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La Banque Populaire Atlantique lance Blue Pop, première banque en ligne régionale

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« Si nous n'avons pas l'intention de proposer une banque low-cost, il ne s'agit pas non plus de laisser la place aux nouveaux acteurs » explique Olivier De Marignan, Directeur général de la Banque Populaire Atlantique.
« Si nous n'avons pas l'intention de proposer une banque low-cost, il ne s'agit pas non plus de laisser la place aux nouveaux acteurs » explique Olivier De Marignan, Directeur général de la Banque Populaire Atlantique. (Crédits : J Rambaud Alpaca Andia)
Elle s’appelle Blue Pop. C’est la dernière venue dans le paysage des banques en ligne françaises. Trois ans après s’être engagée dans la digitalisation de son groupe, la Banque Populaire Atlantique revendique le lancement de la « première » banque en ligne régionale.

C'est l'une des quinze actions proposées par les collaborateurs de la Banque Populaire Atlantique invités à réfléchir à la modernisation du groupe au cours du premier trimestre de l'année 2016. Pour ne pas être en reste vis-à-vis d'une concurrence agressive et tenter de conserver les clients happés par celle-ci, la BPATL a donc lancé Blue Pop, le 1er mars dernier, première banque en ligne régionale. Avec une ambition : capter 20.000 ou 30.000 clients, soit près de 10% des 340.000 clients de l'organisme bancaire appuyé jusque-là sur un réseau de 174 agences physiques (sur 5 départements), récemment modernisées. Si la fréquentation pour le conseil demeurait intacte, les manipulations de chèques et billets au guichet diminuent de 5% à 6% par an au profit d'un traitement digital.

« Ça va continuer de baisser de façon significative, et notamment avec l'arrivée de 'l'instant paiement' à la fin de l'année. Celui-ci permettra de faire en dix secondes des virements entre particuliers. Ce sera un vrai phénomène de société. Il y a une demande croissante pour une offre bancaire en ligne plus jeune, plus moderne », explique Olivier De Marignan, Directeur général de la Banque Populaire Atlantique.

Il y a cinq ans, le réseau avait créé une e-agence. Un service installé au fond d'un couloir voulu pour garder les clients qui déménageaient en leur offrant une capacité de gestion à distance. Un millier de clients ont eu recours à ce service.

Tarif identique aux agences

Cette fois, la BPATL a voulu aller plus loin en mettant en place un véritable outil de contact. Si Blue Pop permet de chatter, d'utiliser la visioconférence, sa particularité est surtout d'associer de véritables collaborateurs physiques attitrés, et non des robots.

À la mode d'un site de vente en ligne classique, Blue Pop, encadrée par une convention maison, permet de s'inscrire en ligne, de remplir son panier en choisissant son type de carte de crédit, d'assurance, de prévoyance, d'organiser ses facilités de crédits, de commander des carnets de chèques ou choisir un crédit à la consommation... L'une ou l'autre des options offrant un certain nombre de réductions. Sachant que pour éviter une cannibalisation des agences, les tarifs sont identiques à ceux pratiqués dans les lieux physiques.

Occuper le terrain

Signe de l'ambition de la BPATL dans ce domaine, l'organisme bancaire a recruté pour porter l'effectif de trois à six  personnes et s'apprête à moderniser la plateforme pour accueillir, à terme, 10 à 15 collaborateurs. « Nos pertes de clients proviennent des décès, des déménagements, due à des mutations par exemple, et à la concurrence », reconnait-il alors que la bataille fait rage sur Internet pour conquérir ou reconquérir une clientèle sollicitée de toute part. HSBC propose 160 euros assortis d'un certain nombre de conditions pour les 1.000 premières ouvertures d'un compte en ligne.

Que ce soit au Crédit Agricole, Hello Bank, Bforbank... partout les ristournes de bienvenus fleurissent. Blue Pop n'échappe pas à la tendance en proposant, dans la même veine que les autres, six mois offerts et 80 euros en bons d'achat...

« Ca veut dire que le marché se déplace... Si nous n'avons pas l'intention de proposer une banque low-cost, il ne s'agit pas non plus de laisser la place aux nouveaux acteurs » justifie le dirigeant de la Banque Populaire Atlantique où l'on constatait, chaque mois, l'ouverture d'une centaine de compte dans des banques en ligne concurrentes.

Une goutte d'eau au regard des 32.000 comptes ouverts, ici, en 2016. Même si les clients conservaient leur compte initial, les petits ruisseaux faisant les grandes rivières, la banque à veiller à ne pas se laisser déborder.

« On leur donne la totalité de l'expérience d'une banque en ligne avec en prime, et ça nous sommes les seuls à le proposer, assure olivier de Marignan, la possibilité de venir rencontrer un conseiller dans n'importe quelle agence, sans coût supplémentaire.»

Le mur du digital est derrière nous

Si l'investissement de quelques milliers d'euros pour ce site vitrine reste modeste, le véritable enjeu confie Olivier de Marignan, c'est l'accompagnement et la formation des collaborateurs pour que tous aient la capacité de manipuler avec aisance toutes ces nouvelles technologies.

« Blue pop est une zone d'expérimentation très intéressante qui, d'ici à cinq ans, devra être élargie à l'ensemble de nos agences de manière à ce que chaque collaborateur puisse discuter, tchater avec nos clients ».

L'enjeu est là.

Il y a deux ans déjà, Olivier de Marignan, fût l'un des premiers acteurs bancaires, à engager un audit sur le taux de digitalisation de l'entreprise, le niveau de compétences des effectifs, les capacités et volonté de transformation des mille cinq cents salariés. 93% ont accepté de jouer le jeu. À l'époque, la photographie laissait entrevoir que 80% étaient spectateurs ou réticents, et 20% étaient enthousiasmes ou spécialistes. Fin décembre, une nouvelle photographie des compétences a montré que le nombre de « spectateurs » avait chuté de 80% à 48% et que le bataillon des « enthousiastes et spécialistes » comptait aujourd'hui pour 52% de l'effectif.

« On a formé le plus de monde possible. J'ai le sentiment que digital, perçu comme un mur par certains de nos collaborateurs dans la relation client, est désormais derrière nous. On a vu un phénomène d'entrainement extraordinaire. C'est pourquoi lorsqu'on a demandé aux collaborateurs de réfléchir à la banque de demain, ils nous ont dit il faut qu'on ait une banque en ligne en interne, sans qu'il ait peur que cette banque en ligne vienne en concurrence de leurs agences traditionnelles », approuve le dirigeant de la Banque Populaire Atlantique.

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