Brexit : Londres reste la place financière n°1 malgré les incertitudes

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Le quartier financier de Londres à Canary Wharf n'a pas encore connu de défections majeures. Le siège de l'Autorité bancaire européenne (EBA), au centre, doit être transféré dans un pays de l'Union européenne après la sortie du Royaume-Uni.
Le quartier financier de Londres à Canary Wharf n'a pas encore connu de défections majeures. Le siège de l'Autorité bancaire européenne (EBA), au centre, doit être transféré dans un pays de l'Union européenne après la sortie du Royaume-Uni. (Crédits : TOBY MELVILLE)
La City demeure devant Wall Street, Paris progresse de trois places mais n'est que 26e quand Francfort est 11e selon le dernier classement GFCI. Les banques n'ont pas délocalisé massivement et les effets de la sortie de l'UE se feront sentir plus tard.

Si les Cassandre prédisent que la City ne peut "que stagner ou décliner" après le Brexit, pour l'instant Londres continue de surclasser toutes les autres places financières. La dernière édition de l'indice des centres financiers mondiaux  (Global Financial Centres Index), publié par le think tank britannique Z/Yen depuis dix ans, place à nouveau Londres en tête, devant New York, avec laquelle la capitale du Royaume-Uni creuse l'écart. Aucune autre place de l'Union européenne n'atteint le Top 10 (Zurich est neuvième).

"En dépit des négociations en cours sur le Brexit, il est intéressant de noter que Londres n'a cédé que deux points, le recul le plus faible au sein des dix premiers centres financiers", souligne le cabinet.

La chute de 24 points de New York (à un score de 756 points) s'expliquerait principalement par "les craintes sur le commerce aux Etats-Unis", en référence aux menaces de Donald Trump de remettre en cause certains accords internationaux.

Il est un peu tôt pour que les effets de la sortie du Royaume-Uni de l'UE soient visibles : la City n'a encore subi aucune défection de grandes banques, il n'y a pas eu de "Brexodus". Plusieurs plans ont été annoncés, des relocalisations de quelques centaines de personnes. Le siège de l'Autorité bancaire européenne (EBA) doit être transféré dans un pays de l'Union européenne après le Brexit : Paris est une des huit villes sur les rangs.

Classement GFCI Londres Paris Brexit

Francfort, star de la zone euro

Ce classement, qui fait référence même s'il laisse perplexes certains universitaires, compile des mesures quantitatives issues de la Banque mondiale, l'OCDE, les Nations unies et le centre de recherche de The Economist, ainsi que les réponses à un questionnaire en ligne mondial, le tout pour évaluer la compétitivité des places financières (les réponses des financiers nationaux sont exclues pour éviter le "biais domestique").

Plébiscitée par les banques, notamment américaines, qui envisagent de délocaliser des emplois de Londres après la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, Francfort confirme son statut de la star de la zone euro. La ville allemande a gagné 12 places par rapport au précédent classement de mars dernier pour se hisser au onzième rang, dépassant ainsi Luxembourg. La France a progressé de trois places mais n'est que 26e, devant tout de même Dublin et Amsterdam.

Il reste donc du travail pour Paris Europlace, l'organisation chargée de défendre l'attractivité de la place financière, et le Premier ministre Edouard Philippe, qui a annoncé début juillet une série de mesures destinées à améliorer l'image de la France auprès des acteurs de la finance et martelé sa volonté "que Paris devienne le nouveau premier centre financier européen après le Brexit".

"Francfort, Dublin, Paris et Amsterdam ont progressé dans le classement, mais Zurich, Genève et Luxembourg ont chuté. Les évaluations globales des centres financiers européens continuent de fluctuer au gré des spéculations sur les centres susceptibles de profiter de la sortie de Londres de l'UE", analyse le rapport.

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Commentaires
a écrit le 12/09/2017 à 13:43 :
Intéressant de lire dans votre article que ce classement est fait par des ....anglais ! Encore un exemple de leur fair play .
a écrit le 12/09/2017 à 12:33 :
Rome ne s'est pas construite en 1 jour, Londres non plus. Ce niveau d'expertise nécessite de nombreuses années d'expérience et les autres ne sont tout simplement pas à la hauteur pour l'instant :-)
a écrit le 12/09/2017 à 11:49 :
Il faut tout de même réunir beaucoup de critères pour devenir une place financière internationale. Les Anglais y travaillent depuis des décennies, sont passés par beaucoup de sacrifices et par la déréglementation massive en 1986 à l’époque de Thatcher. Je ne crois pas que l’on en soit arrivé à ce niveau de libéralisme en France.

