Carrefour Banque se lance dans la banque en ligne

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Carrefour Banque, la filiale du distributeur (détenue à 40% par BNP Personal Finance) existe depuis plus de 30 ans. Elle va lancer un compte courant disponible en rayon et plus seulement dans ses agences, entrant ainsi dans l'ère de la banque à distance.
Carrefour Banque, la filiale du distributeur (détenue à 40% par BNP Personal Finance) existe depuis plus de 30 ans. Elle va lancer un compte courant "disponible en rayon" et plus seulement dans ses agences, entrant ainsi dans l'ère de la banque à distance. (Crédits : Reuters)
La filiale bancaire du distributeur dévoilera le 21 mars une offre de compte courant « disponible en rayon et activable en ligne ». Carrefour Banque et Assurance sort ainsi de l'univers des galeries marchandes.

La loi Macron facilitant la mobilité bancaire crée décidément des vocations. En attendant la future Orange Bank "avant l'été", un nouvel acteur se rêve en "néobanque" venant réinventer les services financiers au quotidien : le distributeur Carrefour. Sa filiale bancaire, créée en 1981 initialement autour des cartes de paiement et fidélisation Pass, s'est diversifiée dans les assurances puis le crédit à la consommation, l'assurance-vie (avec Axa) et les cartes bancaires, va très bientôt lancer une offre de banque en ligne.

Il s'agira d'un compte courant qui sera « disponible en rayon et activable en ligne », selon l'invitation envoyée à la presse, montrant une consommatrice, sacs de shopping et smartphone en main : cette nouvelle offre sera dévoilée le 21 mars prochain par le directeur général de Carrefour Banque et Assurance, Julien Jaillon, et la directrice commerciale et stratégie client, Nadia Nikolic, chargée d'établir la feuille de route digitale de la banque.

Carregour Banque teaser

Carrefour Banque, qui a changé de logo en fin d'année, est détenue à 60% par le leader de la grande distribution en France et à 40% par BNP Personal Finance (la branche crédit conso de BNP sous la marque Cetelem notamment). En 2015, les derniers chiffres connus (les résultats du groupe seront publiés jeudi), la banque de Carrefour a réalisé, sur son périmètre France, Italie, Belgique, un produit net bancaire de 413 millions d'euros (+1%) et un bénéfice d'exploitation de 77 millions d'euros (+4%), pénalisée par la hausse du chômage et la croissance atone, ainsi que des taux peu attractifs pour les produits d'épargne. Elle compte plus de 2,5 millions de porteurs de sa Carte Pass, plus de 3,2 milliards d'encours de crédit et 2,3 milliards d'épargne sous gestion.

Et bientôt Leclerc aussi ?

Le lancement de cette offre s'inscrit dans une transformation multicanale de la banque, qui s'appuyait jusqu'ici prioritairement sur son réseau d'environ 200 agences dans les galeries marchandes. En juin dernier, la direction a annoncé un plan de départs volontaires portant sur 246 postes sur 1.650 salariés, et la fermeture d'une trentaine de petites agences réintégrées dans les hypers sous forme de stands. Alors qu'il est plus difficile de générer du produit net bancaire avec des taux bas et que les clients plébiscitent les services bancaires en ligne et désertent les agences, Carrefour Banque suit l'évolution de l'ensemble du secteur qui accélère sa bascule sur le numérique. Elle a évidemment ses applis et son service client par téléphone. Elle a aussi lancé Apple Pay cet été pour les porteurs de la carte Pass Mastercard, une innovation encore peu déployée sur le marché, seulement chez les Banques Populaires et les Caisses d'Epargne.

Ce compte courant activable en ligne, sans passer par l'agence, lui permettra aussi peut-être d'atteindre une nouvelle clientèle, plus jeune et plus urbaine, qui fréquente plus rarement les grands hypers, surtout si l'offre est aussi en rayon dans ses Carrefour City de proximité.

