Contenu :

Justice

Jérôme Kerviel contre la Société Générale : suivez le procès minute par minute

Source : La Tribune.fr - 24/06/2010 | 12:20 - 2566 mots  | 
|
Jérôme Kerviel contre la Société Générale : suivez le procès minute par minute

Troisième et dernière semaine d'audience pour le procès de Jérôme Kerviel contre la Société Générale, qui a commencé le 8 juin et se poursuit ce jeudi avec sa douzième journée, celle du réquisitoire avec cinq années de prison dont quatre ans fermes requis contre l'accusé. La banque a réclamé la veille à son ex-trader 4,9 milliards d'euros de dommages et intérêts, soit le montant de la perte qu'il a générée. Suivez les débats minute par minute avec notre envoyé spécial Benjamin Jullien.

Troisième et dernière semaine du procés de Jérome Kerviel. Suivez en direct le compte-rendu de l'audience de ce jeudi avec le réquisitoire. Retrouvez également le compte-rendu de la onzième journée d'audience, le compte-rendu de la dixième journée d'audience, le compte-rendu de la neuvième journée d'audience, le compte-rendu de la huitième journée d'audience, le compte-rendu de la septième journée d'audience, le compte-rendu de la sixième journée d'audience, le compte-rendu de la cinquième journée d'audience, le compte-rendu de la quatrième journée d'audience le compte-rendu de la troisième journée d'audience, le compte-rendu de la deuxième journée d'audience et le compte-rendu de la première journée d'audience, ainsi que le résumé de toute cette affaire en diaporama animé.

12h05 - Réquisition de cinq ans de prison dont quatre fermes !

Le chef de la section financière du parquet conclut son réquisitoire : "tous ceux qui ont vécu le week-end vous ont parlé de catastrophe, de larmes. Votre tribunal jugera Kerviel pour ce qu'il est, un menteur, un tricheur, un manipulateur. Cette affaire a entraîné un traumatisme planétaire. Les banques étrangères scrutent votre décision à venir. Le système bancaire, par le crédit, permet de créer des richesses et des emplois. Ce sont des hommes et des femmes de la Société Générale qui contribuent au fonctionnement de notre économie. Il en va de l'ordre public, économique et financier.

Mais quelques questions demeurent. A supposer que votre hiérarchie vous ait soutenue, pourquoi avez-vous continué votre course folle le 18 janvier, au risque d'entraîner la banque dans votre chute ? Pour faire gagner la banque ? Sûrement pas ! Vous seul le savez...

Comme une banque pourra-t-elle éviter qu'un jour un autre Kerviel commette l'irréparable ? C'est pourquoi, M. le président, je vous demande de déclare Kerviel coupable des faits qui lui sont reprochés. Je requiers cinq ans de réclusion criminelle, dont quatre ans fermes." Face à lui, sur sa chaise, Kerviel reste impassible.

L'audience est levée.

11h51 - Impossible à déceler avant janvier 2008.

(Suite du réquisitoire)

"Cette volonté de tromper l'a conduit devant votre tribunal pour répondre de trois chefs d'inculpation. Introduction frauduleuse de données : il a reconnu avoir introduit dans le système Eliot de multiples écritures entre 2005 et début 2008 qui ont eu pour résultat de fausser les contrôles, et la défense ne le conteste pas. Faux et usage de faux : l'accusation a montré qu'à plusieurs reprises, Kerviel avait forgé de faux e-mails entre mai 2007 et janvier 2008 à partir de messages émis par des tiers. Le préjudice est lui aussi bien constitué, de même que l'intention de tromper. J'ai l'impression de me répéter, parce que les faits sont simples et reconnus. Abus de confiance : je dirais même plus, trahison de la confiance. La Société Générale a bien donné un mandat à Kerviel pour agir sur les marchés en son nom, mais avec une limite de risque fixée à 125 millions.

En prenant des positions exorbitantes et au-delà de la journée, Kerviel a bien trompé la banque, il a détourné les fonds de la banque pour en faire une utilisation qui sortait de son mandat".

Kerviel, qui feuillette ses notes, jette un coup d'œil au procureur, un sourcil levé.  Cette instruction et cette audience ont permis de n'évacuer aucune question, Kerviel a été entendu quinze fois, les juges d'instruction se sont rendu à la banque, ils ont conclu à cette fraude massive et à l'incapacité de la banque de la détecter jusqu'en janvier 2008.

11h28 - "Il y aura un avant et un après Jérôme Kerviel dans les banques du monde entier"

(Suite du réquisitoire)

 "La défense dit qu'il suffisait de trois clics pour retrouver les opérations de Kerviel dans la base de donnée Eliot, mais cette base comportait 100 millions d'opérations. Le vice-procureur Aldebert évoque la description du métier de trader faite par les ex-collègues de Kerviel : "gestion des risques, rigueur, discipline, transparence. Aucune banque au monde ne peut accepter un tel comportement, nous a dit Daniel Bouton. Vous l'avez compris, la banque ne pouvait pas déjouer cette fraude" Aucun trader de la Société Générale n'a déraillé comme Kerviel, dans de telles proportions. Jérôme Kerviel a fait exploser son mandat, il est parti dans la stratosphère."

