Rentrée tonitruante pour la French Tech : plus de 340 millions d'euros levés en deux semaines

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La French Tech a repris son rythme du premier semestre, qui pourrait l'amener à plus de 5 milliards d'euros de fonds levés sur l'année 2019.
La French Tech a repris son rythme du premier semestre, qui pourrait l'amener à plus de 5 milliards d'euros de fonds levés sur l'année 2019. (Crédits : French Tech)
Après un mois d'août plutôt calme, la French Tech a annoncé plusieurs dizaines de levées de fonds pour la rentrée. En tout, les startups de l'écosystème ont réuni plus de 340 millions d'euros pour accélérer leur développement technologique et commercial, en seulement deux semaines.

Avec plus de 340 millions d'euros levés en deux semaines depuis le début du mois, la French Tech a réussi sa rentrée. L'écosystème avait déjà attiré des investissements records au premier semestre, puis avait légèrement levé le pied sur le mois d'août. Dans le détail, pas de méga-levée, mais sept startups françaises sont parvenues à récolter plus de 20 millions. Les jeunes pousses hexagonales prouvent leur maturité grandissante, puisqu'elles sont capables de convaincre les investisseurs lors d'une troisième levée de fonds, voire plus loin. Les plus grosses levées font la part belle aux plateformes, mais aussi aux biotechs.

  • Deux levées à 50 millions d'euros et plus

M2i Life Sciences a ouvert le bal dès la première semaine de septembre, avec la plus grosse levée sur la période, de 60 millions d'euros. Cette biotech commercialise des produits alternatifs aux insecticides de synthèse, en reproduisant les odeurs naturelles des insectes pour éloigner les ravageurs des plantes. Avec cette somme, elle compte homologuer de nouveaux produits pour les grandes cultures et asseoir un peu plus sa position de leader européen.

- La deuxième plus grosse levée de cette rentrée est pour JobTeaser, avec 50 millions d'euros. Cette plateforme de recrutement des jeunes diplômés gère l'onglet "Carrières" des sites internet de nombreuses universités et écoles, dans un modèle économique où seules les entreprises payent pour poster leurs offres. La startup va lancer deux nouveaux services et essayer de s'imposer à l'échelle européenne.

Lire aussi : Malgré le Brexit, pourquoi Londres reste le champion du capital-risque en Europe

  • Cinq levées entre 20 et 50 millions d'euros

- C'est l'invité surprise : Ubitransport est parvenu à lever 45 millions d'euros... pour sa première levée de fonds. Cette startup bourguignonne équipe des collectivités et des opérateurs avec sa plateforme de gestion des systèmes de transport, déclinée en plusieurs verticales : transport scolaire, transport urbain et bientôt bus et taxis. L'objectif : optimiser les réseaux de transports existants et mieux anticiper les usages futurs. Avec cette somme, Ubitransport compte étendre la vente de son logiciel à l'Europe.

- Avec une levée de 41 millions d'euros, Akeneo veut consolider sa place de leader mondial sur le marché très spécifique de l'enrichissement et l'harmonisation des fiches produits. La startup nantaise, que nous avons surnommé "la fossoyeuse d'Excel", veut désormais conforter sa présence sur le marché américain.

- La biotech Inotrem a récolté 39 millions d'euros pour continuer le développement de son traitement contre les chocs septiques. Cette défaillance circulatoire cumule des anomalies cardiaques et vasculaires, et doit être traitée en urgence, avec un taux de mortalité très élevé. Le médicament d'Inotrem bloque un certain type de protéine présent sur les cellules immunitaires, responsable de l'état inflammatoire généralisé, le tout sans affecter le reste du système immunitaire. En plus des tests du médicament, la startup veut développer un outil diagnostic pour identifier les patients les plus réceptifs à son traitement.

- Dans un autre secteur en pleine expansion, la fintech Spendesk a levé 35 millions d'euros pour sa plateforme de gestion des dépenses opérationnelles en entreprise (frais de déplacement, achats informatiques...). Avec cette somme, la jeune pousse veut multiplier par cinq son nombre de clients, aujourd'hui à 1.500.

- Keranova a levé 24 millions d'euros pour accompagner la validation de son robot de traitement de la cataracte. Cette maladie se manifeste par l'opacification d'une partie de l'oeil, le cristallin, et entraîne une baisse de la vision. La machine brevetée par la startup stéphanoise est équipée de lasers et promet un traitement chirurgical non invasif, en moins d'une minute.

Près de 5 milliards d'euros levés en 2019 ?

En parallèle de ces grosses levées, plus d'une trentaine de startups ont également levé de l'argent, d'après le site spécialisé Maddyness. Parmi les principales, on peut citer Digilinx (18M, plateforme d'événementiel), Checkmyguest (7M, hébergement) ou encore Trustpair (4M, fintech). Grâce à ces deux semaines, la French Tech semble bien relancée, après un mois d'août relativement calme. Elle pourrait ainsi atteindre les projections de levées de fonds pour l'année 2019, fixées entre 4,5 et 5,5 milliards d'euros, après un premier trimestre exceptionnel. Franck Sebag, associé chez EY, nous expliquait le mécanisme derrière ces levées toujours plus importantes :

"On observe une nouvelle échelle de valeur : une levée pour lancer les opérations peut monter jusqu'à 3 millions d'euros, tandis qu'on considère qu'une bonne Série A (i.e. seconde levée) se situe autour de 10 millions d'euros. Par ricochet la valeur des Séries B et au-delà augmente, d'où l'explosion des levées de plus de 20 millions d'euros. La conséquence du relèvement de la Série A est qu'il y a moins de levées entre 5 et 10 millions d'euros et davantage entre 10 et 20 millions d'euros"

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Commentaires
a écrit le 16/09/2019 à 10:12 :
Pourriez-vous m’éclairer ? Il me semble que ce sont des levées de fonds privées. Je ne vois pas en quoi le contribuable serait la garantie.
Si vous avez plus d’infos ça m’intéresse.
a écrit le 16/09/2019 à 10:07 :
Je me pose la question suivante: dans ce qui concerne la réalisation donc des financements qui ont été donné, pourrions nous avoir les chiffres de ceux qui ont fait des levés pour que l'on sache le ratio de rentabilité?

