Protection de l'environnement : les entreprises dépensent moins

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Près de 40% des investissements antipollution visent à éviter ou à limiter les effets de l’activité sur la qualité de l’air (337 millions d’euros) ou, via les émissions de gaz à effet de serre, sur l’équilibre du climat (182 millions d’euros).
Près de 40% des investissements antipollution visent à éviter ou à limiter les effets de l’activité sur la qualité de l’air (337 millions d’euros) ou, via les émissions de gaz à effet de serre, sur l’équilibre du climat (182 millions d’euros). (Crédits : Philippe Wojazer)
[Graphiques] La diminution des dépenses des entreprises en faveur de l'environnement depuis 2012 pourrait accroître les difficultés pour atteindre les objectifs de réduction du dioxyde de carbone.

Les entreprises industrielles ont consacré 1,6 milliard d'euros à des investissements ou des études pour protéger l'environnement en 2015. Si le chiffre peut paraître élevé, il est en légère baisse par rapport à 2014 (-1%) selon des chiffres publiés par l'Insee ce lundi 11 septembre. A l'heure où les cyclones se multiplient dans les Caraïbes ou en Floride, la protection de l'environnement semble de moins en moins prioritaire au vue de l'évolution des sommes investies par l'industrie française et le secteur de l'énergie.

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Recul des investissements

D'après l'institut de statistiques, la taille de l'entreprise joue énormément sur le poids des montants investis. Sur l'ensemble des établissements industriels employant 20 salariés ou plus, seulement 40% ont réalisé des investissements ou des études pour protéger l'environnement. En revanche, près de 90% des établissements de 500 salariés ou plus ont engagé de telles dépenses antipollution. A l'inverse, seulement 26 % des établissements de 20 à 49 salariés ont engagé des dépenses en faveur de l'environnement.

Sur les sommes engagées, les investissements antipollution représentent la grande majorité des dépenses (83%, soit 1,3 milliard d'euros). Ces dernières sont en baisse régulière depuis 2012 passant de 1,4 million d'euros à 1,337 million d'euros sur la période 2012-2015. En ce qui concerne les montants consacrés aux études, ils sont quasiment stables depuis 2014 .

 Champ : à partir de 2012 : France, industries extractive et manufacturière (y compris artisanat commercial) et énergie, établissements de 20 salariés ou plus; - avant 2012 : France, industries extractive (hors extractions de houille et d'hydrocarbures) et manufacturière (hors artisanat commercial), établissements de 20 salariés ou plus.

Les investissements "spécifiques", à savoir l'achat de matériels entièrement dédiés à la protection de l'environnement, représentent 86% des montants investis, loin devant les investissements "intégrés" (14%), qui correspondent aux surcoûts liés à l'intégration dans l'outil de production de produits ou procédés moins polluants.

Par ailleurs, quatre secteurs concentrent plus de 70% des dépenses : l'énergie (391 millions d'euros), la métallurgie (275 millions d'euros), les industries agroalimentaires (260 millions d'euros) et la chimie (215 millions d'euros).

La qualité de l'air au centre des priorités

En 2015, une grande partie des dépenses des industriels en matière d'environnement concerne la protection de l'air avec 337 millions d'euros. Le traitement des eaux usées (251 millions d'euros) et la limitation des gaz à effet de serre (182 millions d'euros) constituent les deux autres domaines prioritaires.

Champ : France, industries extractive et manufacturière (y compris artisanat commercial) et énergie,établissements de 20 salariés ou plus.

Dans le cadre de la loi de transition énergétique de 2015, l'Etat a fixé l'objectif de baisser de 40% les émissions de gaz à effet de serre, par rapport au niveau de 1990. C'est pourquoi l'industrie dépense autant de millions à limiter les émissions de CO2. Mais les objectifs pourraient être difficilement tenables si les entreprises ne font pas plus d'efforts en faveur de l'environnement.

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(*)Les données sont issues de l'enquête annuelle sur les investissements pour protéger l'environnement (Antipol) ; celle-ci porte sur les investissements dans des matériels entièrement dédiés à la protection de l'environnement, ainsi que dans des achats d'équipements de production plus performants en matière environnementale.

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Commentaires
a écrit le 12/09/2017 à 9:28 :
Et ce n'est pas étonnant! Cela fait presque 50 ans que nous avons connu la première crise de l'énergie mais seulement 10 à 20 ans que journalistes et politiques l'ont découvert à propos du réchauffement climatique. Cela fait donc presque 50 ans que les ingénieurs ont optimisé les investissements pour minimiser les coûts énergétiques et maximiser les profits(oui citoyen blasé vous avez raison mais c'est déjà dans les profits depuis longtemps). Il arrive donc un moment ou les progrès sont de plus en plus difficiles.Comme le souligne l'auteur c'est bien les industries électro -intensives qui investissent dans le domaine.
a écrit le 12/09/2017 à 9:08 :
Les actionnaires milliardaires deviennent de plus en plus gourmands, la part des investissements ne cesse de diminuer cédant la place aux dividendes. ALors non seulement ils extorquent les états avec la complicité de leurs politiciens mais en plus ils stock cet argent dans des paradis fiscaux qui ne profitent à personne et donc pas à l'économie réelle.

Tout le monde le voit, tout le monde le sait mais comme nous sommes en oligarchie tout le monde se tait.

"Distribution de dividendes : toujours plus !" http://www.latribune.fr/entreprises-finance/distribution-de-dividendes-toujours-plus-593518.html

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