Il perd 300 millions d'euros chaque fois que le marché bouge de 1 % en sens inverse. Kerviel a pris 25.000 fois le risque moyen pris par un trader de la banque, nous a dit Maxime Kahn" (le trader qui a été chargé de déboucler les positions de Kerviel, Ndlr). On est dans l'irrationnel le plus total, M. Kerviel. Fou ou incompétent, M. Kerviel ?

Les traders du desk de Kerviel, censés tout savoir de ses positions, déclarent qu'ils ne comprennent pas comment il a pu faire cela. Si n'importe lequel d'entre nous avait eu une position de 1 milliard, ne serait-ce qu'un seconde, il aurait eu une crise cardiaque", a dit un de ses collègues. l y aura un avant et un après Jérôme Kerviel dans les banques du monde entier." Pour gagner 1,4 milliard, comme il l'a fait, il faut jouer des dizaines de milliards, il faut jouer la banque."

Le chef de la section financière du parquet rappelle que lors de son audition par la brigade financière, Kerviel a voué avoir dépassé son mandat en passant des opérations fictives pour ne pas être détecté. Comment peut-on dire qu'on est très fier d'être devenu trader à la SocGen et en même temps prendre le risque de vous faire licencier et de torpiller la banque ?"

11h15 - "Un somnambule dans un champ de tir"

(Suite du réquisitoire)

Le vice-procureur : "quel aurait été l'intérêt de la banque à accepter ses positions ? Quelle banque laisserait un opérateur l'engager pour de tels montants ? Il ne peut pas y avoir d'explication rationnelle, à moins d'être un "somnambule dans un champ de tir, comme l'a dit Jean-François Lepetit"."

"La défense soutient que ses opérations frauduleuses avaient malgré tout un impact sur la trésorerie, qui ne pouvait pas échapper à la banque. Mais la Commission bancaire [qui a enquêté sur l'affaire et infligé à la banque un blâme et une amende de 4 millions, Ndlr] nous dit que les flux de trésorerie étaient centralisés, ils peuvent donc être noyés dans la masse, "dilués dans les appels de marge globaux de la SocGen", dit la Commission bancaire."

Le représentant du ministère public évoque aussi le résultat de 55 millions déclaré par Kerviel à la fin 2007, jugé cohérent avec les activités de Kerviel et l'évolution des marchés sur lesquels il opérait.

Il revient sur l'épisode de l'alerte émise par la bourse allemande Eurex, où Kerviel assure que la banque s'est contentée de réponses farfelues, alors que le vice-procureur y voit de nouveau des "mots d'escrocs".

10h52 - "Un homme surentraîné", un "fraudeur permanent"

(Suite du réquisitoire)

L'audience reprend. C'est au tour de Jean-Michel Aldebert, vice-procureur et chef de la section financière du parquet. "La défense a stigmatisé les contrôles et demandé à la banque de se justifier."

"Pourtant nous savons depuis le début du dossier que Kerviel joue sur des confusions", notamment entre les dépassemetns de limite passifs de quelques millions, habituels, et ses propres dépassements cachés et qui se comptaient en milliards. 

"Cette confusion, votre tribunal l'écartera pour examiner la responsabilité pénale de Kerviel."

Il évoque les techniques de dissimulation de Kerviel, qui ont empêché la banque non pas de voir, mais de comprendre ses actes frauduleux. Il parle d'un "homme qui avait le contrôle total de ses actions."

Il détaille ensuite trois types de techniques :

- saisie puis annulation d'opérations fictives dissimulant les risques de marché (947 fois au total).

- saisie d'opérations d'achat-vente pour masquer son résultat figé (115 fois).

- passage de provisions venant annuler le résultat des positions frauduleuses en cours de mois, celles-ci n'étant contrôlées qu'en fin de mois.

"Bien sûr Kerviel a annulé ces opérations avant qu'elles ne soient concrétisées, pour les remplacer par de nouvelles fausses transactions.

Quand il devait répondre aux contrôles, il a formulé des réponses mensongères, parfois appuyées par de faux e-mails fbiqus par lui pour la circonstance."

Des méthodes qui lui ont permis d'augmenter ses positions frauduleuses de 15 millions en 2005 jusqu'à 49 milliards en janvier 2008.

"Pour pouvoir augmenter ses positions sans être détecté, Kerviel a fait évoluer ses techniques, varié les transactions fictives".

Il a profité des défaillances de son supérieur, qui maîtrisait mal les opérations de son service.

