L’opérateur historique britannique entend supprimer pas moins de 55.000 postes d’ici à la fin de la décennie. Une annonce choc qui témoigne de ses difficultés sur le marché de la fibre. D’un côté, les coûts de déploiement de cette technologie vont crescendo. De l’autre, la concurrence, féroce, vient menacer ses parts de marché.Ce jeudi, la direction de BT a jeté un pavé dans la mare. En marge de la présentation de ses résultats annuels - pour son exercice achevé à la fin du mois de mars -, Philip Jansen, son directeur général, s'est fendu d'une annonce choc. D'ici à la fin de la décennie, a-t-il lancé, l'opérateur historique britannique s'appuiera sur « une main-d'œuvre beaucoup plus restreinte et des coûts considérablement réduits ». Concrètement, l'opérateur compte se séparer de 55.000 collaborateurs d'ici à 2030. C'est rien de moins que 42% de ses effectifs.
Si Philip Jansen comptait sur cette annonce pour donner un coup de fouet à son cours de Bourse, c'est raté. Dans la foulée de cette annonce, le titre a dégringolé de près de 9%, à 135 pences, avant de remonter un peu ce vendredi. BT a essentiellement justifié ses coupes d'effectifs par la fin du chantier du déploiement de la fibre. Des dizaines de milliers d'emplois ne seront plus nécessaires « lorsque nous cesserons de construire le réseau », a précisé Philip Jansen. C'est vrai. Toujours est-il que ce moment est loin d'être d'actualité.
Forte concurrence
Rappelons qu'OpenReach, la filiale de BT en charge des infrastructures Internet fixe, n'a raccordé « que » 10,3 millions de locaux sur un objectif de 25 millions d'ici à la fin 2026. BT n'est pas, par exemple, dans la même situation qu'Orange, son homologue en France. L'Hexagone est bien plus avancé dans le déploiement de la fibre, avec plus de 80% de locaux raccordables à cette technologie. Voilà pourquoi Orange prend aujourd'hui ses dispositions pour réduire ses troupes - essentiellement chez ses sous-traitants - dans ce domaine. Ce qui ne manque pas de sel, c'est qu'il y a moins d'un an, Clive Selley, le patron d'OpenReach, se plaignait de ne pas trouver suffisamment de bras pour déployer la fibre ! Il faut croire, alors, que la situation a changé...
Quoi qu'il en soit, pourquoi BT communique-t-il maintenant sur des réductions d'effectifs ? Cela peut être interprété comme une volonté de rassurer les investisseurs, alors que l'opérateur historique navigue dans des eaux troubles depuis des années. Au Royaume-Uni, l'opérateur est confronté à une multitude de concurrents, lesquels menacent le groupe à différents niveaux, le tout dans un contexte économique difficile.