Le pétrole entraîne les Bourses mondiales dans sa chute

 |   |  1061  mots
Depuis le début de l'année, les places financières dégringolent et des milliards de dollars de valorisation sont ainsi partis en fumée.
Depuis le début de l'année, les places financières dégringolent et des milliards de dollars de valorisation sont ainsi partis en fumée. (Crédits : © Ralph Orlowski / Reuters)
Prises dans la spirale baissière des cours du pétrole et toujours inquiètes de la santé de l'économie mondiale, les places boursières européennes ont clôturé en très nette baisse, mercredi 20 janvier.

De là à parler de mercredi noir sur les places boursières mondiales, reste un pas à franchir, mais il n'est pas trop fort de dire que la tendance a été à la déprime, ce mercredi 20 janvier. Prises dans la spirale baissière des cours du pétrole et toujours inquiètes de la santé de l'économie mondiale, les places de Paris, de Francfort, de Londres ou encore de Milan ont clôturé en très nette baisse. La première a chuté de 3,45%, à 4.124,95 points, son plus bas niveau depuis janvier 2015, la deuxième de 3,46%, à 5.673,58 points, Francfort a plongé de 2,82%, à 9.391,64 points, et Milan, de 4,83% (lire encadré). A l'heure de la clôture en Europe, Wall Street était à l'avenant, l'indice Dow Jones dévissant de 2,56% et le Nasdaq, de 2,59%. "C'est un début d'année calamiteux, probablement jamais vu, en dehors peut-être du mois de janvier 1988, après le krach de l'année précédente", observe Xavier de Villepion, vendeur d'actions chez HPC. Selon lui, les investisseurs sont focalisés sur le pétrole, alors que les cours de l'or noir ont signé une nouvelle chute - le baril de Brent a baissé de 3,89% à 27,64 dollars -, provoquant un plongeon des Bourses asiatiques.

Il faut dire que le dernier rapport de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) a renforcé les inquiétudes quant aux excédents mondiaux. A Tokyo, l'indice Nikkei a plongé de 3,7%, tombant à son plus bas niveau depuis 15 mois. La Bourse de Shanghai a abandonné 1,03% tandis que Hong Kong a dévissé de 3,82%, un plancher jamais atteint au cours des quatre dernières années. L'AIE a expliqué dans son rapport mensuel, publié mardi, que les cours pourraient continuer de reculer cette année car l'offre devrait rester surabondante, du fait de la production iranienne qui va venir s'ajouter, après la levée des sanctions économiques et financières qui frappaient Téhéran. "L'évolution du prix du pétrole est un baromètre qui mesure actuellement le degré d'anxiété des investisseurs", relève pour sa part Franklin Pichard, de Barclays Bourse.

Les marchés européens n'ont donc pas réussi à poursuivre le rebond observé la veille, sous l'impulsion de chiffres sur la croissance chinoise qui laissent espérer des mesures de relance de la part des autorités. La croissance chinoise a bien ralenti l'an dernier, à son plus bas niveau depuis 1990, à 6,9%, mais les investisseurs mondiaux avaient réagi positivement à ces données. Soit parce que ce chiffre avait été largement anticipé, soit parce qu'il laisse espérer de nouvelles mesures de Pékin pour donner un coup de fouet à la deuxième économie mondiale.

Des milliards de dollars volatilisés

Depuis le début de l'année, les places financières dégringolent et des milliards de dollars de valorisation sont ainsi partis en fumée. "On va continuer d'assister à une guerre entre la nervosité des investisseurs et des indicateurs techniques qui montrent que la chute est allée trop loin", a commenté Chihiro Ohta, analyste chez SMBC Nikko Securities Inc. à Tokyo. "Aux racines de la débâcle de ce début d'année se situe le déséquilibre entre l'offre de pétrole et la demande, et tant que les prix ne se stabiliseront pas, les marchés boursiers seront à la peine".

Dans ce contexte de fébrilité, le Fonds monétaire international (FMI) a abaissé mardi ses prévisions de croissance. L'économie mondiale pourrait bientôt "dérailler", a indiqué le FMI, en pointant le ralentissement chinois et la situation "périlleuse" de nombreux pays émergents. L'institution internationale a réduit de 0,2 point sa prévision de croissance pour 2016 (3,4%) comme pour 2017 (3,6%) alors que les pays émergents sont guettés par le "ralentissement généralisé". L'essoufflement chinois fait en particulier chuter les cours de nombreuses matières premières et prive les pays qui les exportent de ressources cruciales.