Il dépeint "un homme surentraîné", un "fraudeur permanent" qui dit utiliser des techniques simples et facilement détectables mais qui les utilise de façon sournoise.

Il évoque la façon dont Kerviel a "acquis une connaissance parfaite des contrôles", grâce à son passage au "middle office" et aux liens qu'il a noués avec des gens des fonctions supports.

"On ne peut pas s'empêcher de penser que tout cela était intentionnel."

"C'est un système organisé, méthodique, continu, et une exploitation cynique des faiblesses des contrôles qu ont permis cette fraude".

"Regardez son attitude : pourquoi il ne dit rien à la banque sur ses positions de 49 milliards quand il est interrogé, les 19-20 janvier, sur son résultat de 1,4 milliard réalisé l'année précédente ?"

"La confiance suppose la connaissance de la situation, or Kerviel a caché l'étendue de ses positions à la Société Générale, et la confiance a joué le rôle de bombe à retardement."

10h32  - Quel était le mobile de Kerviel ?

(Suite du réquisitoire)

"Cette faculté de travestir la réalité par des mots a été à l'œuvre pendant tout ce procès, car l'escroc ne peut pas s'arrêter dans la jouissance de tromper."

Le vice-procureur revient sur les fluctuations de la défense, imitant Kerviel : "j'ai commis les faits car personne ne m'a dit de ne pas le faire.

J'ai commis les faits car tout le monde le savait.

J'ai commis les faits avec l'accord implicite de ma grossièreté.

J'ai commis les faits pour satisfaire ma hiérarchie.

J'ai commis les faits car j'an interprété l'absence de réaction de ma hiérarchie comme un encouragement."

"Si la banque avait vraiment voulu prendre de telles positions, elle aurait confié leur gestion à quelqu'un de plus expérimenté et en toute transparence."

Il revient sur la question du mobile, "la seule obscurité que le parquet ne pourra pas lever".

"Quelques éléments :

- un espoir de bonus, le parquet ne le pense pas, Kerviel est allé beaucoup trop vite, trop haut.

- devenir une star.

- couler la Société Générale par un militantisme anti-banque ? Pas davantage, vous n'en avez aucune trace dans le dossier, car Kerviel a dit à quel point il était content d'être nommé trader.

- une insatisfaction permanente, une variante financière du bovarysme, qui consiste à trouver sa vie incolore et fade, qu'il faut y mettre des sensations fortes, de la couleur."

Il note ensuite que Kerviel n'a pas exprimé la moindre émotion au cours du procès.

"L'intention au sens pénale est parfaitement établie, jusqu'à ce que M. Bouton a appelé la mise en place d'une sorte d'entreprise individuelle au sein de la banque, en toute opacité."

L'audience est supendue.

10h10 - Kerviel "est quelqu'un qui cache beaucoup de choses et qui ment"

(Suite du réquisitoire)

Le vice-procureur estime que Kerviel a utilisé constamment sa "capacité de convaincre", ses "mots d'escrocs".

"Masquer la passé, d'abord, c'est son souci permanent. Et puis continuer la constriction de la victime."

Il souligne le "climat de confiance et de bonne foi" dans lequel la banque a laissé Kerviel corriger ses erreurs, ce qui lui a permis de continuer.

"J'aime traquer dans les mots du dossier les éléments de constriction".

Il évoque un Kerviel "naturel, dévoué, familier". "Tous les mails qui sont au dossier montrent comment Kerviel prétend se battre pour la banque, comment il gagne du temps".

"Même arrivé aux limites des arguments techniques, il ne rend pas les armes, il inverse la situation et demande au contrôle de vérifier la situation, avant de proposer d'en faire plus, ce qui est de nature à amoindrir la capacité de résistance de sa proie".

"Mais ce talent ne s'est pas limité à la commissure des faits. L'expert psychologique lui-même n'a pas échappé à Jérôme Kerviel, il s'est laissé convaincre que le trading était un métier de l'extrême, très exposé aux risques, alors que les traders qui ont témoigné nous ont dit que c'était tout le contraire".

L'expert va jusqu'à évoquer une "absence de contrôle" qui aurait encouragé Kerviel, alors que celui-ci a déployé une énergie énorme pour contourner les contrôles.

"Moussa Bakir [le courtier favori de Kerviel, qui a touché 1,4 million d'euros de bonus au second semestre 2007], lui, n'est pas expert en psychologie mais il est bien plus malin, il évoque la "puissance Kerviel"".

Le vice-procureur relit ensuite le témoignage d'une ancienne petite amie de Kerviel qui travaillait aux service informatique de la banque : "c'est quelqu'un qui cache beaucoup de choses et qui ment. Par ailleurs il avait très confiance en lui, donc il a dû penser qu'il allait s'en tirer".

