Société Générale se voit en « rampe de lancement » des startups

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« Société Générale est une banque connectée à l'écosystème. Si on fait le compte de nos investissements, en direct, dans des fonds, des incubateurs, des écoles comme celle de code 42 ou des chaires, notre encours est de 70 millions d'euros », fait valoir Laurent Goutard, le responsable de la banque de détail en France.
« Société Générale est une banque connectée à l'écosystème. Si on fait le compte de nos investissements, en direct, dans des fonds, des incubateurs, des écoles comme celle de code 42 ou des chaires, notre encours est de 70 millions d'euros », fait valoir Laurent Goutard, le responsable de la banque de détail en France. (Crédits : SG)
La banque au carré rouge et noir, qui revendique 2.000 jeunes pousses clientes, lance un dispositif national d’accompagnement avec 150 conseillers labellisés dans 80 villes. Elle signe un partenariat avec la BPI et compte investir plusieurs millions d’euros dans des accélérateurs locaux.

Source d'inspiration, partenaires ou cibles d'acquisition, les startups sont l'objet de toutes les attentions des banques qui espèrent détecter les champions de demain et les futurs Xavier Niel, entrepreneurs à succès dont elles pourraient gérer la fortune. Après BNP Paribas et HSBC, la Société Générale dévoile un dispositif d'accompagnement pour faire grandir les jeunes pousses ainsi qu'une offre dédiée à cette clientèle à fort potentiel. Elle lance un « Welcome pack startup » à 49 euros par mois, un compte entreprise de banque au quotidien, incluant une carte affaires, les virements internationaux, les frais de tenue de compte et un bilan patrimonial. Surtout, elle va mettre en place 150 conseillers référents dans ses centres d'affaires dans 80 villes en France, formés à « l'esprit startup », pour bien comprendre les besoins spécifiques des créateurs de jeunes entreprises.

La Société Générale va aussi renforcer sa présence dans les pôles d'innovation, en travaillant avec 50 incubateurs de premier plan (contre une vingtaine actuellement), et investir « plusieurs millions d'euros » dans des accélérateurs locaux. A cette fin, la banque va signer un partenariat avec Bpifrance (c'est la deuxième à le faire, après BNP en 2015).

« On ne va pas transformer la Société Générale en startup mais on peut insuffler un peu plus d'esprit startup, partout dans la banque, dans le réseau », confie à La Tribune Laurent Goutard, le directeur général de la banque de détail en France à la SG.

« Nous souhaitons être une rampe de lancement pour les startups et accompagner 500 pépites sur tout le territoire d'ici à 2020. Nous ne partons pas d'un terrain vierge : nous sommes la banque numéro un des étudiants et nous avons déjà 2.000 startups clientes », insiste-t-il.

Société Générale startup French tech

[En gris les implantations des conseillers référents startups de la Société Générale, en rose les métropoles French Tech. Crédits : SG]



Du développement à l'introduction en Bourse


BNP Paribas revendique le titre de « première banque des startups » avec un nombre similaire de jeunes pousses françaises clientes, qu'elle espère voir doubler d'ici à 2020, et pour lesquelles elle a mis en place 70 chargés d'affaires référents.

Le problème reste de s'accorder sur la définition du terme imprécis et galvaudé de startup. Ce que la Soc Gen appelle, de façon un peu emphatique, des « pépites » sont de jeunes pousses ayant déjà réalisé un tour de table (modeste) de 300.000 euros, accompagnées par un accélérateur phare ou un fonds de capital-risque, et dont les fondateurs ont un profil de type jeune diplômé de grandes écoles ou ayant déjà l'expérience de la création d'entreprises. Société Générale dit en avoir identifié 200 parmi ses clients dans la banque de détail (sur un portefeuille d'environ 85.000 entreprises et 500.000 professionnels).

« Le sujet n'est pas d'être la première ou deuxième banque des startups, balaie Laurent Goutard. Société Générale est une banque connectée à l'écosystème. Si on fait le compte de nos investissements, en direct, dans des fonds, des incubateurs, des écoles comme celle de code 42 ou des chaires, notre encours est de 70 millions d'euros. »

« Nous sommes une banque reconnue et identifiée par les startups et je suis convaincu qu'aucune banque n'a accompagné autant d'entreprises jusqu'à l'introduction en Bourse comme nous. Je peux citer l'exemple de Criteo, de Showroomprivé, et de beaucoup de biotechs et medtechs moins connues. »

SG startup IPO

[Les entreprises accompagnées pour leur entrée en Bourse. Crédits : SG]

La banque de La Défense, qui s'est installée au méga campus Station F (comme la BNP), affirme avoir « l'ambition d'être le partenaire privilégié des entreprises innovantes » afin de les aider à croître « dans toutes les phases de leur développement ». Elle met en avant sa gamme de services allant du paiement à la gestion de trésorerie, ses salles de marché en province, son expertise en levées de fonds ou en immobilier d'entreprise.

En revanche, pas d'annonce sur une éventuelle enveloppe de crédits ou d'investissements directs dans les startups. Le directeur général, Frédéric Oudéa, qui présentera aux investisseurs le nouveau plan stratégique du groupe le 28 novembre prochain, devrait afficher « une ambition très forte » en la matière, selon une source interne.

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