Le renforcement du dollar, qui pénalise les cours du pétrole libellés en billets verts, n'améliore pas la situation. Sur le marché des changes, les devises des émergents accusent le coup. En Russie, où le pétrole représente avec le gaz plus de la moitié des revenus de l'Etat, le rouble est ainsi tombé mercredi à son plus bas niveau historique face au dollar (avec AFP).

_____________________________________________

Rome et l'UE tentent de rassurer sur les banques italiennes

Plusieurs dirigeants italiens et européens se sont voulus rassurants mercredi sur la situation bancaire en Italie, où les valeurs des établissements financiers s'effondrent depuis le début de la semaine à la Bourse de Milan. "Je ne vois pas le risque d'une crise bancaire majeure" en Italie, a ainsi affirmé le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker lors d'une conférence de presse au Parlement européen à Strasbourg. Les investisseurs s'inquiètent d'un retard dans la consolidation de ce secteur très éclaté et de l'importance des créances douteuses, qui dépassent les 200 milliards d'euros, un chiffre record depuis 20 ans. Les discussions qui trainent avec la Commission européenne au sujet de la création d'une "bad bank", structure de défaisance chargée de récupérer une partie de ces crédits en souffrance, afin d'apurer les comptes des banques, alimentent la suspicion autour des valeurs bancaires.

Des indiscrétions faisant état d'une demande d'informations au sujet des créances douteuses adressée à certaines banques italiennes par la Banque centrale européenne (BCE) ont ajouté au trouble. Mais tant le ministre italien des Finances, Pier Carlo Padoan, que la BCE ont affirmé qu'il s'agissait d'une enquête générale, se déroulant dans différents pays de la zone euro, et visant à "identifier les meilleures pratiques dans la gestion des crédits en souffrance". Dans ce contexte de grande fébrilité, le président italien du Conseil Matteo Renzi a rencontré dans la matinée M. Padoan, ainsi que les gouverneur et directeur général de la Banque d'Italie, Ignazio Visco et Salvatore Rossi. Les autorités se sont dites convaincues que "les mesures passées et futures prises par le législateur aideront certaines banques dans le processus de consolidation" et "les intermédiaires financiers dans la gestion plus rapide et adéquate des crédits en souffrance", selon des sources proches du chef du gouvernement italien, citées par les médias.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 21/01/2016 à 21:45 :
c'est pas moi qui pleurerait sur ces boursicoteur malfaisonts responsables du marasme économique et de la destruction des emplois : quand la bourse va mal, l'écononmie va mieux, car l'argent sert à investir au lieu de sevir à spéculer.
Et puis cela va peut-être inciter les gouvernements à limiter les prérogatives des banques en matière de monnaie ... (on peut rêver ....)
a écrit le 21/01/2016 à 17:28 :
Alors comme ça tout le monde est à la même enseigne?? Ceux qui produisent, raffinent vendent OK en difficultés. Mais les autres c'est à dire un monde fou de s'enrichir non? Les économistes nous ont bien dit que notre pouvoir d'achat ainsi en hausse allait faire repartir la consommation et maintenant de nous dire que c'est une catastrophe? Bizarre non ce revirement.
a écrit le 21/01/2016 à 13:45 :
Il faut faire grève pour s'opposer à cette baisse inacceptable du coût de l'or nouar.
a écrit le 21/01/2016 à 12:26 :
C'est fou quand même, les bourses plongent en suivant le prix du baril alors qu'on devrait s'en rejouir. Ca veut dire que les prix à la pompe devraient baisser, permettant ainsi une augmentation du pouvoir d'achat des ménages; que la facture énergetique sera diminuée pour la plupart des acteurs industriels, donc amélioration des marges; et que les gens vont se tourner vers les autres énergies, donc que les rendements des produits correspondants seront meilleurs ... Et au lieu de ça, ça plonge, désolé je ne suis pas un financier au sens marché du terme mais je pense que ça débloque complètement ...
a écrit le 21/01/2016 à 10:06 :
Le pétrole n'est pas responsable de la chute des bourses.
Affirmer cela c'est mettre en paravent un arbre qui cache une forêt.
La réalité est bien plus complexe et vient de plusieurs facteurs :
- La Chine a pratiquement terminé sa politique de réorientation vers consommation intérieure ce qui implique une balance équilibrée à l’extérieur qui permet de continuer à dégager des marges et des excédent bruts utiles et une consommation intérieure qui permet de se mettre à l'abri des fluctuations monétaires US et EU.
- Il résulte de la politique Chinoise un renchérissement du dollars qui est dans une guerre des prix mondiale.
- D'un autre coté la crise des subprimes est toujours d'actualité car les dettes ont été mises dans des comptes spéciaux mais n'ont pas été purgées et la titrisation continue notamment pour les crédits étudiants US qui sont devenus une bulle sur le point d'exploser et qui force les USA au plein emploi sous peine de faillite budgétaire et bancaire en cas d'explosion de la bulle.
- La consommation mondiale est atone suite au gel des salaires et à la concentration de capital sans redistribution au sein d'un petit nombre d'acteur c qui nous place dans un scénario à la Schumpeter qui prédisait que le capitalisme s'auto-détruirait en terme d'innovation cyclique et de consommation par une trop grande concentration de capital dans un nombre restreint d'acteur. Les fusions acquisitions actuelles et le fait que les 500 familles les plus riches de la planètes détiennent plus de la moitié des richesses rend les prévisions de Schumpeter crédible surtout en terme d'innovation et de recherche menant à des ruptures technologique entraînant de nouveaux cycle d'emploi/consommation.
- Les points précédents sont étayés par la baisse du BDYI qui baisse régulièrement et qui fait une chute spectaculaire depuis janvier ce qui prouve que les échanges mondiaux de marchandises s’effondrent ce qui est annonciateur d'une crise majeure.
- La chute de cet indice explique à lui seul la baisse du coût du pétrole car moins de bien produits = moins de pétrole consommé. De plus l'arrivée de l'IRAN sur le marché alors que son budget national est équilibré sans pétrole perturbe les autres acteurs pétroliers qui eux dépendent presque exclusivement du pétrole pour survivre économiquement. L'IRAN peut très bien prospérer avec un pétrole à 10$ ce qui n'est pas le cas des autres pays.
- Enfin la chutte bancaire cette semaine de banque majeure italienne dont les cotations ont été suspendues en urgence et la trsnposition dans les lois nationales de 28 du renflouement des banques par l'épargne citiyenne annonce un tsunami à venirdans le monde bancaire.

