Air France-KLM : le Pdg demande de nouveaux efforts aux salariés

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(Crédits : © John Schults / Reuters)
Pour pouvoir combler le fossé de compétitivité avec ses concurrents et pour financer la croissance, Alexandre de Juniac demande de nouveaux gains de productivité au personnel.

L'annonce des bons résultats d'Air France-KLM fait bondir le cours de Bourse du groupe de plus de 10% ce jeudi. Les investisseurs ont visiblement apprécié des résultats meilleurs que prévu par les analystes. Il faut dire, le consensus des analystes financiers était extrêmement bas puisqu'il tablait sur un bénéfice de 661 millions d'euros de bénéfice d'exploitation en 2015, largement en retrait par rapport aux 816 millions réalisés. Ceci alors que depuis octobre plusieurs articles de presse ont maintes fois donné la tendance.

Baisse de la facture carburant

La performance d'Air France-KLM va encore s'améliorer en 2016 avec la baisse annoncée de la facture carburant. Au cours du baril actuel, elle devrait baisser de 2 milliards de dollars, en tenant compte du niveau de couverture carburant du groupe (60% des besoins en kérosène sont couverts à 62 dollars le baril) et de la parité euros-dollars actuelle. Reste à savoir quel sera l'ampleur de la baisse de la recette unitaire et de la partie de la diminution de la facture pétrole que conservera le groupe. Si ce dernier parvient à en conserver 30% (soit 400 à 500 millions d'euros) et réduire ses coûts unitaires comme il le souhaite, le résultat d'exploitation sera de l'ordre de 1,5 milliard d'euros en 2016.

Ecart de compétitvité

Mais aussi confortables soient-ils, ces, résultats ne permettent pas de réduire l'écart de compétitivité avec les concurrents d'Air France-KLM (IAG, Lufthansa), lesquels affichent des rentabilités plus fortes. Ce qui justifie aux yeux des dirigeants de nouveaux efforts.

"Nos résultats sont en amélioration, mais notre position relative par rapport à nos principaux concurrents n'a pas changé et justifie que nous demandions des efforts supplémentaires de nos salariés, tant chez Air France que chez KLM, pour combler le fossé de compétitivité qui nous sépare de nos concurrents", a déclaré ce jeudi le Pdg d'Air France-KLM, Alexandre de Juniac.

Et de préciser :

"Nous devons baisser nos coûts pour pouvoir ouvrir des lignes, acheter des avions, embaucher du personnel, afin de croître de manière soutenable à un rythme au moins aussi important que celui de nos principaux concurrents. Avec 35-36 milliards de dollars de chiffre d'affaires, Delta, se situe dans des zones comparables à Air France-KLM, sauf que notre partenaire américain dégage un profit de 7 milliards, et dispose donc de 10 fois plus de moyens que nous pour investir. Si nous ne voulons pas être déclassés dans un marché qui croît, il faut avoir les moyens d'investir, d'embaucher. C'est pour cela qu'il nous faut baisser nos coûts. C'est le sens des efforts que nous demandons à nos salariés."

Négociations avec les pilotes

Pas gagné pour autant. En 2015, la baisse des coûts unitaires (-0,6% hors change et hors carburant) est inférieure à celle qui était prévue jusqu'ici (-1,5%). Cette baisse de 1,5% reste un objectif mais pas pour 2017 puisque la direction vise -1%. Pas sûr que ces niveaux permettent de combler l'écart de compétitivité avec IAG et Lufthansa. Reste à voir l'issue des négociations avec les navigants qui vont s'ouvrir prochainement. L'expérience appelle à la prudence. Surtout que les pilotes n'accepteront pas 17% d'amélioration de productivité comme l'envisageait la direction l'année dernière, un gain, disait-elle, qui permettait de se rapprocher des concurrents mais pas de les égaler et encore moins les dépasser.

