Smartphones : Huawei voit ses ambitions menacées en Europe

Huawei P30
Reuters
La nouvelle a fait l'effet d'une bombe. Mercredi dernier, Washington a signé un décret visant notamment Huawei. Outre lui interdire le marché du pays de l'Oncle Sam, celui-ci doit l'empêcher d'acquérir les technologies américaines dont il a besoin. Dans la nuit de dimanche à lundi, Google a annoncé que, pour se conformer aux nouvelles règles, il allait couper les ponts avec le géant chinois. Ainsi, Huawei n'aura prochainement plus accès à Android, son logiciel d'exploitation, qui est la référence mondiale depuis des années.
Cela signifie, en clair, que les futurs smartphones de Huawei n'auront accès aux services propriétaires de Google. Parmi eux, il y a sa boutique en ligne (Google Play), ainsi que les applis phares du groupe de Mountain View, à l'instar de Gmail, de Youtube, de Google Map ou de Chrome. Ce n'est pas un problème pour la Chine, le principal marché de Huawei. Les principaux services de Google y sont déjà interdits. Et Huawei, comme ses rivaux, propose déjà à ses clients chinois des alternatives locales.
En revanche, se passer d'Android risque de constituer un sérieux problème en Europe. Sur le Vieux Continent, les services et applis de Google sont largement plébiscitées par les consommateurs. Certes, Huawei peut très bien choisir de développer un logiciel d'exploitation maison - comme il l'a souvent envisagé ces dernières années -, avec son propre magasin d'applications. Mais pas sûr que les clients, habitués à Android et à ses très populaires applis, soient prêts à l'adopter.
Cela pourrait entraver la formidable croissance que Huawei a connue en Europe ces dernières années. Or, ce marché est clé pour le géant chinois, désormais second vendeur de smartphones au monde derrière Samsung mais devant Apple. Selon IDC, Huawei écoule aujourd'hui près d'un tiers de ses smartphones en Europe, qui constitue son premier marché à l'international. Le continent constitue un important catalyseur de ses ventes, qui se sont élevées à plus de 200 millions d'unités l'an dernier.
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Signe de l'importance de l'Europe pour Huawei, le groupe de Shenzhen a fait de Paris son terrain de jeu fétiche pour lever le voile sur ses nouveaux smartphones. Le 26 mars dernier, c'est au Parc des expositions qu'il a présenté son dernier né, le P30, doté d'un appareil photo surpuissant. Un an auparavant, il s'était offert rien de moins que la nef du Grand Palais pour vanter son prédécesseur, le P20.
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