Car au vue de ce que j'ai pu voir sur le sujet, il y a survalorisation de la notion de levée, mais pour autant les résultats? nous avons a présent le recul pour le voir !!!

Autre question, un article expliquait qu'il n'y avait que 2% des femmes qui y parvenaient, du coup la question est de savoir si c'est le cas d'espèce? ou si pour le coup cela a changé?
a écrit le 15/09/2019 à 19:38 :
'l'enrichissement et l'harmonisation des fiches produits. La startup nantaise, que nous avons surnommé "la fossoyeuse d'Excel", Quel est le rapport entre des fiches produits et Excel?

'pour sa plateforme de gestion des dépenses opérationnelles' Ca c'est de l'innovation. Si une boite a réellement besoin de cela elle devrait revoir sa compta avant d'aller chercher à l'extérieur....
a écrit le 15/09/2019 à 4:39 :
il y a comme un petit air de fin des années 90
une nouvelle dot.com en gestation ?
je n'ai rien contre le progrès mais je ne suis pas sur que la fintech en fasse parti
a écrit le 14/09/2019 à 18:08 :
Cela fait beaucoup d'argent, financé à taux zéro avec la garantie du contribuable. Qui en profite vraiment? Les heureux propriétaire de start-up, bien labellisés par l'Etat, qui bénéficient ainsi d'un effet de levier financier phénoménal.
Réponse de le 14/09/2019 à 19:15 :
Il n'y a pas de garantie du contribuable sauf indirectement pour les apports de Bpifrance (qui est publique mais c'est une petite partie du lot, le reste c'est de l'argent privé). Bpifrance d'ailleurs gagne de l'argent.
Financè à taux zero? Mais c'est de l'apport en capital, ça n'a rien à voir.
Réponse de le 16/09/2019 à 15:40 :
Exact Adieu BCE. Encore un trôle d'extrême droite qui raconte n'importe quoi pour exciter son monde. Une levée de fonds se fait par des investisseurs privés et parfois public. A aucun moment il n'est question ici que les fonds apportés soient garantis par l'Etat. Ce sont des fonds privés.
Réponse de le 16/09/2019 à 16:32 :
@Adieu BCE (en rêve)
Maddyness :
2,7 Md€ ont été levés ce 1er semestre contre 1,9 pour le S1-2018. Soit + 38%.
Bpifrance est l’un des fonds les plus actifs en ce début d’année et le 1er financeur européen de scaleups.
Des nouveaux fond sont crées chaque trimestre qui vont profiter de la dynamique lancé en 2014 par Business France, et les organismes qui deviendront Bpifrance, auprès des startups et autres PME.
A cette époque, sans incubateurs ni plateformes dédiées aux startups, le privé manquait à l'appel, mis à part quelques exception !
Réalité : la France a réellement commencé l'effort pour les startups une dizaine d'années après les Etats-Unis.
French Tech lancée en 2013
A Las Vegas :
Business France a commencé à embarquer des startups en 2014.
Fleur Pellerin en 2014
https://www.latribune.fr/technos-medias/20140106trib000807971/startups-fleur-pellerin-ambassadrice-de-la-french-tech-au-ces-de-las-vegas.html
E. Macron et A. Lemaire en 2015.
https://www.latribune.fr/technos-medias/electronique/special-ces-cinq-ans-de-french-tech-a-las-vegas-763492.html
Au tout début, ce sont beaucoup d'entreprises avec des participations publiques qui ont soutenu les startups au coté de Business France, Bpifrance + CDC, de la Banque Postale jusqu'à Dassault.
Réponse de le 17/09/2019 à 12:11 :
@Hoiann, @Adieu BCE
La Banque Bpifrance investit directement en fonds propres. Elle garantit des prêts privés, tout en investissant aussi dans des fonds privés (fond de fonds). Et maintenant elle assure et aide les PME à l’export.
Bilan affiché par Bpifrance pour 2018 : 19 Md€ de crédits et d’aides
> 7,5 Md€ de crédits à l'investissement : +8 %.
> 10,4 Md€ de financement court terme : +13 %.
> 1,2 Md€ de financement pour l’innovation : -10,2 %.
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Investissement direct dans les PME : +59 %.
Fonds de fonds (près d’1 Md€ souscrit dans les fonds partenaires).
Percée des produits exports PME et ETI, et hausse de 10 % du nombre de bénéficiaires.
80 000 entreprises financées.
500 entreprises en cours d’accélération dans les accélérateurs PME et ETI : +77 %.
2 Md€ de fonds propres mobilisés pour l’investissement au capital de 247 entreprises.
Capital innovation en hausse de 20% : 328 M€.
Export :
Assurance change : 703 M€ : +13%
Crédit export : 300 M€ : +61%
Assurance prospection (en partie export) : 226 M€ : +34%
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Le salon Inno Génération de Bpifrance, c’est juste le plus grand salon d’entrepreneurs en Europe.
5ème édition en Octobre à l’Arena.
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Dommage que vos esprits partisans soient aveuglés jusqu'à nier la réalité et raconter des bobards.

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