PDV pour 1.600 personnes

Les pilotes demandent un plan de croissance plus important que les 2 à 3% an par an entre 2017 et 2020 présentés par la direction mi-janvier ainsi qu'un coup de pouce de l'Etat. Pour autant, ils ne disent pas le niveau d'efforts sur lesquels ils sont prêts à s'engager.
Avec les PNC, les nouvelles conditions de travail et de rémunération devront être bouclées avant l'expiration de l'accord collectif, fin octobre.
Au sol, l'essentiel des gains de productivité passera par la réduction des effectifs par le biais d'un énième plan de départs volontaires.
L'objectif est de pouvoir être en mesure de résister à un retournement de conjoncture, et notamment en cas de remontée du prix du baril.

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Commentaires
a écrit le 19/02/2016 à 13:30 :
"Si nous ne voulons pas être déclassés dans un marché qui croît, il faut avoir les moyens d'investir, d'embaucher". Traduction : "si je veux pouvoir augmenter les dividendes aux actionnaires et mon salaire de 15% dans les 2 à venir, il faut que je trouve dès maintenant 1600 pigeons qui veuillent bien aller pointer au chômage volontairement !".
a écrit le 19/02/2016 à 7:32 :
Une seule solution, basculer la fiscalité du travail sur la fiscalité énergétique. Essayez cette solution, sinon, adieu Air France et les autres entreprises françaises.
a écrit le 18/02/2016 à 22:38 :
Pour 10 % de plus pour les actionnaires les employés d' AF vont connaitre d'autres licenciements de personnel, et ce n'est qu'un début !!!!!
a écrit le 18/02/2016 à 20:15 :
Je suis ingénieur physicien / aero/microelectronique qui depuis 1980 est un serial entrepreneur sur des marchés monde ( Asie , USA) et qui en 1990 , lassé , agacé par les problèmes de non qualité de la fameuse compagnie arrogante AF a retourné au PDG sa carte d abonné ....pour désormais, voler sur de vraies companies aériennes qui ont compris ce que veut dire SERVICE .....
Honte a ce nouveau cadre qui essaie de faire porter au personnel , son incompetence manageriale et surtout sa méconnaissance totale du transport aérien a partir de textes et de livres appris par coeur , il y'a 30 ans ou plus ....
Je vole désormais avec SWISS et EMIRATES ....super , rien a dire ....rejoignez moi ...cela fait du bien quand on arrête l auto flagellation du "patriotisme" et que l on favorise la QUALITE TOTALE ....concept totalement absent du vocabulaire et de l intellect des patrons gaulois ....meme combat pour....la liste est trop longue
Bien a vous ....entrez en résistance ....
a écrit le 18/02/2016 à 18:55 :
Après discussion avec du personnel navigant j'ai bien compris que la productivité n'est pas un aspect essentiel d'AF en dehors du discours bien rodé mais mal huilé. L'organisation du personnel pour les vols intérieurs et moyen courrier des plus élastiques. Je comprends mieux pourquoi le personnel n'est pas favorable au nième plan de la Direction . D'ailleurs le nombre de plans montre combien AF tâtonne sans grande vision de son modèle économie. J'étais très critique envers les grévistes aujourd'hui après ces discussions ma critique est pour la Direction mais peut-on encore dire direction après cet amateurisme dans la gestion du personnel de bord pilotes, hôtesses, stewards. J'invite les passagers à discuter avec le personnel sur l'organisation du job, intéressant et tellement éloquent sur l'irresponsabilité économique de la direction. Il serait tant que le politique cesse de soutenir l'insoutenable cela pour l'Entreprise AF pour le client et peut-être d'ici peu pour le contribuable.
Réponse de le 19/02/2016 à 7:33 :
... la proportion de personnel AF jamais en contact avec les clients et les avions : je ne serais pas étonné qu'elle soit aberrante

un peu comme ce qui se sait pour l'éducation nationale avec plein de gens moins exposés et mieux payés, eux à la productivité très faible

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