Un hard Brexit risque de faire exploser le groupe IAG (British Airways, Iberia, Vueling, Aer Lingus)

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Même si le groupe IAG est enregistré en Espagne, ses capitaux sont majoritairement britanniques. Dans un schéma de hard Brexit, le groupe serait donc contrôlé par des capitaux non communautaires (sans parler des 20% de Qatar Airways). Or, une compagnie d'un pays tiers ne peut détenir plus de 49% du capital d'une entreprise de l'Union européenne.
Même si le groupe IAG est enregistré en Espagne, ses capitaux sont majoritairement britanniques. Dans un schéma de "hard Brexit", le groupe serait donc contrôlé par des capitaux non communautaires (sans parler des 20% de Qatar Airways). Or, une compagnie d'un pays tiers ne peut détenir plus de 49% du capital d'une entreprise de l'Union européenne. (Crédits : © Louis Nastro / Reuters)
La rupture "claire et nette" du Royaume-Uni avec l'Union européenne tourne au cauchemar pour IAG, la maison-mère de British Airways, de l'Irlandaise Aer Lingus et des espagnoles Iberia et Vueling. Pour le PDG d'Air France-KLM, un hard Brexit provoquerait l'explosion du groupe car celui-ci ne pourrait plus détenir ses compagnies membres d'un pays de l'UE.

Une sortie de l'Union européenne « claire et nette ». Tel est le choix de la première ministre britannique Theresa May pour la sortie du Royaume-Uni de l'UE. Ce qui n'était que le scénario du pire pour les compagnies aériennes britanniques devient la ligne officielle du Royaume-Uni. Un cauchemar pour Easyjet et le groupe IAG, propriétaire de British Airways, mais aussi de l'irlandaise Aer Lingus, et des espagnoles Iberia et Vueling. Car, même si la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne reste à négocier avec Bruxelles et notamment le volet du transport aérien, le discours de Theresa May en faveur d'un hard Brexit, sans "statut de membre partiel qui nous laisserait à moitié dedans et à moitié dehors", assombrit les perspectives de ces deux compagnies.

Le problème d'Easyjet : l'accès au marché européen

Et ce pour des problématiques différentes. Celle concernant Easyjet a été la plus médiatisée. Une sortie du Royaume-Uni du marché unique du transport aérien sans dérogation comme en bénéficient la Norvège ou la Suisse, lui interdirait d'accéder librement au ciel européen. Un handicap majeur pour l'une des rares compagnies paneuropéenne d'Europe (avec Ryanair), qui a fondé son succès depuis 20 ans sur la possibilité de voler au départ et à destination de n'importe quelle ville européenne.

La compagnie à bas coûts a déjà annoncé une parade. Elle va demander un certificat de transport aérien (CTA) dans un pays de l'Union européenne pour y créer une filiale dans le but de maintenir son accès au marché de l'UE. L'Irlande a même été évoquée par la presse outre-Manche. Ce qui permettrait de bénéficier du faible coût du travail en vigueur dans ce pays.

Pour autant, explique un bon connaisseur des règles européennes, une telle filiale, si elle était détenue par des capitaux majoritairement britanniques, perdrait sa licence le jour où le Royaume-Uni sortira de l'UE.

Celui de IAG : le maintien du contrôle d'Iberia, Vueling et Aer Lingus

La problématique est différente et encore plus complexe pour IAG. Car, un hard Brexit va poser inévitablement la question, pour ce groupe, de la propriété et du contrôle d'Iberia, de Vueling et d'Aer Lingus, trois compagnies originaires de pays membres de l'UE. Le PDG d'Air France-KLM, Jean-Marc Janaillac avait déjà donné son point de vue, lors d'une audition au Sénat fin novembre.

Dans le cas d'un hard Brexit, «IAG n'aurait plus le droit de posséder toutes ces compagnies et le groupe éclaterait», assurait-il.

