Télécoms : les grandes manœuvres se poursuivent autour de Vodafone
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Nick Read, le PDG de Vodafone, dont le groupe a perdu près de la moitié de sa valeur en Bourse ces cinq dernières années.
Reuters
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Nick Read, le PDG de Vodafone, dont le groupe a perdu près de la moitié de sa valeur en Bourse ces cinq dernières années.
Reuters
Vodafone illustre, à lui seul, les difficultés du secteur des télécoms en Europe. En cinq ans, le titre du géant britannique du mobile a perdu pas loin de la moitié de sa valeur en Bourse. Comme tous les autres grands opérateurs du Vieux Continent, Vodafone fait l'objet d'une fronde des marchés. Beaucoup voient d'un mauvais œil ses lourds investissements dans la fibre, la 4G et la 5G, alors que ses marges pâtissent d'une ultra-concurrence, entretenue par Bruxelles pour maintenir des prix bas auprès des consommateurs, dans ses principaux marchés. C'est particulièrement vrai au Royaume-Uni, en Italie et en Espagne. Surtout, l'état-major de Vodafone est critiqué par certains investisseurs pour avoir raté - ou écarté - certaines opportunités de consolidation dans ces marchés-clés.
C'est dans ce contexte, électrique, que le géant émirati des télécoms e& a annoncé, vendredi dernier, avoir mis la main sur pas moins de 9,8% du groupe britannique pour 4,4 milliards de dollars. L'investissement est important: selon Bloomberg, e&, groupe contrôlé par le richissime état pétrolier, devient ainsi le premier actionnaire de Vodafone, loin devant BlackRock (qui en possède 3,5%), Vanguard (3%) et HSBC (1,9%). E& assure que ce mouvement n'a qu'une ambition : décrocher « une exposition significative à un leader mondial de la connectivité et des services numériques », sans avoir l'intention, à ce jour du moins, de lancer une OPA. Le groupe émirati affirme soutenir la stratégie commerciale de Vodafone, comme son conseil d'administration et sa direction.
À lire également
Les marchés, eux, saluent la manœuvre. Ce lundi, le titre de Vodafone progressait de 2,80%, à la Bourse de Londres. Comme si les investisseurs voyaient cette arrivée comme le signe que les choses allaient prochainement, et profondément, changer... Il faut dire que Vodafone fait aujourd'hui l'objet de critiques et de fortes pressions en ce sens. Cevian Capital, le plus grand fonds activiste d'Europe, appelle depuis des mois la direction à simplifier ses activités, et à tout faire pour consolider ses positions dans ses principaux marchés.