Immobilier : les prix baissent-ils dans votre région ?

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Les prix en Bourgogne ont chuté de 9,7% au troisième trimestre, de 5,5% en région Centre et de 3,7% en région PACA selon le réseau Century 21.

Pour la première fois depuis la fin 2008, date du début de la crise économique, le nombre de transactions et les prix des logements anciens baissent en France, une tendance qui risque de se poursuivre en 2012, selon une enquête de l'AFP auprès des principaux réseaux immobiliers.

"Les ventes de logements anciens ont baissé en France de 11% entre les 3èmes trimestres de 2010 et 2011, alors que les prix ont diminué de 2,7% entre le 1er semestre et le 3e trimestre 2011", indique Laurent Vimont, président de Century 21, un des principaux réseaux d'agences immobilières.

Seul Paris, en raison d'une demande toujours beaucoup plus forte que l'offre, voit ses prix continuer à progresser de 2,3% au troisième trimestre pour atteindre un nouveau record de 8.556 eurs/m2 au 3e trimestre, ajoute M. Vimont. Une analyse qui est en contradiction avec les prévisions des notaires.

Après une flambée des prix de 22,5% au deuxième trimestre, la plus forte sur un an depuis 20 ans, le prix des logements anciens dans la capitale devrait prochainement se stabiliser, voire légèrement baisser, avaient indiqué début septembre les notaires parisiens.

En province, sept régions ont enregistré, selon Century 21, une chute des prix au 3e trimestre : Bourgogne (-9,7%), Centre (-5,5%), Lorraine (-4,4%), Provence-Alpes-Côte d'Azur (-3,7%), Basse-Normandie (-3%), Nord-Pas-de-Calais-Picardie (-3,4%), Champagne-Ardenne (-1,3%).

En Aquitaine, Auvergne, France-Comté, Haute-Normandie et dans le Limousin, la hausse au troisième trimestre se maintiendrait toutefois, toujours selon Century 21, au delà de 5%.

Pour M. Vimont, l'explication principale réside dans le fait que "le fil de la solvabilité des primo-accédants, qui n'ont plus les moyens d'acheter, est rompu".

Cette diminution depuis la mi-2011 des transactions et des prix est confirmée par Guy Hoquet L'Immobilier. "La hausse des taux des crédits immobiliers et l'élection présidentielle devraient entraîner une baisse globale des marchés en 2012", affirme son directeur général Cédric Monssu.

Pour Nicolas Jacquet, président exécutif d'Urbania, le prochain alourdissement de la taxe sur les plus-values sur les ventes de logements locatifs et de résidences secondaires, au 1er février 2012, a entraîné un "accroissement significatif du nombre de mandats de vente dans les agences".

Mais, à partir de 2012, on peut "s'attendre pendant 2 ou 3 ans à une baisse du nombre de transactions car un certain nombre de personnes qui n'auront pas conclus retireront leurs logements de la vente", ajoute-t-il.

"Cette annonce va avoir un effet désastreux surtout que le problème de liquidités des banques devrait entraîner une restriction dans la distribution des crédits immobiliers", souligne Bernard Cadeau, président du réseau Orpi.

Mais cette précipitation à vouloir vendre pour certains ménages qui avaient dépassé la limite des 15 ans pour l'exemption de la taxe sur les plus-values a des conséquences inattendues.

"Nous rappelons aux vendeurs que nous sommes tenus à une obligation de moyens, pas de résultats et nous engageons nos clients à accepter de signer un formulaire indiquant que nous ne sommes pas responsables des délais administratifs", indique Gilles Ricour de Bourgies, président pour l'Ile-de-France de la Fnaim (Fédération nationale de l'immobilier).

Un secteur se frotte toutefois les mains pour le moment: celui de l'immobilier de luxe. "Nous enregistrons un accroissement de 20% du nombre des mandats car il faut que les promesses de vente soient signées avant le 15 novembre pour être sûrs que les actes définitifs puissent être enregistrés chez les notaires avant le 1er février", confie à l'AFP Charles-Marie Jottras, président du conseil en immobilier Daniel Féau

"Les biens hors normes n'ont connu aucun ralentissement de la demande, bien au contraire. La catégorie de biens de qualité, d'une valeur supérieure à 1 million d'euros, n'a pas souffert non plus dans la capitale et les stations de mer ou de montagne à la mode", affirme le réseau Barnes dans un communiqué.