En effet, même si le groupe IAG est enregistré en Espagne, ses capitaux sont majoritairement britanniques. Dans un schéma de "hard Brexit", le groupe serait donc contrôlé par des capitaux non communautaires (d'autant plus que, outre, les capitaux britanniques, 20% du capital sont détenus par Qatar Airways). Or, une compagnie d'un pays tiers ne peut détenir plus de 49% du capital d'une entreprise de l'Union européenne. Et quand bien même IAG mettait en place un système de gouvernance dans lequel il ne détiendrait plus que 49% du capital aux côtés d'investisseurs communautaires, il ne pourrait pas, toujours selon les règles de de Bruxelles, en assurer le contrôle. Par ailleurs, la filiale française de British Airways, Openskies, perdrait automatiquement sa licence dès la sortie du Royaume-Uni de l'UE.

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a écrit le 20/01/2017 à 16:22 :
Ces problèmes sont transitoires...bientôt, c'est toute l'UE qui va exploser. Il faudra bien se mettre d'accord à nouveau, et les brits seront à la table.
a écrit le 19/01/2017 à 6:54 :
une usine à gaz en remplace une autre ! Bon courage !
a écrit le 18/01/2017 à 19:40 :
Sauf que IAG n'est pas une société Anglaise mais Espagnole donc aucun problème pour BA qui peut appartenir à 100% à une société Eurpéenne .
Réponse de le 19/01/2017 à 0:34 :
Relisez l'article, les capitaux d'IAG sont majoritairement britanniques..Donc la compagnie est plus anglaise que espagnol.
a écrit le 18/01/2017 à 9:22 :
"Ce qui permettrait de bénéficier du faible coût du travail en vigueur dans ce pays"

C'est archi faux. Ce n'est pas le certificat de transport aérien qui conditionne les contrats de travail. C'est le lieu de travail.
Les employés d'easyJet basés en France sont sous contrat Français.
Réponse de le 19/01/2017 à 2:22 :
et quand on travaille dans un avion, c'est dans quel pays, le lieu de travail ??? parcequ'on peut être basé en Irlande tout en ne mettant pas les pieds en irlande : ce sont les méthodes Ryanair et Norwegian !!!
Réponse de le 20/01/2017 à 10:35 :
En réponse au dernier commentaire : en fait, les PNC sont basés quelque part et ne font pas que voler. Donc si basé CDG, l'employé aura un contrat français. Si basé SXF, un contrat allemand. Etc.
Pour Ryanair et Norwegian, c'est complètement différent. En fait, les employés ne sont pas employés par la compagnie directement mais par une autre entreprise basé en Irlande pour Ryanair (et je ne sais où pour Norwegian). Et les compagnies les "louent" à cette entreprise. Une sorte d'intérim...
a écrit le 18/01/2017 à 6:30 :
Messieurs les Aglais ont estimé que l'EUrope n'était pas assez efficace, compétitive et qu'ils y perdaient de l'agent. Ils ont clairement choisi de claquer la porte et de s'intaller comme concurrents. En toute logique economique, l'EUrope doit maintenant leur péter les reins pour eviter une concurrence à ses portes. Et ensuite se partager leurs dépouilles. Le reste est bavardage bobo-correct.
Réponse de le 18/01/2017 à 15:57 :
@MontMirail : vous prenez vos désirs pour des réalités : les anglais qui ont voté brexit l'ont fait à 30% sur la fois des Hoax de Boris et Nigel, qui ont eux même reconnu leur manipulation. 30 autres pourcent l'ont fait par pure perte des migrants et le restant l'a fait pour envoyer un "message au système, aux méchants de londres et de la city" sans même savoir ce que l'europe leur apportait.
Ne nous faites pas croire que les brits ont voté suite à une analyse économique pertinente.
Je ne souhaite qu'une chose, que l'europe soit forte et prenne acte du départ du marché commun en leur fermant bien la porte sur les doigts.
a écrit le 18/01/2017 à 0:49 :
Iberia sorti de IAG, sera-t-il une proie pour AF-KLM; LuftHansa ???
Réponse de le 18/01/2017 à 19:43 :
Pourquoi voulez vous que Iberia sorte du groupe IAG puisque IAG est une société Espagnole et par conséquent IAG peut détenir 100% de IBERIA
a écrit le 17/01/2017 à 22:43 :
Parfait ! La volonté du peuple va être respectée A LA LETTRE, et la démonstration sera faite aux yeux du monde entier que parfois, le peuple se trompe.

