Smartphones : Huawei voit ses ambitions menacées en Europe

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Le 26 mars dernier, Huawei a présenté son dernier né, le P30, au Parc des expositions de Paris.
Le 26 mars dernier, Huawei a présenté son dernier né, le P30, au Parc des expositions de Paris. (Crédits : Reuters)
Privé d’Android pour ses futurs terminaux, le groupe chinois, deuxième vendeur de smartphones du globe, pourrait avoir de grosses difficultés à maintenir sa croissance sur le Vieux Continent.

La nouvelle a fait l'effet d'une bombe. Mercredi dernier, Washington a signé un décret visant notamment Huawei. Outre lui interdire le marché du pays de l'Oncle Sam, celui-ci doit l'empêcher d'acquérir les technologies américaines dont il a besoin. Dans la nuit de dimanche à lundi, Google a annoncé que, pour se conformer aux nouvelles règles, il allait couper les ponts avec le géant chinois. Ainsi, Huawei n'aura prochainement plus accès à Android, son logiciel d'exploitation, qui est la référence mondiale depuis des années.

Cela signifie, en clair, que les futurs smartphones de Huawei n'auront accès aux services propriétaires de Google. Parmi eux, il y a sa boutique en ligne (Google Play), ainsi que les applis phares du groupe de Mountain View, à l'instar de Gmail, de Youtube, de Google Map ou de Chrome. Ce n'est pas un problème pour la Chine, le principal marché de Huawei. Les principaux services de Google y sont déjà interdits. Et Huawei, comme ses rivaux, propose déjà à ses clients chinois des alternatives locales.

En revanche, se passer d'Android risque de constituer un sérieux problème en Europe. Sur le Vieux Continent, les services et applis de Google sont largement plébiscitées par les consommateurs. Certes, Huawei peut très bien choisir de développer un logiciel d'exploitation maison - comme il l'a souvent envisagé ces dernières années -, avec son propre magasin d'applications. Mais pas sûr que les clients, habitués à Android et à ses très populaires applis, soient prêts à l'adopter.

Cela pourrait entraver la formidable croissance que Huawei a connue en Europe ces dernières années. Or, ce marché est clé pour le géant chinois, désormais second vendeur de smartphones au monde derrière Samsung mais devant Apple. Selon IDC, Huawei écoule aujourd'hui près d'un tiers de ses smartphones en Europe, qui constitue son premier marché à l'international. Le continent constitue un important catalyseur de ses ventes, qui se sont élevées à plus de 200 millions d'unités l'an dernier.

Un très lucratif Vieux Continent

Signe de l'importance de l'Europe pour Huawei, le groupe de Shenzhen a fait de Paris son terrain de jeu fétiche pour lever le voile sur ses nouveaux smartphones. Le 26 mars dernier, c'est au Parc des expositions qu'il a présenté son dernier né, le P30, doté d'un appareil photo surpuissant. Un an auparavant, il s'était offert rien de moins que la nef du Grand Palais pour vanter son prédécesseur, le P20.