9h55 - Kerviel écoute attentivement le réquisitoire

(Suite du réquisitoire)

Le vice-procureur évoque les qualificatifs attribués au cours du procès aux positions prises par Kerviel : stratosphériques, inhumaines, folles, insoutenables (au plan cardiaque), irréelle, inimaginables, impensables. "Ceci dit, elles sont guerrières, ces positions, car elles sont de nature à détruire la banque sans enrichir leur auteur".

"Les systèmes de contrôle ne protégent pas contre des ennemis, ce n'est pas une veille militaire, ils servent à protéger contre des erreurs."

"La défense a cherché de quelle arme les contrôleurs disposaient pour occir les ennemis de la banque".

La confusion des mots de ce dossier entraîne la confusion des idées, qui entraîne la fraude.

"Il n'est pas écrit à l'entrée des salles de marché : "il est interdit de frauder", comme l'a dit M. Mianné."

La défense dit : "les contrôles n'ont pas fonctionné assez bien pour m'arrêter, donc je suis innocent".

"J'ai fermé la porte de mon appartement ce matin, mais même si je l'avais laissée ouverte un cambrioleur serait coupable du même délit".

Il rappelle que Kerviel n'était pas opposé à son "camp nourricier" quand il demandé un bonus de 600.000 euros fin 2007.

Il évoque Martial Rouyère, l'ancien N+2 de Kerviel, "épouvantablement manipulé" par le trader.

Vêtu d'un costume sombre et d'une chemise rose, Kerviel écoute en regardant l'orateur du coin de l'œil, prend quelques notes, et remet sa main sur son menton, puis son stylo dans sa bouche.

9h36 - Début du réquisitoire du vice-procureur

L'audience débute. Elle sera consacrée aux réquisitions du ministère public. La salle est loin d'être pleine.

Le vice-procureur, Philippe Bourion, commence par évoquer les parties civiles autres que la Société Générale, mais son micro ne marche que par intermittences, ou alors sa fougue l'empêche de parler bien en face. Le public fait des grimaces, et la presse proteste. Il estime que la position "extravagante" de Kerviel tient en une phrase : "je ne suis pas coupable puisque j'ai réussi à commettre les faits".

Il se cache derrière un mobile anodin : "faire gagner de l'argent à la banque", alors qu'il a fait en sorte de cacher cet argent.

Il évoque les positions spéculatives ouvertes à tous les vents des marchés, qui ont atteint 50 milliards d'euros en janvier 2008.

Il note que les chiffres ne sont pas contestés dans ce dossier, à la différence des mots. "Un mot, c'est une convention".

Il évoque l'"alliance objective" qui s'est nouée entre le ministère public et la victime. Il fait l'éloge de l'instruction "ciselée" de ce dossier "aride" en disant que "tout a été mis sur la table".

"Pas de brutalité directe dans l'action de Kerviel, ce n'est pas un braqueur, d'ailleurs il n'en a pas tiré profit".

Il procède plutôt par constriction, comme un anaconda. "Au début l'animal tient une partie de votre jambe, vous n'y faites pas trop attention - c'est l'épisode Allianz en 2005 - et ensuite il vous enserre et c'est trop tard."

Il évoque la "machinerie complexe" des systèmes de la banque, les collègues et les amis "trompés" par Kerviel.

Benjamin Jullien - 24/06/2010, 12:20  | 
|
Commentaires sur l'article

Pseudo :

Vous avez un commentaire à faire sur cet article ? Faites en part en remplissant le champ suivant :

> retour haut de page

  • Coique a écrit le 25/06/2010 à 14:35 :

    • "J'an interprété" ...lol donc ?

  • Phil a écrit le 25/06/2010 à 09:55 :

    • la SG a été négligente en ne mettant pas en place tous les moyens techniques et humains pour se prémunir de telles "attaques" internes. Il n'en reste pas moins que c'est la victime. La défense de Kerviel n'est pas convaincante. Il a détourné les moyens qu'il avait à sa disposition pour prendre des positions extravagantes et à mis en danger l'entreprise dans laquelle il exerçait. Il n'a jamais avoué ses motivations, malgré les perches lancées à plusieurs reprises. Ca reste le plus gros mystère de cette histoire. L'enquête n'a pas pu démontrer qu'il avait détourné de l'argent à son profit ou pour un tiers. Il s'est enfermé dans se défense - mais à réussi je crois - à démontrer le manque de contrôle de sa hiérarchie, et même son incompétence, qu'il entend faire passer pur un soutien passif. Toutefois le piège se referme sur lui : si sa hiérarchie était incompétente pour comprendre ce qu'il faisait, elle est innocentée également. Il n' y avait pas de soutien passif, mais bien seulement une ignorance des actes maquillés avec grand soin par Kerviel. Quelqu'un qui pique dans le caisse, et qui maquille ses actes et donc n'est pas pris, ne peut pas faire valoir qu'il avait l'assentiment de son patron? Quelle est la différence avec le cas présent ? Le vol me direz vous. Et c'est bien là le problème de la SG : il n'y a pas eu de vol, pas d'effraction, pas de menace, pas de chantage. Il a rentré des opérations fictives dans le système informatique, mais en se gardant bien de les valider? quelle loi l'empêche ? L'abus de confiance : au sens commun oui, mais au sens légal il ne me semble pas constitué. La dissipation des valeurs détournée n'est pas de son fait mais bien celui de la SG. Le préjudice est certain, mais l'intention n'est pas constituée car il a toujours dit qu'il entendait faire gagner plus d'argent à la banque et donc agir en son intérêt. Il reste le faux et usage de faux (dans son cas puni de 2 ans et 75000 euros d'amende, art 441-8 CP ?) A suivre !

