Fifa : le polémique Cheikh Salman veut séparer foot et business

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Le candidat barheïni à la présidence de la Fifa a fait des propositions choc pour stopper les affaires de corruption, mais se trouve lui-même accusé d'avoir participé à la répression des manifestations anti-régime dans son propre pays en 2011.
Le candidat barheïni à la présidence de la Fifa a fait des propositions choc pour stopper les affaires de corruption, mais se trouve lui-même accusé d'avoir participé à la répression des manifestations anti-régime dans son propre pays en 2011. (Crédits : Bazuki Muhammad/Reuters)
Le candidat barheïni à la présidence de la Fifa propose de créer deux entités distinctes: la "Fifa football" et la "Fifa business". Mais sa candidature pourrait être mise à mal par les accusations que lui portent plusieurs ONG, pour son rôle supposé dans la répression des manifestations anti-régime de 2011 dans son propre pays.

Assainir la Fifa après les scandales. Telle est la volonté de Cheikh Salman, cinquième candidat bahreïni à la présidence de l'instance suprême du football, après l'éviction retentissante du président de l'UEFA Michel Platini. Pour ce faire, le Cheikh Salman a lancé jeudi sa plateforme de campagne avec pour proposition phare une séparation de la Fifa en deux entités, l'une chargée de gérer le foot, l'autre l'aspect financier du sport. Pour l'actuel président de la Confédération asiatique (AFC), la "Fifa football" aurait pour mission de gérer les compétitions internationales portant le label Fifa (Coupe du monde, Coupe du monde des clubs, etc.). La "Fifa business" serait elle chargée de toutes les questions de financement, de marketing, de sponsoring, de droits télé, etc.

"C'est uniquement en séparant strictement l'origine des fonds et en supervisant chaque dépense que nous pourrons garantir la renaissance d'une nouvelle Fifa qui rende réellement des comptes et qui soit digne du respect de chacun", a affirmé Cheikh Salman, dans un communiqué annonçant le lancement de cette plateforme et d'un site internet dédié, www.shaikhsalman.org .

"Rien de moins qu'une refonte complète"

Pour restaurer l'image de la Fifa, écornée par les scandales de corruption, Cheikh Salman (49 ans), premier des cinq candidats encore en lice à avoir lancé sa plateforme de campagne, propose également la refonte complète de l'organisation de l'instance mondiale et le recrutement d'experts extérieurs au monde du football.

"La Fifa doit être restructurée du sommet à la base dans le but de remédier à ses maux actuels. Rien de moins qu'une refonte complète et l'introduction de mécanismes de contrôle stricts pour nous permettre de redonner à la Fifa son intégrité", a-t-il expliqué.

Une crédibilité mise à mal

Cheikh Salman, qui s'est engagé à ne pas toucher de salaire s'il est élu et à mettre davantage de transparence dans le rapport d'activité annuel par exemple, a également promis de trancher avec le mode de management du président démissionnaire, Sepp Blatter, sans toutefois le nommer. Ce membre éminent de la famille royale du Bahreïn, pourrait toutefois se trouver décrédibilisé par les accusations dont il fait l'objet, plus de nature politique que financière.

En effet, Cheikh Salman est vivement critiqué depuis l'officialisation de sa candidature, par les organisations de défense des Droits de l'Homme pour son rôle, qu'il réfute, dans la répression du soulèvement démocratique de 2011.  À l'époque, six joueurs de l'équipe nationale de Barheïn avaient été détenus pour leur soutien affiché aux manifestations antirégime, et n'ont jamais réintégré l'équipe. Cheikh Salman, qui était encore à la tête de la fédération de football du Bahreïn, est accusé par les ONG d'avoir participé à la répression contre ces sportifs. Il a toujours démenti ces propos qu'il considère comme des "mensonges obscènes" qui "nuisent à [son] image, mais aussi à celle de [son] pays", et répondent à un "agenda". Les ONG, notamment Human Rights Watch et la BIRD (Institut bahreïnien pour les droits et la démocratie, situé à Londres) continuent de l'accuser. En 2013, la Fifa avait classé sans suite les charges à l'encontre de Cheikh Salman.

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Commentaires
a écrit le 02/01/2016 à 12:38 :
la tache du nouveau president de la fifa s annonce colossale pour recredibliser son organisation et remettre a leur place tous les milieux financiers qui gravitent autour du football et des joueurs.pour etre plus precis je suis totalement desabuse et meme ecoeure
par les pratiques salariales en angleterre, en espagne, en italie.... avec en paralleles des prix de places dans les stades de plus en plus eleves....peut-on toujours dire que le football est un sport populaire et qu aller voir des matches est a la portee du plus grand nombre?

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