Bref expliquer la chute des bourses par la seule action du pétrole est d'après moi parcellaire. Le pétrole est une composante mineure d'un problème plus vaste. Facteur aggravant certes mais pas facteur déclenchant.

Le BYI a baissé de 50% sur l'année 2015 donc c'est un mouvement de baisse qui dure depuis un moment et qui s'accélère depuis 2016.

Les pays du monde et les économistes n'ont pas réalisé qu’inonder le monde de liquidité n'avait jamais rendu personne riche sinon l'Argentine serait la première puissance économique mondiale depuis bien longtemps. Cela ne sert qu'à gagner un peu de temps. Cela aurait pu se
Le BYI a baissé de 50rvir si cet argent avait servi à des actifs industriels tangible mais ce n'est pas le cas. Cet argent sert massivement à racheter de la dette et à spéculer donc il n'est pas productif. Il servira en cas de crise de papier WC si on n'actionne pas le frein rapidement.
Réponse de le 21/01/2016 à 13:56 :
BOF!S'il n'y a plus assez de demande par manque de solvabilité,alors tout s'écroule,c'est ce qui se passe.
a écrit le 21/01/2016 à 8:25 :
Et l'énergie, qu'est ce que vous en faites?
a écrit le 21/01/2016 à 7:41 :
On va vers une nouvelle crise mondiale !
Réponse de le 21/01/2016 à 21:51 :
on est tout le temps dans une crise mondiale : la crise, c'est le bon prétexte pour tenir la population en laisse, ça justifie de vous faire travailler plus en vous payant moins et en vous imposant plus, ça justifie d'augmenter les prélèvements obligatoires en diminuant les prestations qu'ils sont censés couvrir, ça justifie de ne pas empêcher les terroristes d'assassiner les gens et d'imposer un état d'urgence : c'est tout bon pour les dirigeants ...
a écrit le 21/01/2016 à 1:23 :
Le Gouvernement P.S va en profiter, de cette aubaine FISCALE, comme Jospin-Aubry pour faire FLAMBER la T.I.P.P, les Français achèteront plus de T.I.P.P qui est fixe, paieront beaucoup plus de TAXES, sans s'en apercevoir. Et quand il remontera à 60 Dollars.......! Toutes les pompes devraient afficher la décomposition détaillée du prix. Qu'est ce qu'attendent Leclerc et Intermarché ?
a écrit le 21/01/2016 à 1:10 :
Il faut replacer les choses dans une perspective d'1 à 3 ans. Une baisse ponctuelle vers 20 $ le baril reste possible mais on constate : - de fortes positions vendeuses qui accroissent la baisse - la situation ponctuelle du dollar en hausse avec la remontée des taux donc la baisse du pétrole et l'impact de pays comme l'Inde qui s'endettent sur la base du dollar donc ne permettent pas de doper en partie la croissance comme ce pays le pourrait, entre autres - une remontée de la consommation - une consolidation d'acteurs importants du secteur laissant présager une meilleure tenue des cours - des pays dont les réserves fondent et sont en situation de dépendance très importante et qui risque d'être rapidement intenable donc des tensions et coalitions pour au moins stopper la chute des cours - une Arabie saoudite principal acteur par ses réserves les plus importantes qui a des difficultés en interne et surtout en externe dans la région et peut à tout moment modifier sa position etc. En bref une remontée des cours est envisageable vers fin 2016 et au delà et il faut éviter de regarder la situation au jour le jour mais en perspective car dans tous les cas la réduction de la production s'opère et risque d'avoir des conséquences plus dures lors de la remontée inévitable des cours. Mieux vaudrait taxer un peu plus le pétrole bas actuellement pour investir dans d'autres options plus durables, réduire l'endettement et faire profiter lors de la remontée des prix du baril plutôt que de ne rien faire et se contenter de regarder le court terme.
Réponse de le 21/01/2016 à 7:56 :
...une taxe sur l'énergie pour réduire le cout du travail. C'est la seule solution. Merci.
a écrit le 20/01/2016 à 21:10 :
C'est l'histoire d'un gros bateau qui est dirigé par un pilote automatique au Logiciel tellement imprévisible et tellement capricieux que nul ne peut prévoir son comportement.