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Commentaires
a écrit le 05/10/2011 à 9:00 :
voici la courbe publiée par l'un de vos confrères.
Elle parle d'elle-même
http://blogs.lesechos.fr/place-du-marche/immobilier-francais-la-courbe-qui-fait-peur-a6934.html
a écrit le 04/10/2011 à 21:23 :
Il n'y aura pas de sang, pas de chute rien... nous allons revenir dans une situation NORMALE. Il est assez invraisemblable de voir certains commentaires et comportements. Pourquoi se complaire dans l'irrationalité ? De plus, l'article ne révèle rien. Cela fait 9 ans que tout cela est évident......
a écrit le 04/10/2011 à 21:02 :
Les commentaires des économistes Petit et Lejeune sur BFM ce matin étaient très intéressants. En gros, l'immobilier est maintenu à un niveau artificiellement élevé gràce aux taux bas mais aussi gràce à plusieurs milliards de subventions publiques et aides diverses par an, dans le but de favoriser les "seniors" par rapport aux jeunes. C'est un choix de politique générationnelle, très mauvaise pour la croissance car le secteur immobilier est peu porteur de croissance.
Réponse de le 05/10/2011 à 6:22 :
@ Jean: favoriser les seniors ?? de quelle façon ? tu crois qu'avec un revenu de retraite moyen de 1000 euros et sans possibilité de prêt sur 200 ans ils vont pouvoir acheter un logement :-) Pourquoi cette haine vis-à-vis de tes parents ???
Réponse de le 05/10/2011 à 9:17 :
Perso, pas de haine des parents.
Mais favoriser l'immo via la fiscalité augmente les prix, ce qui favorise les séniors et les adultes installés (qui possèdent pour la plupart leur logement + parfois du locatif) vs les jeunes qui n'ont pas encore leur logement. C'est juste factuel.
Réponse de le 05/10/2011 à 11:35 :
Les disparités entre les générations se creusent. Nous aimons tous individuellement nos parents mais force est de constater que les baby boomer ne nous laissent pas une situation favorable (prix de l'immobilier, dettes, retraites...). Un équilibrage est inéluctable à terme.
Réponse de le 06/10/2011 à 9:32 :
Les jeunes qui ont stupidement acheté des baraques pourries avec tout à refaire et un endettement de 30 ans sont tout aussi responsables...
a écrit le 04/10/2011 à 20:27 :
En PACA le prix des terrains constructibles ne baissent pas au contraire ! normal il y en a de moins en moins en vente sur le marché ... par contre le prix des maisons baissent... allez comprendre
a écrit le 04/10/2011 à 15:17 :
dans le Languedoc Roussillon et Midi-Pyrénées ,les prix sont également ascendants
Réponse de le 04/10/2011 à 18:18 :
ah non en languedoc roussillon c'est la baisse !
a écrit le 04/10/2011 à 14:23 :
"Mais, à partir de 2012, on peut "s'attendre pendant 2 ou 3 ans à une baisse du nombre de transactions car un certain nombre de personnes qui n'auront pas conclus retireront leurs logements de la vente", ajoute-t-il.".MAIS OUI MAIS OUI. Et les acheteurs ? Cela fait un moment qu'ils se sont retirés de la vente, et pour ceux qui ont choisi de louer parce qu'acheter c'est trop cher, ceux-là, vous êtes pas prêt de les revoir non plus. Moins d'acheteurs, moins de vendeurs, sale temps pour ceux qui ont soutenu la bulle de leurs paroles !

a écrit le 04/10/2011 à 12:44 :
Curieusement, personne n'a parlé de la suppression des frais de notaire réduits. Il est vrai qu'il ne faut surtout pas faire peur aux acheteurs.....!
Réponse de le 04/10/2011 à 20:44 :
Effectivement, vous avez raison. On oublie volontairement d'en parler!
a écrit le 04/10/2011 à 12:43 :
Il faut faire attention car les chiffres des réseaux d'agence ne sont pas toujours représentatif de l'ensemble du marché même si il donnent en général une bonne tendance. Les chiffres des notaires sont plus fiables.

Par exemple ces réseaux sont bien implanté dans les zones urbaines et quasiment absent des zones rurales. Donc donner des chiffres pour l'auvergne et le limousin sans représenter les zones rurales , ce n'est pas représentatif , c'est comme si je vous donnais la tendance des prix pour les terrains agricole dans paris intra muros....

En plus il ne faut pas être naif et être conscient que les réseaux d'agence communiquent plus qu'il n'informent. Il vivent de commission sur les ventes donc l'interêt pour eux est surtout d'éviter le blocage des ventes.

La chose à retenir en revanche est que les jeunes n'achètent plus car n'ont plus les moyens d'acheter aux prix actuels même avec des conditions de crédits trés avantageuse et l'aide de l'état. L'immobilier devra donc corriger trés serieusement a la baisse pour rendre la propriété de nouveau accessible aux nouvelles générations
a écrit le 04/10/2011 à 12:09 :
Ce n'est qu'un début, quand les subventions à la spéculation immobilière et les aides insensées aux rentiers de l'immobilier auront cessé en France, que le crédit deviendra beaucoup plus cher ( du à la fin du n'importe quoi des banques) et que les pouvoirs public taxeront comme ils doivent taxer les rentes de l'immobilier et le luxe des résidences secondaires (pas toutes mais un certain nombre), on verra une belle chute des prix de l'immobilier qui sera d'autant plus rude que le chômage aura quasiment augmenté de 50%. Voilà où mène la connerie et la facilité, on ne sera pas mieux lotis que les espagnols, les italiens, les grecs, les irlandais ou les portugais. Décidément on n'a rien à voir avec l'exemple qu'est l'Allemagne, je les plains.

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