Entreprise, salarié, un couple comme un autre ?

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(Crédits : DR)
La Saint-Valentin, une belle occasion pour réfléchir à sa relation avec son entreprise, dans laquelle, comme dans le couple, tout est une question d'équilibre...

14 février... Saint Valentin, la fête des amoureux. Vous savez cette grand messe dont le commerce moderne a le secret. Partout dans les médias il est aussi question de la vie à deux. Une belle occasion de s'interroger sur le couple que nous formons avec notre entreprise. sur ce drôle de lien qui nous unit à elle. Après tout, ne formons-nous pas aussi un couple ensemble ? La vie d'entreprise est, elle aussi, parsemée de petits reproches non dits et de frustrations lancinantes. Le quotidien de la vie de bureau mine aussi sûrement que lentement la relation démarrée dans l'enthousiasme d'une prise de poste. De la même façon qu'un couple qui dure doit s'attacher à triompher des obstacles, apprendre à les considérer comme des nœuds à résoudre et non comme des sujets de conflits, notre attachement à notre boîte doit se réfléchir.

Une question d'équilibre

Prenons la question qui fâche : on arrête, on continue ? Et faisons comme si nous n'étions pas pétri de crainte de perdre notre poste par les temps qui courent (après tout certains amoureux tremblent en permanence de perdre l'objet de leur amour). Les questions à se poser auront au moins l'avantage d'éclaircir notre conscience. Ai-je le courage d'exprimer mes besoins ? Sont-ils reconnus ? Savons-nous parler avec nos collaborateurs de ce qui nous blesse, des paroles ou des attitudes qui ne nous conviennent pas ? Il faut savoir, comme dans une vie à deux, distinguer ce qui nous appartient de ce qui vient de l'autre, de ses impératifs....pour défusionner et entretenir une communication saine.

Pouvoir demander, donner, recevoir, et refuser, sont, dans une relation de travail aussi bien que dans une relation amoureuse, les ancrages d'une relation saine. Au risque sinon d'avoir cet affreux sentiment de ne pas être entendu, de ne pas avoir de valeur, et de ne pas être reconnu. Tout donner à son boulot comme tout donner à l'autre ne pourvoit pas non plus l'équilibre. « La difficulté n'est pas liée à la particularité du partenaire mais à la conception idéaliste que nous nous faisons de ce qu'il devrait être », rappelle le philosophe Alain Badiou.

Un support identitaire fort

Essentiel : s'interroger sur la place que tient dans notre vie cet « autre », qu'est notre travail. A quoi est-on attaché ? A notre carte de visite, notre salaire ou au contraire à ce qu'on réalise grâce à notre présence dans cette entreprise, ce qu'on y développe pour elle... de soi. Si notre emploi est vital, l'est-il dans cet ensemble là ? L'appartenance est un support identitaire fort. Celle-ci est-elle faite de fierté, d'assurance, d'intérêt intellectuel, de relations enrichissantes et chaleureuses ? Ou au contraire de soumission, de déresponsabilisation, et d'angoisses ?  Il arrive que l'amour du couple prenne le pas sur celui du partenaire.

De même en entreprise, on reste parfois plus par habitude et crainte que par intérêt...et on finit tôt ou tard par perdre sa motivation. Ce qui compte tout autant dans la vie à deux que dans notre parcours professionnel, c'est le chemin que la relation nous permet d'accomplir. Jamais nous ne pourrons changer l'autre ou l'organisation. Mais nous pouvons changer grâce à l'autre et avec l'autre. Alors foin de consommation, misons sur la construction. En amour comme en entreprise, il n'y a pas d'idéal, il y a des nœuds à résoudre.

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Commentaires
a écrit le 16/02/2015 à 22:57 :
En amour, il n'y a pas de rapport de subordination comme le salarié envers l'entreprise. Cette soumission du salarié fait que la comparaison n'est pas du tout adaptée, à moins d'avoir une vision du couple plus que périmée...

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