  • deçu a écrit le 25/06/2010 à 08:23 :

    • de veil et metzner qui ont passe leur temps a s'envoyer des pics au lieu de poser les bonnes questions qui auraient permis d'avancer les debats,bravo à la cour qui a tout fait pour eclairer toutes les parties dans un dossier si technique ,un cours si interressant pour le public ,passionnant du fait de la cour mais pas des avocats a qui je dirai qu'ils faut laisser vos egaux de cotè quand il s'agit de la vie d'un homme!

  • Citoyenne a écrit le 25/06/2010 à 07:51 :

    • Tout à fait d'accord avec "enfaitpourquoi" : " c'est intentionnellement que le système a été crée en admettant une "certaine souplesse", pour sans doute permettre des engagements hors normes..." "il y a donc bien une responsabilité de la banque, ce qu'elle ne reconnaitre pas car ce serait au risque de désavouer tout un pan de sa hiérarchie, et aussi d'admettre utiliser, et ensuite révéler publiquement, des procédures informatisées non bornées que toutes les grandes banques d'investissement utilisent certainement en toute discrétion."

  • mezzomorte a écrit le 25/06/2010 à 06:48 :

    • Pas si complexa que çà::: Si la SG est responsable elle doit près de 2 milliards d'euro aux impôts s'ils font plonger Kerviel ils les économisent. A votre avis ?

  • enfaitpourquoi a écrit le 25/06/2010 à 03:28 :

    • Quoiqu'en dise le réquisitoire sur les fautes évidentes de JK, et ayant travaillé dans le département informatique de l''administration centrale d'une grande banque, il m'apparait tout à fait évident aussi que le système automatisé a permis ces débordements; les procédures apparaissent donc mal conçues au niveau des autorisations d'accès, des contrôles,... d'ailleurs ceci, n'importe quel informaticien qui conçoit un système informatisé pourrait le confirmer; en fait faire de nombreux tests à partir de jeux d'essai aussi tordus que possible, est une étape essentielle du travail des informaticiens qui modélisent les tâches informatiques, notamment les procédures homme-machine, comme on le dit; et je me souviens bien mon travail de dentelière à ce niveau en ce qui concernait l'application centrale d'arbitrage des devises.... ; si ce travail est mal fait, evidemment le système peut être fraudé... cependant je ne crois pas, mais pas du tout, à cette explication d'un mauvais système automatisé que les concepteurs de la SG auraient produit et validé... il y a tant de tests croisés, de contrôles de pilotage,...que les faiblesses en auraient été décelées bien avant son lancement. Il s'agit donc plutôt d'après moi, que c'est intentionnellement que le système a été crée en admettant une "certaine souplesse", pour sans doute permettre des engagements hors normes... d'autres part de nombreuses alertes automatiques ont dû se déclencher tant le total des engagements du département et de la banque était élevé; il aurait donc dû réveiller le management, qui n'est aussi jamais réduit à un seul chef, mais à une pyramide de chefs..... il y a donc bien une responsabilité de la banque, ce qu'elle ne reconnaitre pas car ce serait au risque de désavouer tout un pan de sa hiérarchie, et aussi d'admettre utiliser, et ensuite révéler publiquement, des procédures informatisées non bornées que toutes les grandes banques d'investissement utilisent certainement en toute discrétion. Un collègue de commentaire citait Vespasien pour l'affaire Bettencourt: ""Pecunia non olet !" l'argent n'a pas d'odeur... mais que cette citation s'applique bien ici aussi!

  • ordonez a écrit le 25/06/2010 à 02:57 :

    • Ce procès met en exergue une seule chose : Les banques pensent aux risques de marché mais ne pensent jamais au risque criminel de marché.....et donc sont démunies en termes de sécurité contre les risques criminels de marché....De ce point de vue là, "l'incident" mini crash de marché du 6 mai devrait être rapidement examiné !!!!!