Plus de 400000 personnes travaillent dans le secteur financier à Londres. Une expertise qu’il sera difficile de faire migrer, même si ce sont déjà à l’origine essentiellement des immigrés. D'ailleurs après le Brexit, le risque de l’arrêt de l’immigration sur l’économique britannique est tel que les dirigeants prônent une longue période d’adaptation et une « restriction très graduelle de l'immigration ».
Alors même que l’argument du Brexit fut que « les immigrés coûtent trop cher aux Britanniques ». Cherchez l'erreur. A noter que 300.000 Français vivent au Royaume-Uni et Londres a été nommée 6e ville de France. Il parait « que c’est toujours pareil avec les immigrés, ils y vont pour vivre des allocations familiales et du chômage ? pendant que l’Anglais lui se lève tôt pour aller travailler »…

Autre critère important, surtout pour le Trading Haute Fréquence (, les serveurs, les data centers, les infrastructures réseau et notamment la liaison Londres-NewYork est très performante grâce à un câble optique transatlantique (http://www.captaineconomics.fr/-trading-haute-frequence-a-la-recherche-de-la-vitesse-de-la-lumiere).
D’ailleurs si l’on regarde le nombre de liaisons (https://www.submarinecablemap.com/ ou http://www.cablemap.info/) qui passent par la grande Bretagne, on se rend compte que c’est devenu un véritable HUB, alors que la France ou l’Allemagne …
Dans le domaine des liaisons réseaux entre continents cela évolue très vite et chacun veut déployer sa propre liaison fibre optique (reportage Arte 20 000 câbles sous les mers).
a écrit le 11/09/2017 à 22:20 :
Que du pipo désinformation depuis le début du brexit .les médias au service du pouvoir en France . l'Europe ne sert à rien mais bon il faut faire comme ...
a écrit le 11/09/2017 à 17:58 :
Pour l'instant, rien n'a bougé au niveau du brexit, les financiers comme les industriels sont dans l'expectative donc rien d'anormal. Tout dépend des résultats des négociations entre le R.U et l'union européenne.
a écrit le 11/09/2017 à 17:35 :
mais ou sont donc la peste et le choléra promis lors du brexit ?
Réponse de le 11/09/2017 à 18:44 :
Il a eu lieu quand le brexit ? Pour l'instant rien n'a changé. Revenez le commenter quand il sera effectif, pas avant un bon moment à mon avis.
a écrit le 11/09/2017 à 17:07 :
La sortie du Brexit est réelle mais pas les modalités. L'ensemble des acteurs industriels et financiers sont dans l'attente pas de précipitation et les acteurs de la City sont certains!!que Mme May fera tout pour que Londres reste N°1 mais cette certitude pourrait être malmenée si l'Union frappe fort sur les transactions hors Union. Rien n'est joué. Les acteurs industriels seront plus vite à quelle sauce sera le Brexit car pour eux le marché est principalement européen ce qui n'est pas vrai pour la finance
a écrit le 11/09/2017 à 17:01 :
Ouf ! On a eu très peur!
a écrit le 11/09/2017 à 16:50 :
Merci infiniment.

Et pourtant si on se cantonnait à tout ce que nous ont affirmé nos médias, dont même les spécialistes comme la tribune et les échos, on aurait largement pu croire que la City était tombée au niveau du Nicaragua en matière d'affaires financières. Un idéologue ne peut pas faire un bon journaliste.

En les écoutant j'imaginais les financiers évacuer le RU dans le chaos par bateau avion et eurotunnel, ah non c'est vrai ils n'aiment pas le train les financiers en général, faisant un bras d'honneur à leur ancienne patrie les ayant lâchement abandonné et se précipitant vers la salvatrice allemagne. Et bien pas du tout nous voici rassuré mais par contre c'est une très mauvaise nouvelle pour le peuple anglais.

J'espère que vous nous ferez le même bilan dans 6 mois et ça m'étonnerait que malgré les prêcheurs et autres inquisiteurs les choses aient beaucoup évolué.
Réponse de le 11/09/2017 à 18:46 :
Le Brexit n'a pas encore eu lieu que je sache. Comment pouvez-vous affirmer qu'il s'est bien passé et n'a eu aucune conséquence, bonne ou mauvaise d'ailleurs ?
Mais je vous rejoins au moins sur un point, dans 6 mois on sera encore au même point : toujours pas de Brexit.
Réponse de le 11/09/2017 à 19:40 :
"Le Brexit n'a pas encore eu lieu que je sache"

Ben oui c'est exactement ce que je disais dans mes commentaires sous chaque article qui prévoyait la fin du monde pour l’Angleterre.

Allez c'est bon on vous voit.

Sachez que le moins rassurant dans tout ça c'est de vous voir nier toutes vos paroles en l'air...

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