Logement : la Caisse des dépôts débloque 12 milliards pour le social et l'intermédiaire

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L'institution financière bicentenaire crée un nouveau fonds d'investissement doté de 2 milliards d'euros pour l'immobilier résidentiel, avec pour objectif de construire 11.000 nouveaux logements dont 9.000 intermédiaires.
L'institution financière bicentenaire crée un nouveau fonds d'investissement doté de 2 milliards d'euros pour l'immobilier résidentiel, avec pour objectif de construire 11.000 nouveaux logements dont 9.000 intermédiaires. (Crédits : Gonzalo Fuentes)
Au lendemain de la présentation de loi Évolution du logement et aménagement numérique (Élan), le nouveau directeur général de la CDC, Éric Lombard, a présenté, pour sa première apparition publique ce 5 avril 2018, des outils de financements au service des bailleurs sociaux et du logement intermédiaire.

Restaurer l'égalité des chances entre les territoires. Depuis sa nomination à la direction générale de la Caisse des dépôts (CDC) en décembre 2017, Éric Lombard martèle ce message. Dans la continuité du programme "Action cœur de ville" pour lequel la CDC investit 1,7 milliard d'euros et au lendemain d'une signature d'une convention entre l'exécutif et l'Union sociale pour l'habitat (USH), 10 milliards d'euros ont été débloqués pour les bailleurs sociaux et 2 milliards pour le logement intermédiaire.

Quelques mois après la loi de finances 2018 qui leur a retiré près de 1,7 milliard d'euros pour cette année, la mesure fera sans aucun doute son effet auprès des bailleurs.

« Le secteur du logement social est essentiel, a jugé Éric Lombard ce 5 avril 2018, aussi avons-nous deux priorités : soutenir l'investissement des organismes de logements sociaux (OLS) pour la production de logements neufs et la rénovation, et accompagner les OLS dans leur transformation profonde ».

4 milliards de prêts à taux fixe de marché sur 20 ans

Sur les 10 milliards d'euros en « ressources nouvelles », se trouvent donc 2 milliards d'euros de prêt de haut de bilan bonifiés de deuxième génération ou encore 4 milliards en prêts à taux fixe de marché. Sur ce point,

« la Caisse, sous sa signature, va émettre sur les marchés financiers jusqu'à vingt ans, précise le directeur général. Chacun contribuera à l'effort de guerre si l'on peut le dire ainsi et cela fera bénéficier le secteur de conditions de financement proches de celles de l'État ».

Ces 4 milliards de prêts à taux fixe de marché devraient se décomposer ainsi : 2 milliards pour réaménager la dette et surtout pour les regroupements d'organismes qui vont se retrouver avec des passifs de part et d'autre. Puis, 1 milliard pour soutenir les investissements dans les territoires, dont 700 millions pour les programmes neufs et 300 pour la restructuration.

 « La CDC doit gagner de l'argent ! »

Vient ensuite 1 milliard de prêts à taux fixe pour la réhabilitation thermique.

« C'est important au titre de la protection de la planète et des efforts collectifs pour lutter contre le réchauffement climatique, souligne Éric Lombard, et utile pour les charges ».

Une goutte d'eau néanmoins au regard des 600.000 passoires thermiques sur 4,7 millions de logements sociaux.

La Caisse avancera également 3 milliards de trésorerie, dont 1 milliard pour préfinancer de nouvelles opérations et 2 milliards pour des lignes de trésorerie bancaire. Pour clôturer ces 10 milliards au profit des bailleurs sociaux, 1 milliard d'euros en fonds propres soutiendra la construction. Objectif : la nue-propriété à la CDC, l'usufruit à l'OLS pendant quinze à vingt ans. À ce terme, la Caisse fera les comptes et soit rachètera, soit vendra. « La CDC doit gagner de l'argent ! », rappelle son DG.

2 milliards pour le logement intermédiaire

Enfin, l'institution financière bicentenaire crée un nouveau fonds d'investissement doté de 2 milliards d'euros pour l'immobilier résidentiel, avec pour objectif de construire 11.000 nouveaux logements dont 9.000 intermédiaires. La CDC Habitat (ex-SNI) en sera l'opérateur.

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a écrit le 06/04/2018 à 10:30 :
"Une goutte d'eau néanmoins au regard des 600.000 passoires thermiques sur 4,7 millions de logements sociaux".

Video BFM en dessous : construire plus et moins cher.Donc les passoires thermiques vont continuer.
a écrit le 05/04/2018 à 22:27 :
Ces milliards donneront sans doute de l'air au secteur du BTP.
Ensuite, pour ce qu'il est convenu d'appeler le logement social, il est indispensable que la main d'oeuvre soit recrutée localement : tout prouve que le "prêt à loger" n'est pas un facteur d'amélioration du climat social.
Les travaux doivent apporter de l'emploi là ou ils sont faits - c'est bien plus vertueux que d'accorder des marchés à forte marge avec main d’œuvre importée....
a écrit le 05/04/2018 à 20:20 :
marrant ce titre............. ' debloque'...... ca me rappele l'histoire de la cagnotte fiscale......... vous savez, quand des gens qui assassinent des gens en etant responsables mais pas coupables, estiment que quand ldeficit n'est plus hors des clous pour assassiner les generations futures vous expliquent que la marge de manoeuvre est grande ( c'est genereux, ca n'a rien de liberal, quand on assassine juste l'avenir des suivants)..........y a subitement de l'argent quantique qui vient de nulle part ( ou de la bce) qu'on va pouvoir jeter par la fenetre!........... la bande de french knobs devrait regarder d'ou viennent les pbs..........
a écrit le 05/04/2018 à 20:14 :
privé mais géré par le public ? donc a terme plus rien. si j étais investisseur ou institutionnel privé je n irai jamaiis investir si le public prend la gestion...quel intérêt ?
et puis 480 00 ménages pour l acquisition en 2017 pour 420 000 logements. donc les prix montent. le seul moyen est d offiri plus de logements accessibles. point. le reste c est du vent.
a écrit le 05/04/2018 à 19:06 :
C'est le nerf de la guerre, des logements à loyer ou prix modérés, sinon on se retrouve avec des salariés qui mettent tout ce qu'ils ont dans leur logement ne pouvant que générer problèmes et désagréments, handicapant profondément la consommation.

Oui le problème est que c'est un domaine économique dans lequel il y a des millions de protagonistes tenant le marché artificiellement haut, même si par chez nous ils ne peuvent que difficilement cacher la baisse mais si c'était quelques groupes là aussi comem dans la finance qui tenaient tout, on en serait à mettre en garantie un rein ou un foie pour le loyer...

Le logement doit être privé mais géré par le public pour l'intérêt public afin que tout le monde puisse tirer son épingle du jeu.

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