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Commentaires
a écrit le 23/05/2019 à 20:35 :
Ils peuvent passer sous ubuntu qui est plus performant qu'android, sinon les roms n'ont pas été inventées pour rien. (ROM logiciel créé pour remplacer l'Android d'origine insuffisamment performant)
a écrit le 21/05/2019 à 9:46 :
La Chine a des moyens de rétorsion assez puissants. Comme bloquer les exportations de terres rares vers les Etats Unis. Du coup plus de batteries pour les Tesla...
Réponse de le 21/05/2019 à 10:27 :
Il y en a ailleurs. Sauf qu'il n'y a que la Chine pour détruire définitivement ses terres arables pour en trouver. Le pays ne communique plus sur son niveau de pollution car le prétendu super plan est un fiasco.
a écrit le 21/05/2019 à 8:45 :
J'ai un Huawei dont je suis très content. J'ai à mon niveau pris une première mesure de rétorsion. Je n'utilise plus le moteur de recherche de Google je l'ai remplacé par Qwant.
Essayez de faire la même chose!
Réponse de le 21/05/2019 à 10:28 :
Qwant passe par Google. Bien obligé.
Vous auriez du acheter un Archos.
a écrit le 21/05/2019 à 7:40 :
Vite un nouvel OS mobile pour dégager le monopole étouffant de Google !
Pourquoi pas avec une base de " / e / Solutions " s'ils avaient un peu plus de moyens et de couverture médiatique ?
a écrit le 21/05/2019 à 5:21 :
Bizarre d'écrire un article en disant une chose et son contraire. Huawei a encore accès à la version open source d'Android (AOSP), mais n'aurait plus accès aux 'Google play services'. Ce n'est pas la même chose... (et c'est dit clairement dans l'article, pour ensuite dire l'opposé...).
Est ce qu'il sera possible d'installer 'Google play store' sur le téléphone et donc de retrouver tous les services Google ?
Réponse de le 21/05/2019 à 7:15 :
Sur la version actuelle, on a accès à YouTube et les autres applis mais il ne faudra plus faire de mise a jour du système car sinon tu n’auras plus accès à ces applications. De plus, tu ne pourras plus avoir accès au mise à jour de ces applications 😬
Réponse de le 21/05/2019 à 11:58 :
oui c est possible. vous pouvez le faire si vous installez un Android open source comme lineageOS
par contre c est pas simple et si Huawei le fait, google bloquera surement la fonctionnalite

l alternative pour Huawei serait plutot de pousser les services concurrent (open street map ou autre). apres tout en chine google n est pas present
a écrit le 21/05/2019 à 2:49 :
Si la guerre commerciale peut nous éviter une guerre armée, c'est sans doute une bonne alternative.
Réponse de le 21/05/2019 à 7:19 :
Oui tu as sûrement raison. Une guerre commerciale qui finira par une guerre armée ? Les américains ont sûrement peur du projet MIC 2025 qu’ils considèrent comme une concurrence déloyale 😰
a écrit le 20/05/2019 à 22:39 :
Heureusement il y a des Android sans Google, qui restent compatibles avec les apps Android, tels que /e/, un projet de salubrité public dans cet égoût technologique (https://e.foundation)
a écrit le 20/05/2019 à 21:19 :
C'est certainement un désastre pour huawei mais ce n'est pas très bon pour google non plus puisque Huawei a les moyens de proposer des services concurrent à google et qu'il dispose du gigantesque marché chinois comme tremplin. Quant à Apple, il risque d'être la victime collatérale d'un boycott chinois.
a écrit le 20/05/2019 à 20:11 :
la Chine qui interdit la plupart des applications US sur son sol pour privilégier les alternatives locales et maintenant les US qui interdisent à leur entreprises locales de fournir des fabricants chinois. J'ai tendance à penser que c'est un juste retour des choses pour la Chine qui a enfin trouver quelqu'un qui parle le même langage qu'eux
Réponse de le 20/05/2019 à 21:35 :
Ah bon la Chine interdit des applis US ? oui mais ces applis et donc les entreprises US refusent de se soumettre à la législation chinoise ! pour info, Microsoft et yahoo n'ont aucuns problèmes en Chine !
Faut pas tout confondre, et les US qui parle d'espionnage...heu comment dire ...c'est l’hôpital qui se fout de la charité, et en plus c’était pas de l'espionnage des "ennemis potentiels"...non c’était des alliés... cherchez l'erreur ! pour mémoire la France en faisait partie !
Réponse de le 21/05/2019 à 12:00 :
si google n est pas en chine c est pour ne pas cautionner la politique repressive chinoise, donc une chose plutot bien. Qu apple n hesite pas a censurer voire a collaborer avec la police politique chinoise pour mettre des gens qui pense mal en prison n est pas franchement quelque chose dont ils doivent etre fier !
a écrit le 20/05/2019 à 19:56 :
Le projet Linux pour les portables va renaître probablement .

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