Lancé il y a deux ans, le service de SVoD payant de France Télévisions, TF1 et M6, n’a pas eu le succès escompté. Les réflexions vont désormais bon train sur le futur de cette plateforme.Dès ses débuts, c'est un halo de scepticisme qui a entouré l'arrivée de Salto. Lancée il y a tout juste deux ans, cette plateforme, fruit d'une alliance pour le moins étonnante entre des rivaux de toujours (France Télévisions, TF1 et M6) a été présentée comme une réponse « made in France » aux Netflix et autres géants du streaming venus des Etats-Unis. Mais ce service payant, autorisé après une enquête de l'Autorité de la concurrence qui lui a imposé moult garde-fous, a toujours du mal à trouver son public. La faute notamment à son offre, qui reste fort modeste face à celles des grandes plateformes américaines, lesquelles disposent de moyens infiniment plus importants pour développer leurs catalogues de contenus.
- Lire aussi :Salto, la plateforme de streaming de la télé française, arrive enfin
Aujourd'hui, les propriétaires de Salto s'interrogent. Il faut dire que la fusion avortée entre TF1 et M6 a rebattu les cartes. Les deux cadors du petit écran avaient, en effet, signé un accord pour racheter les parts de France Télévisions (33,33%) pour 45 millions d'euros. La sortie du géant de l'audiovisuel public reste, aujourd'hui, une possibilité. Désormais contraints de poursuivre leur route chacun de leur côté, TF1 et M6 regardent aussi leurs options. Lors d'une visioconférence avec les salariés du groupe, il y a peu, le nouveau patron de TF1, Rodolphe Belmer, a indiqué que toutes les possibilités étaient sur la table. A savoir un désengagement de Salto, ou une poursuite du projet.
M6 voit Salto comme un bon complément
À lire également
- Netflix, Disney+, Canal+, Paramount+, Amazon, Pass Warner... comparatif des offres de streaming en France
- Salto, la plateforme de streaming de la télé française, arrive enfin
- Salto, l'anti-Netflix tricolore (FranceTV, TF1, M6), recrute des centaines de testeurs pour être fin prêt à l'automne
Lors de la présentation des résultats trimestriels de TF1, le mois dernier, Philippe Denery, son directeur financier, n'a pas caché que le groupe était en pleine réflexion. « L'arrêt du projet de fusion [avec M6, Ndlr] crée pour Salto une situation nouvelle, a-t-il déclaré. Il est logique que les trois actionnaires réfléchissent à leur positionnement dans les semaines qui viennent. » Concrètement, TF1 ne fait pas mystère de son ambition de grandir dans le streaming. Une stratégie jugée vitale pour assurer l'avenir du groupe. Sous ce prisme, Rodolphe Belmer pourrait juger qu'il n'est guère opportun de se disperser, et chercher à se désengager de Salto pour concentrer ses investissements dans une offre de vidéo à la demande maison.