  • Citoyenne a écrit le 24/06/2010 à 21:06 :

    • Je suis le procès depuis le début (merci au passage à la Tribune). J'ai été surprise par les remarques souvent très acerbes du Président à l?adresse de Kerviel et de ses défenseurs ainsi que par son manque de compréhension sur des points techniques parfois peu compliqués du dossier. Surprise aussi par le réquisitoire du Procureur, qui balaie d?un revers de manche les arguments souvent convaincants de la défense, et qui est quasi obséquieux envers la Société Générale. Surprise enfin et surtout, par le manque de connaissance du monde de l?entreprise, du Président et du Procureur. Les -4,9 G? de la SG, c'est pas à Kerviel (qui n'a rien dénoué en plus) qu?il faut les imputer, c'est à la politique RH de la SG, qui promeut des managers qui ne font pas remonter les problèmes, qui privilégie la rapidité d?exécution versus la conscience et le contrôle de la qualité du travail, qui n?aligne pas les moyens (sécurités informatique et des contrôles inopérantes, sous-effectifs?.) suffisants à la poursuite de ses activités risquées, par ailleurs illégitimes-à défaut d?être interdites- du point de vue de la Juste économie... La Société Générale est de fait, l?instigatrice passive de ce qui s?est passé. Ce n?est pas les traders qu?il faut dissuader, mais leurs employeurs !!!!!! Pour ce faire, 4 ans de prison seraient contre-productif. Une relaxe pour circonstances fortement atténuantes aurait beaucoup plus d?effet auprès des potentiels récidivistes et vrai responsables que sont les banques.

  • c vrai a écrit le 24/06/2010 à 19:25 :

    • ns sommes d'accord pourquoi mettre en prison J.Kerviel , vs allez lui briser sa vie .Il vs l"a dit il n'a pas fait cela pr de l'argent et sa hierarchie n'a pas ete competente pr l'empecher d'"aller de plus en plus loin ....ns sommes persuades qu'il n'est pas le SEUL COUPABLE : "LAISSEZ LE V I V R E " il s'est reconverti ce jour -et le manque de surveillance de la banque qu'en faites - vous ????

  • anna a écrit le 24/06/2010 à 19:22 :

    • ce type est un fraudeur, il utilisait des mots de passe des back office pour tromper son employeur!! il faut regarder les choses en face, on a un type malhonnete qui a mis en péril une banque et donc des milliers d'employés!! lorsque Nick Leeson a mis en faillite la Barings il y a 15 ans, bizarrement, tout le monde était contre lui. la, il semble qu'on oublie vite la malhonneteté et la megalomanie de kerviel pour accuser un système, c'est un peu facile...

  • interdire a écrit le 24/06/2010 à 19:15 :

    • interdire le trading et les salles de marche ,c'est tout ce que jerome kerviel doit etre sanctionne,surement pas de la prison,ce serait une grande injustice

  • odette a écrit le 24/06/2010 à 18:48 :

    • Ainsi Kerviel le supra trader mondial -n'ayons pas peur des mots risque la prison et en plus par un Bouton ! ne nous dites pas que dans les banques du monde entier il n'y a pas son(ses) homonyme qui sont utilisés justement par leur capacité à rendre de vrais services à leurs banquiers-employeurs !!! On le saura !!

  • Back Office a écrit le 24/06/2010 à 18:05 :

    • Kerviel est juste un jeune c... comme il y en a plein les salles de marché. Si on devait mettre en tôle tous les petits Mozard de la finance, qui se croient plus malins que les autres, on devrait fermer toutes les banques d'investissement.

  • Profits illégaux a écrit le 24/06/2010 à 17:59 :

    • Sur la bonne mine de ses dirigeants qui ont toujours eu, jusqu?ici, les bonnes grâces de la Justice, la SOCIETE GENERALE est une habituée des profits illégaux tant que cela rapporte gros et quelque soit le moyen, même illégal, pour y arriver. La présente affaire ne fait pas exception. Il est bien connu que la meilleure défense, c?est l?attaque et les dirigeants de la Banque n?y dérogent pas pour cacher leur incompétence. C?est l?arbre qui cache la forêt ! J. KERVIEL a pété un plomb, certes, mais le Tribunal ne peut pas mettre sur son dos les 4,9 milliards de pertes réclamées par la Banque que seuls ses dirigeants ont provoqué eux-mêmes par un manque de sang froid évident. Sa hiérarchie qui disposait d?outils nécessaires (mais non mis en place !) pour surveiller ses transactions ne l?a jamais arrêté dans son délire tant que cela rapportait gros malgré les alertes répétées. « babar », par sa démonstration professionnelle ci-dessus, semble tout a fait indiquer qu?une autre solution était possible pour limiter les pertes. C?est donc un manque de sang froid évident d?une hiérarchie totalement incompétente et dépassée par l?événement qui a vendu à tout va et pris seule les risques de pertes inconsidérées. Que peut-on reprocher à J. KERVIEL ? Une faute professionnelle sûrement qui aurait pu être arrêtée bien plus tôt et un licenciement à la clé mais il n?a rien à faire devant un Tribunal Correctionnelle puisqu?il est reconnu que les bénéfices colossaux qu?il faisait et attiraient manifestement l?attention de ses supérieurs hiérarchiques qui en profitaient allait bien à son employeur. Les dirigeants de la SOCIETE GENERALE ont l?audace de lui mettre sur le dos une perte énorme de 4,9 milliard qu?ils ont crée de toute pièce par un manque de sang froid évident alors qu?il est reconnu qu?il n?a jamais rien volé. Qui devait surveiller les salariés dans ces opérations risquées : les dirigeants. Qui prenait les décisions : les dirigeants. Qui prenait les risques de profits dans ces opérations très risquées ? La Banque - Alors, qu?elle assume aussi les pertes à défaut d?avoir su (ou voulu) encadrer correctement son salarié J. KERVIEL. Le Tribunal serait bien inspiré de réfléchir sur ce point avant de se prononcer.

  • Tader fusible a écrit le 24/06/2010 à 17:58 :

    • Ca ressemble énormément à de la justice politique ce truc. Le pousset s'en prend seul plein la figure. Personne n'est dupe. Si ça satisfait les chefs pas très doués qui le commandaient, tant mieux pour eux. Personnellement, ces gars là je ne les vois plus jamais travailler dans une banque sérieuse.

  • Et bien ! a écrit le 24/06/2010 à 17:50 :

    • A la limite, on prend moins de prison quand on tue quelqu'un. Ca va rimer à quoi de mettre 4 ans en prison ce type ? Le laisser en liberté va engendrer des risques pour la société ? On relache prestement des assassins, des fous furieux et des violeurs multirécidivistes. Il faut être un peu cohérent. Une bonne amende à hauteur des bonus qu'il s'est mis dans la poche dans le passé suffit largement.

  • Thomas F. a écrit le 24/06/2010 à 16:46 :

    • J'espère que Jerome Kerviel ne paiera pas pour la SG qui s'est plantée a la fois sur les subprimes, sur la surveillance prudentielle et sur la manière de déboucler!

  • 123 a écrit le 24/06/2010 à 16:32 :

    • comment condamner quelqu'un pour avoir cherché à faire gagner son employeur. il faut juger le système. kerviel doit être licencié sans droit. un procès est une aberation. aucun sou n'a profité à sa personne.

  • injuste a écrit le 24/06/2010 à 16:11 :

    • courage jerome!!j'espere que tu seras relaxè!il n'y a aucune raison que tu paies seul!ce serait si injuste

  • Un a écrit le 24/06/2010 à 16:09 :

    • En voici un condamné. On attend bien-sûr la suite, c'est à dire les autres responsables, les supérieurs, le système, et bien-sûr les réformes financières. Il y a eu d'autres fraudes de ce type, moins grosses : de nouveaux procès. ? Et j'ai beaucoup ri quand j'ai lu que les traders étaient rigoureux, etc. Je me suis souvenu de tous ces prèts à des gens dont on savait qu'ils ne pourraient pas rembourser, de tous ces produits titrisé remplis d'actifs RMBS pourris, de tous ces gens qui ont eu des bonus énormes pour les récompenser pour des opérations financières qui se sont révélées catastrophiques un peu plus tard et qui ont entrainé 2000 milliards de pertes dans les banques, aux frais des états.

  • julien125 a écrit le 24/06/2010 à 14:54 :

    • Bon courage Jerôme.

  • reagir a écrit le 24/06/2010 à 14:29 :

    • ON SE TROMPE DE COMBAT - LE REQUISITOIRE EST AVEUGLE ET INJUSTE - LES COUPABLES ET RESPONSABLES SONT CES MESSIEURS QUI ONT DEFINI LA STRATEGIE DE LA SG - QUI CONSISTE A FAIRE DU FRIC N'IMPORTE COMMENT MAIS EUX ONT ENCAISSE LEUR POGNON DONNE DES LECONS DE MORALE ET NE RENDENT PAS COMPTE DE LEUR ACTES

  • la suite a écrit le 24/06/2010 à 14:10 :

    • ben alors, pas de reprise de la session?

  • raf a écrit le 24/06/2010 à 13:37 :

    • la SG etait en train de se gaver avec ces pratiques que eux memes poussent a faire pour les chiffres. c'etait pas leurs interet d'ouvrir la bouche les gens comme kerviel c'est leurs poule au oeuf d'or. les controles et limites ne sont pas la parce qu'on ne les veut pas. on nous prent vraiment pour des connaux . . .

  • question a écrit le 24/06/2010 à 12:40 :

    • se sont ils poses la question,qui a gagne an face l'argent perdu par kerviel?une autre banque?d'autres epargnants?auquel n'ont ils pas l'obligation de verifier si le trader n'a pas outrepasser ses propres risques?c'est une obligation qui existe dans d'autres professions,n'est ce pas une des pistes a explorer par metzner!!

  • Babar a écrit le 24/06/2010 à 11:56 :

    • La position "irréaliste de kerviel" ne laissait pas d'autre choix. dans ce type de hedge le risque est = 0 donc quelque soit la somme l'opération est blanche. avec gains possible à la clef.

  • requisitoire a écrit le 24/06/2010 à 11:37 :

    • tres lourd, a vous metzner, il faudra etre convainquant ,precis,developper les points stategiques de votre defense,je vous fais confiance,la vie d'un homme est en jeu!

  • @ babar a écrit le 24/06/2010 à 11:37 :

    • hedger pour un nominal de 50 milliards??? pas vraiment réaliste non?

  • babar a écrit le 24/06/2010 à 10:15 :

    • On parle de la perte mais pas de la manière dont a été déboucler la position perdante de kerviel sur le marché des futures. A aucun moment et c'est bien dommage. Apperemment ça s'est fait en catastrophe. SG des professionnels? Avec un peu de sang froid et de reflexion voila ce qui aurait pu se passer. Vous apprennez qu'un de vos trader à une position enorme sur les marchés des futures. Mauvaise position. Que faire débouclez sans réfléchir ni regarder les conditions de marchés. si oui vous matérialisez la perte. Vous tenez la position en priant trés fort. Vous risquez d'ugmenter la perte. Quoi faire? Oh miracle il existe le hedging. La couverture. Vous passez amors une position du m^me montant sur les marchés mais inverse à la position initiale.Le risque est maitrisé. Vous sortez ensuite partiellement vos positions en fonction de l'évolution de marché. Et vous gagnez de l'argent. Autre possibilité. Vous engagez une position égale mais bien moindre en terme de capital inversti sur les devises ( effet de levier 400) pour neutralisez vos pertes sur les futures et gagnez de l'argent. Mais comme se sont de grands professionnels du n'importe quoi ils ont débouclé la position n'importe comment un jour de fermeture des marchés us qui plus est. Kerviel est coupable d'avoir pété un plomb et la SG de tout le reste....

  • lectrice a écrit le 24/06/2010 à 09:26 :

    • Un article qui ne fait pas avancer intelligemment le débat sur les responsabilités (d'un système ? d'un jeune "loup" ambitieux ? ou des deux ?). Bref, de l'information qui n'informe pas. Relisez-vous avant de publier sur le net. Une incohérence dans le texte. Si pressé de devoir produire ? On dirait la version télévisée d'une célèbre émission faisant ses choux gras des procès à sensation. Bref, du journalisme ? Prenons un peu de hauteur...ou restons neutres. Nous aussi, on veut réfléchir. Un intérêt toutefois à ce genre d'article : les commentaires qu'il suscite. Si information il y a, c'est surtout sur (toutes proportions gardées), l'opinion publique, ou du moins de ceux qui s'expriment. Pas mal, mais pas suffisant.

  • le climat a écrit le 24/06/2010 à 09:01 :

    • de confiance et de bonne foi dans lequel la banque a laisse Kerviel corriger ses erreurs - CA VEUT BIEN DIRE QU ELLE SAVAIT , NON ?

  • babar a écrit le 24/06/2010 à 09:01 :

    • les uns et les autres parle de Kerviel au procés en terme d'escroc, de terroristes etc... un accusé n'est il pas présumé innocent ?... Drole de justice.

  • babar a écrit le 24/06/2010 à 08:58 :

    • Il est trés étonnant de constater que le site boursorama ne se prive pas dde suivre houps rectification d'enfoncer Kerviel autant qu'il est possible de le faire pas étonnat car boursorama c'est SG. Au fait à qui profite vraiment l'absence de contrôle...à qui à profiter la grosse boulette de Kerviel. Sur le marché des futures qui est un marché de gré à gré quelqu'un a rafle le pactole..donc qui chez SG avait intérêt à ce qu'on laisse faire Kerviel?

  • de toute façon a écrit le 24/06/2010 à 08:49 :

    • avec un superieur comme eric Cordelle qui etait d'une incompetence incroyable (qui d'ailleurs a ete licencie) c'est evident qu'il ne surveillait rien et ne connaissait pas son metier .Pourquoi est -il a ce poste la ça !!!!!!!

  • Vous ns ne ferez a écrit le 24/06/2010 à 08:45 :

    • pas croire que la societe generale n'etait pas au courant !!!! elle aurait du le stopper avt que cela ne devienne une drogue pour lui et une catastrophe pr les actionnaires aussi .

> Retour haut de page

Pied de page :