La proue du navire pointe vers un énorme rocher. Tous le monde à bord peut le voir et la collision semble de plus en plus probable. On sait que les dégâts seraient énormes et que le navire pourrait même être perdu corps et biens.

Tout le monde est donc inquiet.
On a bloqué les accès aux ponts inférieurs pour empêcher la populace de mettre le désordre chez les premières classes et leur voler leurs petits fours. Certains cherchent les canots, mais il n'y en a pas. D'autres sont en prière, ils adjurent le Logiciel de leur faire éviter la collision. D'aucuns sont confiants, le Logiciel prend, disent t'ils toujours la meilleure route.
Il est est qui tentent de se rassurer par la solidité du Navire, ils ne peut pas sombrer...

On sait que la navire va entrer en collision avec le rocher, il a déjà frotté contre des dizaines de récifs ces 30 dernières années et s'est même pris un gros iceberg en 2008 et personne n'a voulu changer le Logiciel. La solution est simple mais ce qui est fascinant c'est qu'il ne se trouvera personne pour l'appliquer, pas plus maintenant que pendant toutes les crises passées...

Il suffirait seulement de déconnecter le pilote automatique et de faire tourner la barre.

Il n'y a que deux bourses mondiales pour le cours du brut. Les fermer et convoquer une conférence mondiale des producteurs afin de s'entendre sur un prix acceptable par toutes les parties n'est pas inatteignable. Ce prix serait révisable uniquement une fois par an.

Cette façon de fonctionner n'est pas utopique. Les cours des charbon (hors marché spot), sont fixés une fois par an par consensus entre producteurs et clients afin de permettre la stabilité nécessaire aux investissements colossaux du secteur minier. le client sait combien il va payer, le producteur sait combien il va gagner, donc ce qu'il peut investir .

En matière économique, il n'y a pas de fatalité.
Réponse de le 21/01/2016 à 7:52 :
Une solution pourrait être de basculer la fiscalité du travail sur la fiscalité énergétique. Nous pourrions donner l'exemple. Bon commentaire!
a écrit le 20/01/2016 à 19:58 :
Excellent c'est ce que j'avais predi depuis 2 ans voire plus .La pente est glissante le crash est au bout .Avant le milieu de l'année on devrait avoir le CAC 40 à 2000 pts voire moins dans le sillage comme toujours de la locomotive Wall Stret .Preparez vous économies c'est là qu'il faudra acheter .........
Réponse de le 21/01/2016 à 0:44 :
"il faudra acheter"... Foncez : tout pigeon est bon à prendre !!
a écrit le 20/01/2016 à 18:53 :
Et LE petit rattrapage en fin de séance... C'était marrant. Sinon, sous les 4100 jusqu'à la "prochaine fois". Je sens que ça va encore nous faire de l' "historique", du "depuis", du "contre toute attente",...

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :