Une motion de défiance réclamant son départ a été votée la semaine dernière par les salariés grévistes.

"Il y a ma personnalité, je prends ma part de responsabilité", a répondu Mathieu Gallet devant la commission parlementaire. Mais "le fond ce n'est pas moi, le fond c'est ce modèle économique de Radio France, le fait qu'il y a des choix qui sont douloureux à porter, que la situation est détériorée, qu'on ne peut plus continuer comme avant".

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Commentaires
a écrit le 09/04/2015 à 18:05 :
Comment peut on avoir les moyens de faire une grêve pendant 22 jours...Moi, pauvre étudiant sans le sou à la recherche d'un emploi, j'ai peine à comprendre...
a écrit le 09/04/2015 à 13:02 :
Une seule solution. La Fermeture de l'établissement
a écrit le 09/04/2015 à 9:50 :
Une petite comparaison avec les groupes privés de radio serait bienvenue: nombre de personnes, total des dépenses, et bas de ligne... seule Radio France est dans le rouge avec au surplus une manne publique..
a écrit le 09/04/2015 à 8:55 :
Les syndicats accepterons tout une fois Mathieu Gallet parti !!!, les suppressions de postes, la fusion des orchestres etc...pour eux la forme ( montrer leurs muscles) est plus importante que le fond...mais ils veulent sauver leur image avant de bouffer leur chapeau !!!
a écrit le 09/04/2015 à 0:38 :
Il y a quelque chose qui m'échappe; Matthieu Gallet a été mandaté pour redresser les comptes qui représentent cette année un déficit de 25 millions d'euros. Il réduit le personnel en fin de carrière - sur la base du volontariat - mais intègre tout de même quelques nouveaux postes plus "modernes". Il pointe les incohérences (les 2 orchestres ont un déficit de 25 millions d'euros - tiens, tiens ! ça vous rappelle rien ?), propose un compromis (en garder un) et du bon sens (suprimmer les petites et grandes ondes, soit 16 millions de redevance). Rien que là - du bon sens seulement - les "syndicats" claquent la porte. ON CROIT REVER ! Là-dessus, la ministre dit qu'elle allonge 80 millions alors que déjà mathématiquement, le problème était réglé avec la solution de Gallet ! MAIS ON MARCHE SUR LA TETE ! Non seulement on va donner raison aux grévistes mais on va aggraver le problème, mais WTF ? C'est quoi ce %#!@ Citoyens, ce sont NOS impôts qui paient ces incapables. Stop à la grève, exécution du plan Gaillet, pas de rallonge sortie de nos impôts. Il est plus que temps d'être pragmatique bon sang !
a écrit le 08/04/2015 à 22:21 :
Le service public.

Radio- France donne l’exemple de ce qui nous attend quand un service public est en difficulté. Dans le privé ,il n’y a pas à discuter on ferme;au personnel de se débrouiller avec les allocations de chômage. C’est très grave!!Dans le public, on se met en grève et on attend que la situation soit tellement grave que le gouvernement réquisitionne ou laisse le problème s’envenimer et mourir de fatigue. Bien entendu, dans un premier temps, le personnel est sûr de gagner: il suffit d’être patient et le contribuable paiera. Attention quand même, car un jour viendra où le contribuable ne marchera plus. Il n’a guère de solution, quand sa vie ne sera plus supportable. Sans radio ce n’est pas grave mais sans train sans métro, avec des allocations diverses en baisse, la colère risque de devenir impossible à contenir. Alors chers amis de tous les services publics réfléchissez... Votre responsabilité est grande, plus grande que vous semblez le percevoir. Un jour, malgré vos statuts, vos syndicats,votre habileté à gérer les grèves vous risquez de vous retrouver privatisés et dans la situation du privé. Ce sera alors des événements très désagréables pour tous.
Réponse de le 09/04/2015 à 15:45 :
Il faut bien que notre bon gouvernement conserve des radios de "gôche" : les élections approchent...
a écrit le 08/04/2015 à 18:52 :
Modèle économique?????? La bonne blague...... Un aspirateur à argent public mais toujours de manière "citoyenne" et "morale" !!!!! C'est la gauche ça !!!!! Tout le service public "à la française" fonctionne selon ces principes selon lesquels on en prend le maximum et on fait payer le peuple...
Réponse de le 09/04/2015 à 11:25 :
Rien à voir avec la gauche... C'est ainsi dans le service public depuis des années. Ils sont à LEUR service et se servent défendus par leurs syndicats. Ils ne sont pas au service du public.
Réponse de le 09/04/2015 à 15:47 :
C'est bien de la morale de gauche, ce que décrit PierPol !

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