Croire en une quelconque sagesse/honnêteté/vertu supplémentaire du peuple par rapport aux élites est très tendance, mais c'est une grave erreur.
Réponse de le 18/01/2017 à 16:08 :
Le probleme d'un referendum c'est toujours de demander par répondre oui ou non à des questions extrêmements compliquées. Pensez-vous vraiment que tous ceux qui ont participle au referendum sur le brexit avaient en main tous les elements pour comprendre les consequences ... on leur a juste donner une occasion d'exprimer une colère (aux sources multiples, parfois non corrélées et certainement confuses). Je pense que si on élu des parlementaires pour faire ce travail de recherché et d'information à notre place c'est bien la force d'une démocratie parlementaire non ?
Réponse de le 18/01/2017 à 23:10 :
Murdoch avec le Sun le Dailly Mail etc.... a tapé sur l'Europe pendant des décennies, et ça tous les jours. Il fallait bien que le résultat soit à l'arrivée.
Quand en plus des tristes personnages comme le Farrage mentent effrontément et ensuite démissionnent pour ne pas avoir à assumer leurs mensonges là on atteint le sommet du cynisme.
Et à la fin ce seront les brexiteurs qui paieront. Murdoch va devoir se chercher une autre tête de t....
Réponse de le 19/01/2017 à 9:33 :
Vous voulez dire que les peuples sont des idiots et que nos élites sont sages, respectueux de ce même peuple qui n'est même pas reconnaissant ! D'ailleurs, ils ne mentent jamais ces élites françaises et européennes.
a écrit le 17/01/2017 à 22:20 :
Le problème de ces compagnies, c'est le Royaume-Uni, un confetti à l'échelle mondiale. Nul doute qu'elles parviendront à surmonter ce problème mineur en filant vers d'autres cieux. Il y a vraiment des opportunités à saisir pour les régions limitrophes du Royaume-Uni (Irlande, Hauts-de-France, Flandre...) pour récupérer les pans entiers de l'économie britannique qui ont besoin de l'UE.
a écrit le 17/01/2017 à 21:31 :
C'est tout Benef pour Ryanair tout ca !
a écrit le 17/01/2017 à 19:49 :
Les Britanniques croient fuir l'Europe kafkaïenne ? Le Brexit va s'avérer plus kafkaïen encore ! Ils vont se perdre dans des complications sans noms après avoir dû gérer les complications de la mise en place de l'UE. Divorcer à ce stade, c'est un peu comme divorcer après avoir élevé ses enfants, et que le plus dur a été fait, pour se remettre en ménage avec un(e) partenaire qui en a en bas âge !!! Bon courage. Pour nous, c'est l'heure d'en tirer profit au maximum. A nos décideurs de bosser un peu intelligemment et de trouver les biais et d'occuper le vide puisque la nature économique - aussi - a peur du vide.
A nous de faire de ce "hard brexit" une excellente nouvelle...
Réponse de le 17/01/2017 à 22:27 :
Je suis pro-europeen. Pour moi, Brexit c'est une loose-loose situation. On a besoin d'un UK fort pour une Europe forte.
a écrit le 17/01/2017 à 18:51 :
Les 27, c'est 46% des exportations de la GB. La GB c'est 5% des exportations des 27. (même si malheureusement la France est un des pays les plus touchés).
Tout est dit. Les 27 auraient bien tort de se mettre ramper devant Theresa May. Elle bluffe...
a écrit le 17/01/2017 à 17:36 :
La GB ne pourra plus bénéficier du marché européen, c'est son choix, a nous d'en profiter et de prendre la place dans tous les secteurs d'activités :))

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