Altice Europe chute lourdement en Bourse

 |   |  634  mots
Patrick Drahi, le fondateur et propriétaire d'Altice Europe.
Patrick Drahi, le fondateur et propriétaire d'Altice Europe. (Crédits : Reuters)
Dans la foulée de résultats jugés décevants, Altice Europe, dont le principal actif est SFR, fait face à une fronde des investisseurs. Le titre du groupe, qui a dégringolé de près de 12% ce jeudi, est encore en très forte baisse de 12,75% ce vendredi après-midi, à 1,55 euro.

C'est une sacrée claque. Depuis la publication de ses résultats trimestriels, Altice Europe est confronté à une fronde des marchés. Après avoir lâché près de 12% ce jeudi, le titre du groupe dégringolait encore, ce vendredi après-midi, de 12,75%, à 1,55 euro à la Bourse d'Amsterdam. Pourquoi une telle chute ? Parce que les investisseurs ont visiblement été refroidis par les derniers résultats du groupe de l'homme d'affaires Patrick Drahi, dont le principal actif sur le Vieux Continent est SFR.

Pourtant, l'opérateur au carré rouge regagne enfin des abonnés. Sur sa lancée des mois précédents, il a, au troisième trimestre, recruté 166.000 clients dans l'Internet fixe, et 378.000 dans le mobile.  Dans un communiqué, Patrick Drahi s'est félicité de ces bons résultats commerciaux : « En France, nous avons regagné plus d'un million d'abonnés depuis le début de l'année, soit le nombre d'abonnés perdus durant les trois dernières années. » Le problème, c'est que ces gains de clients sont essentiellement le résultat de grosses promotions.

Forte baisse du revenu moyen par abonné

Résultat: le revenu moyen par abonné, un indicateur très suivi dans les télécoms est en forte baisse. Dans l'Internet fixe, il est passé, en un an, de 35,9 à 31,7 euros. Idem dans le mobile, où il a chuté de 3,4 euros, à 22,4 euros. Cela pèse lourdement sur les ventes. Au troisième trimestre, Altice France enregistre un chiffre d'affaires de 2,48 milliards d'euros, en recul de 7,6% sur un an. Cela inquiète les investisseurs. Selon Reuters, si Credit Suisse a ainsi maintenu sa recommandation à « neutre » concernant Altice Europe, il a toutefois jugé ses résultats « décevants », et a abaissé son objectif de cours à 2,14 euros, contre 2,50 euros auparavant.

Cette chute boursière est la plus importante depuis l'énorme gifle reçue par le groupe il y a tout juste un an. En 2017, au début du mois de novembre, le titre du groupe Altice avait très lourdement chuté pendant plusieurs jours, plombé par les mauvais résultats de SFR. À l'époque, le problème était tout autre : l'opérateur au carré rouge perdait, chaque trimestre, des wagons d'abonnés. Ce carton rouge des marchés a obligé le groupe à revoir sa stratégie et à faire le ménage dans son état-major. Alors DG d'Altice et PDG de SFR, Michel Combes a été remercié, et remplacé par Alain Weill. Patrick Drahi, qui s'était mis en retrait, est revenu sur le devant de la scène en prenant la présidence du conseil d'administration du groupe. Surtout, ce dernier a tout de suite changé son fusil d'épaule : il a mis fin à sa frénésie d'acquisition d'opérateurs et d'acteurs des médias à travers le monde pour se consacrer à la relance commerciale de SFR et au désendettement du groupe.

L'inquiétude actuelle des marchés envers Altice Europe intervient, pour le groupe, au mauvais moment. De fait, les négociations concernant une consolidation du marché des télécoms vont, très probablement, bientôt reprendre. Les opérateurs vont prochainement disposer d'une fenêtre de tir pour discuter d'un éventuel retour à trois opérateurs dans l'Hexagone. Ce qui n'était pas possible auparavant : Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free n'avaient pas le droit d'en parler entre eux en raison d'une procédure de réattribution de fréquences de téléphonie mobile. Certains imaginent notamment que Bouygues pourrait proposer à Patrick Drahi de racheter SFR. En juin dernier, le groupe de Martin Bouygues a d'ailleurs indiqué qu'il avait eu un contact, resté « sans suite », avec Altice, la maison-mère de SFR, pour parler mariage.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 26/11/2018 à 12:51 :
https://www.lepoint.fr/economie/apres-s-etre-trompe-sfr-reclame-des-trop-percus-a-ses-ex-employes-26-11-2018-2274407_28.php

Sympathique SFR non ?

Il ne fait pas bon à être client, employé ou ex employé.
a écrit le 25/11/2018 à 16:15 :
Qui trop embrasse, mal étreint ...

C'est bien lui qui disait, il n'y a pas si longtemps : " Nous sommes le 2ème opérateur de France, mais voilà je n'aime pas être le deuxième ..."
Ben voilà, il va finir bon dernier et devrait donc être content ;-) !
a écrit le 25/11/2018 à 5:58 :
Effectivement ca sent le sapin.
La question qui demeure est qui va payer l'insondable deficit ?
50 milliards, un detail......
a écrit le 24/11/2018 à 17:26 :
Avec tous les salariés virés chez SFR comme des malpropres et les clients mécontents, c’est normal.
a écrit le 24/11/2018 à 15:26 :
A force de maltraiter ses salariés qui maltraitent à leur tour les clients, comment le chef a pu parler aux uns comme aux autres de « confiance » ?
La confiance, elle se mérite.
De la gestion digne d’une baraque à frites. Et encore.
Réponse de le 25/11/2018 à 11:49 :
En temps que Belge, votre propos me heurte.
a écrit le 24/11/2018 à 13:43 :
Je me marre , tout cela pour ça , avec rmc il a mis la main sur la ligue des champions + uefa , avoir les yeux plus gros que le ventre et maintenant comme les internautes ne sont pas au rendez vous on fait quoi : la faillite très bientôt .
a écrit le 24/11/2018 à 10:58 :
C'est la fin , c'était signé d'avance ... Combien va en offrir Bouygues ? Reste à voir ....
a écrit le 23/11/2018 à 19:44 :
ça sent le sapin les arbres ne montent pas au ciel , avoir fait des lbo c est bien sauf quand les résultats ne sont pas là la dette explose on va vivre le vivendi messier des telecoms
les enchères ont démarrées

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :