Les business angels entament leur 9e Tour de France

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Sur les 370 start-up financées l'an dernier par des business angels, moins de la moitié (46%) sont basées en Ile-de-France.
Sur les 370 start-up financées l'an dernier par des business angels, moins de la moitié (46%) sont basées en Ile-de-France.
En 2013, ils ont investi dans 370 start-up pour un montant de 41 millions d’euros, trois fois plus qu'en 2005. Du 24 au 28 novembre, la 9e édition de la Semaine des business angels, qui se déroule dans toute la France, verra les acteurs présenter leurs réseaux et expliquer le financement de projet tant aux créateurs d'entreprises qu'aux investisseurs en devenir.

De hautes technologies, des start-up, des incubateurs... C'est tout cela qui fait la French Tech. Mais pas seulement. Pour France Angels, l'association qui fédère les réseaux de business angels français, ces particuliers qui investissent du temps et de l'argent dans de jeunes sociétés innovantes font partie intégrante de l'écosystème des neuf métropoles régionales récemment labellisées French Tech par le gouvernement. "Les Business Angels sont là où se fait l'innovation, c'est-à-dire partout en France et pas seulement en région parisienne", insiste Tanguy de La Fouchardière, vice-président de France Angels.

De fait, sur les 370 start-up financées l'an dernier par des business angels (sur un total de 10.000 dossiers reçus par ces derniers), moins de la moitié (46%) sont basées en Ile-de-France, 17% ont leur siège social en Rhône-Alpes, 9% sont originaires des régions Languedoc-Roussillon, Midi-Pyrénées et Provence-Alpes-Côte d'Azur, le solde se répartissant entre les Pays de la Loire (7%), le Nord et la Normandie (7%), la Bretagne (5%), le Limousin, le Centre et l'Auvergne (5%).C'est pourquoi la 9e édition de la Semaine des business angels, qui se déroulera du 24 au 28 novembre, sera tout sauf une manifestation parisiano-parisienne.

Une trentaine de conférences, portes ouvertes et autres événements se dérouleront dans l'Hexagone afin de familiariser les jeunes entrepreneurs et les investisseurs potentiels avec les business angels.

Le profil des business angels s'est rajeuni et féminisé

Car ceux-ci ne sont pas forcément ceux que l'on croit.

"Le profil des Business Angels a beaucoup évolué, ces dernières années. Nous assistons à une féminisation et à un rajeunissement de la profession, nombre de business angels étant aujourd'hui des entrepreneurs en activité, loin de l'image des "rentiers spéculatifs" que certains pouvaient avoir d'eux il y a encore cinq ans",

indique Tanguy de la Fouchardière. Si la communauté des business angels a rajeuni, c'est notamment grâce aux succès entrepreneuriaux qui se sont bâtis durant la première vague de l'Internet, celle des années 2000.

Certains jeunes patrons de start-up de l'époque ont en effet décidé de réinvestir une partie de la fortune ainsi amassée dans d'autres jeunes pousses, à l'image de Marc Simoncini, le fondateur du site de rencontres Meetic. Tropisme ou pas, le quart des 41 millions d'euros investis en 2013 par les business angels français - un montant en hausse de 2% par rapport à 2012 et multiplié par près de trois depuis 2005 - a été alloué à des start-up spécialisées dans les services numériques.

7.000 à 8.000 business angels en France

Conséquence de l'arrivée de cette nouvelle génération, le nombre de business angels adhérant à France Angels a augmenté de 160% depuis 2005. "Les réseaux de France Angels comptent quelque 4.500 membres mais le nombre total de Business Angels en France est plutôt de l'ordre de 7.000 à 8.000", indique Tanguy de La Fouchardière. Un nombre dont la France n'a pas à rougir, affirme le vice-président de France Angels : "Le Royaume-Uni compte certes 50.000 business angels mais ce chiffre est trompeur car il inclut les personnes investissant via des fonds de financement de l'innovation. Corrigé de cela, le nombre de business angels en France est du même ordre qu'au Royaume-Uni ou en Allemagne."

En revanche, et bien que les business angels affirment être avant tout passionnés par l'aventure entrepreneuriale, "nous subissons encore des barrières fiscales d'un autre âge en France, où les business angels sont contraints de réinvestir leurs plus-values dans d'autres start-up, au risque, sinon, de les voir taxées à plus de 70%, alors que les business angels britanniques bénéficient d'une très bonne incitation fiscale", dénonce Tanguy de La Fouchardière. Un véritable enjeu pour le financement de l'innovation en France car les business angels interviennent au stade de l'amorçage, avant même la création de l'entreprise, un risque que bien des banques et des fonds de capital-risque ne sont pas disposés à prendre.

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