Coup d’accélérateur pour la voiture électrique

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Et si les mentalités étaient vraiment « en train de changer » ?
Et si les mentalités étaient vraiment « en train de changer » ? (Crédits : © Dmitry Vereshchagin - Fotolia.com)
Longtemps fébriles, les ventes de voitures électriques en France ont connu des croissances à deux chiffres en 2015 et sur le début de l’année 2016. Cela alors même que les prix du pétrole restent bas.

Et si les mentalités étaient vraiment « en train de changer » ? C'est en tout cas l'analyse du président de l'association nationale pour le développement de la mobilité électrique (Avere), Joseph Beretta, à la lecture des chiffres de ventes de voitures électriques en France pour 2015. A son échelle, encore petite (à peine 1% du total des immatriculations l'an dernier), le marché a en effet connu un sacré coup d'accélérateur, avec 17 266 unités vendues (+ 64%). Une tendance confirmée sur les deux premiers mois de 2016 (+ 85% en janvier, + 68% en février), alors que le prix des carburants reste bas (1,02 euro pour un litre de gazole, 1,24 euro pour un litre de sans plomb 95*). « Cela montre les efforts faits pour favoriser la mobilité électrique, qu'il s'agisse de l'information, de la visibilité des infrastructures ou des avantages financiers accordés », commente Joseph Beretta.

L'argument du porte-monnaie est également redoutable. Le « superbonus » de 10 000 euros consenti aux acheteurs en échange de leur véhicule diesel de plus de dix ans (quinze ans auparavant) a joué à plein. D'autant que le prix reste, selon le président de l'Avere, le premier frein à l'achat. « Le superbonus a fait passer la proportion de voitures électriques vendues aux particuliers de 30% à plus de 60%, puisque 10 000 euros, c'est quasiment l'écart de prix qui sépare un véhicule électrique d'un véhicule thermique. »

Une percée hors de la ville

Les constructeurs ont eux aussi œuvré à l'obtention de ces bons chiffres, avec des voitures au design plus avenant et des performances qui s'améliorent. Et, à en croire certains, ce n'est pas fini. « Les constructeurs annoncent d'ici deux ans une autonomie réelle pour les véhicules qui passera de 200 à 250 kilomètres contre 120 à 150 kilomètres actuellement », rapporte Joseph Beretta.

Des atouts qui, assure-t-on du côté de l'Avere, concourent à diffuser la mobilité électrique à travers champs. Loin du cadre des grandes agglomérations et de leurs déplacements courts. « Les chiffres démontrent qu'elle s'est beaucoup développée en milieux périurbain et rural, où elle gagne de l'intérêt avec les nombreuses fermetures de stations-essence, explique l'association. L'installation des prises de recharge y est aussi plus simple qu'en milieu urbain dense. »

Reste encore du chemin avant d'installer durablement la voiture électrique dans le paysage automobile français. Environ 10 000 bornes publiques sont installées dans le pays. « Il faut poursuivre le développement des ces bornes autant que l'effort d'aides financières à l'achat, tant que le volume de ventes n'est pas suffisant pour faire sans », détaille Joseph Beretta. Qui croit en un avenir tout-électrique, d'abord sur les déplacements courts, puis sur les longues distances, « avec des piles à combustible ». Mais la route est encore longue.

*Prix moyens constatés en France au 19/02/2016, source Ufip.

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Commentaires
a écrit le 18/03/2016 à 14:03 :
@ alainb : même si votre raisonnement est en partie correct il ne prend pas en compte certaines caractéristiques propres aux véhicules électriques : 1-le véhicule électrique ne produit pas d’émissions polluantes et donc contribue fortement à un air dépollué en ville, la pollution se trouve certes décalée sur le lieu de production de l'électricité mais c'est toujours ça de pris. 2- la pollution sonore est diminuée tout autant 3- l'entretien est réduit et il n'y a pas de fuites ni de vidanges d'huiles très polluantes 4- l'efficacité énergétique est supérieure à 80 % sur un véhicule électrique on ne perd pas une bonne partie de l'énergie sous forme thermique !
Et enfin , compte tenu des progrès, les énergies renouvelables sont capables de recharger les VE sans aucune pollution.
Réponse de le 25/03/2016 à 8:34 :
Vu sous cet angle, je pense que l'on a fait la synthèse des avantages et inconvénients. La balance pencherait plutôt pour la voiture électrique. Seul point noir restant étant la batterie pour laquelle il faut des matériaux qui sont polluants au moment de l'extraction, difficiles à recycler et qui sont limités dans la nature ( ce que l'on appelle les terres rares).
a écrit le 14/03/2016 à 12:28 :
L'électricité de la voiture électrique n'est que le sous-produit d'une autre énergie. En France la voiture dite "électrique" est en fait une voiture nucléaire à 75% ( 75% de l'électricité est d'origine nucléaire en France.)
En Chine une voiture électrique est en fait une voiture à charbon ( l'éléctricité chinoise est produite dans des centrales à charbon). Donc une voiture électrique (produit par le charbon) est plus polluante en Chine qu'une voiture à essence.
Réponse de le 20/03/2016 à 18:47 :
Quand on ne connait rien à un sujet, il vaut mieux éviter de dire n'importe quoi...
Réponse de le 24/03/2016 à 22:01 :
En chine il y a une grosse différence car la pollution en centre ville due aux vehicules essence se concentre a tel pont que l'air devient irrespirable, et forme un brouillard qui occulte le soleil ! Pour la chine la voiture electrique est une veritable aubaine, pour les delivrer de cet enfer ! Meme si l'électricité est produite essentiellement par du charbon, les centrales utilisant ce combustible fossile ne sont pas concentrees en un meme point !
En France l'utilisateur d'un vehicule electrique a le choix de se fournir chez un vendeur qui garanti une production d'origine renouvellable ( par exemple en se rechargeant sur les bornes Sodetrel ou CNr ) aussi affirmer que la voiture electrique est a 75% nucleaire est inexact !

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