Vivendi ne se contentera pas du rachat de Dailymotion en 2015

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(Crédits : DR)
Vincent Bolloré a beaucoup parlé vendredi de la plateforme de vidéos que Vivendi va racheter à Orange, lors de l’assemblée générale des actionnaires. Dailymotion doit permettre « aux talents de Vivendi de converger. » L’AG a confirmé les droits de vote doubles qui renforcent le contrôle de l’homme d’affaires breton.

Dailymotion par ci, Dailymotion par là : Vincent Bolloré, le président du conseil de surveillance de Vivendi, et Arnaud de Puyfontaine, le président du directoire, ont beaucoup parlé de la plateforme de vidéos lors de l'assemblée générale des actionnaires, ce vendredi, à l'Olympia, salle qui appartient au groupe. Vivendi est en négociations exclusives avec Orange en vue du rachat de 80% du site de vidéos pour 217 millions d'euros, une acquisition qui devrait être bouclée « en juin ou juillet » a indiqué Vincent Bolloré.

« Nous pensons que Dailymotion est une opportunité formidable pour les talents de Vivendi de converger » a fait valoir l'homme d'affaires breton. « Dailymotion peut prendre de la valeur et devenir un jour une affaire qui sécrète beaucoup d'argent. Dailymotion est un des exemples où l'on va fédérer les synergies, avec les contenus du groupe Canal Plus, comme les séries courtes, et la musique d'Universal ainsi que notre connaissance de la publicité avec Havas, société sœur de Vivendi. »

Le groupe Bolloré détient en effet 60% du capital du groupe publicitaire, dirigé par le fils de Vincent, Yannick Bolloré.

« Cette opération (Dailymotion) est une opportunité formidable de faire rayonner les contenus musicaux et audiovisuels de Vivendi dans le monde entier » a plaidé de son côté Arnaud de Puyfontaine, le président du directoire.

Devenir une vraie alternative à YouTube

Stéphane Roussel, le directeur Développement et organisation de Vivendi, a souligné que le groupe travaillait sur les « contenus du futur », de nouveaux formats, au sein d'une nouvelle structure Vivendi Contents, sous la houlette de Rodolphe Belmer, le directeur général du groupe Canal Plus, en collaboration avec Havas. « L'arrivée de Dailymotion doit accélérer ces projets » a-t-il affirmé.

« Dailymotion est une success story à la française, une plateforme de premier plan, un nouveau morceau du puzzle. Certes, il est beaucoup plus petit que YouTube, mais il ne va pas le rester. En ajoutant des contenus distinctifs, en créant des événements de rencontres entre chanteurs en exclusivité temporaire, si cela est possible, et sur des formats courts, sachant que la moitié des contenus regardés sur YouTube sont de la musique, gageons que Dailymotion ne tardera pas à grandir très vite et deviendra une alternative à YouTube et pas seulement un petit YouTube » a fait valoir Stéphane Roussel, qui dirigea il y a quelques mois SFR.

Créer un champion européen des médias de demain

Si la plateforme de vidéos, que le gouvernement a refusé de voir partir aux mains d'un actionnaire américain (Yahoo) puis hongkongais (PCCW), doit devenir en quelque sorte la pierre angulaire de la stratégie de convergence et monétisation des contenus du groupe, Vivendi a toujours l'ambition de grossir dans les médias.

« Le redéploiement dans les contenus a été plus difficile que les cessions car les contenus intéressent tout le monde, de grands groupes puissants et agiles, parce que c'est un secteur glamour » a expliqué Vincent Bolloré.

Mais interrogé sur un éventuel intérêt pour le groupe Amaury (Le Parisien, Tour de France), « l'actionnaire de référence de Vivendi » tel qu'il se présente lui-même (14,5% du capital), qui avait regardé de près le groupe L'Express, « ne commentera pas, ne répondra à aucune question sur telle ou telle acquisition, par nature. »

« On ne se contentera pas de Dailymotion en 2015 » a-t-il toutefois prévenu. « La France a besoin d'un champion européen des médias, mais pas des médias d'hier, ceux d'aujourd'hui. »

Mais « pas à n'importe quel prix  » a-t-il précisé. Le directeur de la communication de Vivendi a démenti le week-end dernier que le groupe ait déposé une offre ou toute intention d'offre sur Lagardère, présenté comme « un groupe ami. »

« Notre ambition est de faire de Vivendi un leader mondial des médias et des contenus » a simplement déclaré Arnaud de Puyfontaine, qui dirigea Hearst, Emap France et les éditions Mondadori.

Bolloré conforte son emprise

Si Vincent Bolloré a davantage levé le voile sur sa stratégie, c'est peut-être à cause des critiques de certains actionnaires sur le flou entretenu quant à l'utilisation du cash récupéré de la vente de SFR. Habile, le président du conseil de surveillance de Vivendi a joué la carte de l'actionnaire de long terme, qui a besoin de temps pour réussir sa stratégie.

Un plaidoyer destiné à justifier l'instauration de droits de vote doubles, une mesure critiquée par certains actionnaires, adeptes du principe une action, une voix. Cependant, la résolution « anti-Florange », en référence à la loi qui instaure ces droits de vote doubles, déposée par PhiTrust Active Investors avec le soutien d'actionnaires pesant près de 2% du capital, a été rejetée ; elle a malgré tout recueilli 50,05% de voix favorables, en dessous des deux-tiers nécessaires.

Vincent Bolloré s'est amusé à se comparer à quelques grands groupes américains, qui n'ont « pas des droits de vote doubles mais multiples ! » comme Larry Page chez Google (14% du capital mais 54% des droits de vote) et Mark Zuckerberg chez Facebook (15% du capital pour 53% droits de vote).

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Commentaires
a écrit le 18/04/2015 à 6:54 :
a la prochaine assembler je suggere a M Bollore d'instituer le droit de vote triple comme cela il ne sera pas loin de la majorité absolue avec moins de 15%du capital puis il fusionnera Havas avec Vivendi et deviendra le roi des médias en France ( avec le pouvoir qui va avec )
a écrit le 18/04/2015 à 0:13 :
Un petit service de musique en ligne a 10h également ? ;-)

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