« En 2017, il va y avoir une vague de nouveaux acteurs dans la banque, autour du compte ou de la carte, des acteurs de la distribution qui ont déjà une base clients importante » nous confiait en janvier un bon connaisseur du secteur au fait de plusieurs projets.

Leclerc devrait également sortir du bois sous peu. En effet, sa banque Edel est devenue le mois dernier le premier actionnaire de la jeune startup toulousaine de la Fintech Morning, une banque 100% mobile qui voulait "réveiller la banque" avec sa carte et son compte de paiement pilotable depuis une appli.

Les néobanques et les distributeurs sont peut-être faits pour s'entendre. En Allemagne, la jeune banque mobile N26, qui vient de se lancer en France, a noué un partenariat avec le groupe de distribution Rewe : ses clients peuvent retirer des espèces directement aux caisses des supermarchés. Une complémentarité du physique et du digital sur laquelle veut aussi capitaliser Orange Bank en France.

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Commentaires
a écrit le 05/03/2017 à 14:55 :
J'ai déjà donné mon sentiment à propos des "applications" et largement fustigé Uber.
Les applications n'ont un intérêt réel que pour ceux qui produisent des applications, certainement pas pour les utilisateurs. Les applications créent du lien "virtuel", là où l'ensemble de la société aurait besoin de concret, de lien social. Les applications sont isolationnistes, bien dans le ton politique actuel. Diviser, c'est régner. Dont acte.
a écrit le 04/03/2017 à 17:28 :
Carrefour lance sa banque et est un gros client de l’agence de communication Havas.
L'agence de communication Havas, c’est Vincent Bolloré et son fils, propriétaires de la chaîne d'information Cnews participant au matraquage médiatique actuel contre la candidate des Patriotes Français et Jacques Séguéla, un oligarque qui assure la communication de Macron, la marionnette mondialiste et anti-française, sur BFMTV.
Le lancement de cette banque fait immédiatement suite à l'entrée en application d'une mesurette économique à la sauce Hollande-Macron, dont Carrefour, avec d'autres, a sans doute "suggéré" la mise en place. Parce qu'il est très facile de "suggérer" des lois à des politiciens sans projet, sans vision, sans programme, qui sous-traitent les vraies décisions politiques pour la France à la commission de Bruxelles !
Havas fait partie de ces publicitaires qui fabriquent les messages publicitaires diffusant sournoisement les théories mondialistes, qui participent à la dissolution de la France : ringardisation assumée de notre langue française, de notre culture française au profit de l’omniprésence de l'anglais et la multiculturalité à l’étasunienne.
Tous ces éléments mis bout-à-bout : faut-il vraiment devenir le client de cette nouvelle banque ?
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www.marine2017.fr/programme/, V-une France fière :
91. Défendre l’identité nationale, les valeurs et les traditions de notre civilisation française.
96. Défendre la langue française.
97. Renforcer l’unité de la nation par la promotion du roman national et le refus des repentances d’État qui divisent.
a écrit le 04/03/2017 à 8:44 :
Les distributeurs feraient mieux de s'améliorer sur leur activité principale au lieu de vouloir jouer aux banquiers
a écrit le 04/03/2017 à 8:44 :
Les distributeurs feraient mieux de s'améliorer sur leur activité principale au lieu de vouloir jouer aux banquiers
a écrit le 03/03/2017 à 23:02 :
Tout ce qui est virtuel amène à la crise, pour d'autre l'opulence!
a écrit le 03/03/2017 à 18:37 :
A quand des services de cash-back comme en Australie notamment: on paye un peu plus à la caisse et on nous donne du cash en échange: plus besoin d'aller au distributeur!
Une grosse source d'économies et ça permettrait aux commerces de se financer "autrement". A 1€ au distributeur contre 0.5% de commission sur la CB, c'est quand même bien plus rentable pour les sommes raisonnables!

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