Très haut débit pour les entreprises : le Sénat alerte le gouvernement

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Selon une étude de l'Ifop, seules 23% des PME françaises bénéficient d'un abonnement à la fibre.
Selon une étude de l'Ifop, seules 23% des PME françaises bénéficient d'un abonnement à la fibre. (Crédits : DANIEL MUNOZ)
Tandis que l’avenir de Kosc, un opérateur stratégique du marché des télécoms pour les entreprises, s’inscrit en pointillés, les parlementaires appellent l'exécutif à prendre des mesures pour s’assurer que les TPE et PME puissent enfin accéder des offres de fibre à prix raisonnable.

Sur le front des télécoms, les sénateurs sont décidément très remontés envers le gouvernement. Alors que les parlementaires ont récemment pesté contre l'enveloppe, jugée insuffisante, octroyée par l'exécutif pour déployer la fibre dans les territoires ruraux, ceux-ci ont interpellé les pouvoirs publics, ce mercredi, concernant sa politique dans les télécoms pour les entreprises. Plus précisément, la Délégation aux entreprises et le Groupe numérique du Sénat s'alarment depuis des semaines de la situation de Kosc.

Suite à un conflit avec Altice, l'avenir de cet opérateur de gros sur le marché des télécoms professionnelles est incertain. En grandes difficulté financière, celui-ci a été placé en redressement judiciaire et cherche un repreneur. La situation de Kosc sème le trouble sur le marché de la fibre pour les entreprises. Son activité est jugée stratégique par l'Arcep. Le régulateur des télécoms a tout fait, ces dernières années, pour épauler Kosc. L'Arcep le perçoit comme un catalyseur de la concurrence dans un marché dominé par Orange, et dans une moindre mesure par SFR. L'objectif étant, in fine, de permettre enfin aux TPE et aux PME d'accéder à des offres Internet fixe bon marché.

Aux yeux des sénateurs, la disparition de l'activité de Kosc constituerait un désastre pour la numérisation des entreprises, un domaine où la France est en retard. A plusieurs reprises, les parlementaires ont demandé au gouvernement de se saisir du dossier. Mais leurs interpellations sont restées lettres mortes. « Nous avons alerté le gouvernement au plus haut niveau, mais les échos sont négatifs », canarde Elisabeth Lamure, sénatrice du Rhône (LR) et présidente de la Délégation sénatoriale aux entreprises. « Nous n'avons eu aucune réponse des pouvoirs publics concernant notre principale préoccupation : la possibilité que 65.000 PME (bénéficiant d'une ligne Kosc, Ndlr) se retrouvent sur le carreau, sans Internet... », déplore-t-elle.

Même son de cloche pour Patrick Chaize, sénateur de l'Ain (LR), et président du Groupe numérique du Sénat. Le parlementaire souhaite que le gouvernement soutienne « le modèle de Kosc », qui vend de la connectivité en gros aux opérateurs alternatifs - lesquels la commercialisent ensuite, au détail, aux entreprises. Kosc a surtout une particularité importante : en tant que grossiste pur, il n'est pas concurrent des opérateurs alternatifs sur le marché de détail. Pour Patrick Chaize, le fait que l'exécutif n'ait toujours pas répondu aux inquiétudes des parlementaires concernant l'avenir de Kosc est regrettable. D'autant que la société n'aurait pas vu le jour sans l'aide de l'État. « Kosc est né grâce au soutien de l'Autorité de la concurrence, de l'Arcep, ainsi que de la Banque des Territoires (qui dépend de la Caisse des Dépôts, Ndlr) », rappelle le sénateur.

Une affaire « d'intérêt général numérique »

A travers ce dossier, Patrick Chaize souhaite que le gouvernement prenne à bras le corps le problème de l'accès à la fibre des TPE et des PME. « Notre objectif est que toutes les entreprises françaises puissent bénéficier demain de la fibre sur un réseau neutre, ouvert, à un prix qui soit acceptable », poursuit-il. Elisabeth Namure, elle, qualifie l'affaire « d'intérêt général numérique ». Dans le sillage de la publication d'un rapport sur les télécoms professionnelles et la situation de Kosc, elle évoque la possibilité de déposer une proposition de loi.

En fin de semaine dernière, Sébastien Soriano, le président de l'Arcep, a affirmé que l'activité de Kosc, en tant que grossiste pur, était fondamentale pour les télécoms professionnelles. « Nous appelons de nos vœux à la prolongation de cette activité, que ce soit via un adossement différent avec ses investisseurs, ou à travers une reprise du groupe », a-t-il indiqué. Avant d'avertir les candidats à la reprise : « L'important, c'est qu'une activité de gros volontariste soit structurellement garantie. »

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Commentaires
a écrit le 12/12/2019 à 12:49 :
concernant notre système de "régulation" et l'absurdité des mesures qui nous contraignent à la marque de fabrique de la France : dépenses publiques maximales pour les résultats les plus médiocres, et solutions alternatives très strcuturantes, je renvoie aux explications inédites (jamais expliqué) sur la réalité du dessous de l'iceberg de ce système de "régulation", ce dans les articles sur kosc, les fibres importées...(si non censuré ou supprimé)
a écrit le 12/12/2019 à 12:38 :
l'argument sur le tarif des services THD des élus est totalement déconnecté de la réalité économique et des services.
Les opérateurs sur le créneau des services entreprises investissement des milliards par an (7,5 Orange, 3,5 SFR) et avec des dizaines de milliards de dette, donc marge pas très élevée sinon ils financeraient sur fonds propres.
Donc dire qu'il faut des services pas cher en dépensant des milliards est totalement incohérent, ils n'ont aucune connaissance de la logique d'entreprises.

Mais surtout ils confondent le prix de l'accès au prix complet. Raccorder à un central est une chose mais c'est que le début, ensuite il faut des réseaux complexes (technos MPLS, OTN, plateformes de services), de couverture internationale, des offres de services complètes, du personnel pour assurer un sav de trés haut niveau...

Donc développer l'accès en rouleau compresseur est non seulement anti-économique (parce que les technos évoluent très vite, yc la fibre, la 5G va prendre des parts de marchés..) mais ça ne change pas le prix complet du service.

Et quant à dire on va le faire avec la dépense publique en réseaux publics, ça sera forcément plus cher que par les opérateurs qui ont les économies d'échelle et la réactivé face aux évolutions technos très rapides, et en plus la dépense publique rémunère surtout l'usine fantôme au passage...
mais les élus adorent les très gros appels d'offre, allez donc savoir pourquoi ..?
a écrit le 11/12/2019 à 19:02 :
non, le desastre c'est d'avoir des boites qui proposent des forfaits a 2 euros tout compris tout gratuit.........
les couts fixes etant enormes on sait ce qu'il se passe question investissements
a écrit le 11/12/2019 à 18:57 :
La fibre vient depuis peu de Chine, a qualité médiocre : la Tribune du 10/12.


Tout les chantiers devront etre refaits fréquemment.
Réponse de le 11/12/2019 à 19:26 :
qualité médiocre, potentiellement, à voir sur la durée si c'est le cas ou pas...
Un article y a quelques mois disait que l'industrie fibre optique européenne n'arrivait pas à fournir, était à fond, trop de demandes simultanées.
Réponse de le 12/12/2019 à 14:39 :
vous avez raison, voir la réponse précise que j'ai faite à cet article sur tous les volets de cette affaire (mauvais choix techniques, mauvaise régulation qui provoque la dépense publique maximale, politique d'achat angélique face à ceux qui se protègent...
a écrit le 11/12/2019 à 18:56 :
La fibre vient depuis peu de Chine, a qualité médiocre : la Tribune du 10/12.


Tout les chantiers devront etre refaits fréquemment.
a écrit le 11/12/2019 à 18:03 :
J'ai lu l'article et il ne m'a pas permis de comprendre par exemple l'affirmation "L'objectif étant, in fine, de permettre enfin aux TPE et aux PME d'accéder à des offres Internet fixe bon marché".
En effet, j'ai trouvé grâce à Google que Kosc démarre à 35€ par mois et orange à 35€ par mois. En quoi Kosc est meilleur marché qu'Orange?
Je trouve que votre article manque de fond pour que le lecteur lambda (votre lectorat) qui n'a pas un thèse es-ARCEP puisse comprendre "affaire d'intérêt général numérique" et autre. Je serai mal-disant que je pourrais croire que cet article est partisan.
Pour moi, la disparation de Kosc ne changera pas le paysage. Les sociétés n'ayant pas les moyens utiliseront les offres fibres grands publics comme ils le font actuellement avec leurs forfaits téléphoniques.
Réponse de le 12/12/2019 à 15:57 :
vous n'avez pas une thése es-arcep mais vous avez tout compris. Car kosc c'est un offreur de gros à partir d'offres de gros imposés à orange, donc la logique c'est comment dépenser plus pour facturer moins, et on s'étonne que ça ne marche pas ?
surtout que l'offre numérique foisonne, la pénurie on la cherche..

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