Se déplacer autrement dans le Grand Paris : pour une mobilité multimodale

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20% de la population active connaît de grandes difficultés dans leur mobilité quotidienne et 40% des employeurs ont du mal à recruter pour des raisons de mobilité sur le trajet domicile-travail, rappelle Damien Desjonqueres, président du Laboratoire de la mobilité inclusive.
"20% de la population active connaît de grandes difficultés dans leur mobilité quotidienne et 40% des employeurs ont du mal à recruter pour des raisons de mobilité sur le trajet domicile-travail", rappelle Damien Desjonqueres, président du Laboratoire de la mobilité inclusive. (Crédits : Décideurs en région)
[ CITIES FOR LIFE ] La mobilité est un des éléments essentiels de la ville inclusive. Objectif : réduire la place de l'automobile au profit de solutions multimodales et plus douces : voiture partagée, vélos, véhicules autonomes et électriques. Sans oublier les nouveaux transports publics du Grand Paris Express qui vont changer la vie de millions d'usagers.

« Pour une partie importante de  la population, même dans les pays développés, le déplacement en milieu urbain n'est pas évident », constate Damien Desjonqueres, vice-président du Laboratoire de la mobilité inclusive. Mais cette situation devrait s'améliorer, car la mobilité de demain sera un mélange de transports publics plus nombreux donc plus accessibles, de véhicules autonomes et de solutions légères, comme le covoiturage ou les vélos à assistance électrique.

« Nous allons assister la RATP dans une expérimentation pour aller vers une fin progressive de l'automobiliste seul dans sa voiture. La tendance est à l'abandon de la voiture possédée, au profit de services de mobilité variés », estime Alexandre Frémiot, directeur de l'Agence Parisienne pour la mobilité.

Catherine Barbé, directrice des partenariats stratégiques de la Société du Grand Paris, rappelle que le visage de la région parisienne va changer drastiquement avec les travaux du Grand Paris Express :

« Nous allons ouvrir 200 km de lignes souterraines automatique avant 2024. C'est un défi extraordinaire pour changer la mobilité dans la métropole, avec des lignes en rocade qui vont intercepter les lignes radiales (métro et RER). Le Grand Paris Express va favoriser les modes de déplacement doux. »

L'objectif à moyen et long terme étant de réduire les déplacements entre domicile et travail, le nouveau réseau favorisera les quartiers autour des nouvelles gares.

"Les communes ont pris conscience que, souvent, les espaces autour des prolongements des lignes de métro n'étaient pas aménagé. Elles vont réaliser de nouveaux quartiers mixtes avec logements, commerces et une offre tertiaire", annonce Catherine Barbé.

Mobilité au quotidien : "20% de la population en grande difficulté"

La mobilité durable est un objectif que soutiennent tous les citadins affectés par la pollution. Mais il ne faut pas pour autant négliger la mobilité accessible à tous, rappelle Damien Desjonqueres :

"20% de la population active connaît de grandes difficultés dans leur mobilité quotidienne et 40% des employeurs ont du mal à recruter pour des raisons de mobilité sur le trajet domicile-travail. Il ne s'agit pas uniquement d'un problème rural. En zone urbaine et périurbaine, les difficultés existent avec deux causes principales. L'une est liée à l'aspect financier : deux tiers des gens utilisent la voiture pour aller travailler. Or, le salaire médian net individuel est de 1.500 euros nets, et le coût d'une voiture entre 3.000 et 4.000 euros par an, soit trois à quatre mois de salaire. La seconde cause tient à l'aspect cognitif : si je ne sais pas lire un plan, comment me déplacer ? Sans oublier les publics seniors et handicapés."

Le vice-président du Laboratoire de la mobilité inclusive a proposé d'établir un diplôme inter-universitaire de conseiller mobilité avec un cursus de 130 heures dont la première promotion doit sortir en février 2017.

D'ici 2050, la demande de mobilité augmentera "de plus de 500%"

Benoît Stephan, vice-président France marketing et commercial d'Alstom, voit encore plus loin que le Grand Paris Express :

"En 2050, la demande de mobilité aura augmenté de plus de 500%. Nous nous posons la question : nos systèmes de demain répondent-ils à cette demande ? Dans la pyramide des besoins, le transport doit être fiable, puis attendu, puis séduisant. La société change vite et les attentes aussi. Par exemple, la connectivité dans les transports n'est plus dans les attendus lors des enquêtes clients : c'est un pré-requis."

Anti-claustrophobie : un faux toit pour voir le ciel dans les tunnels

Le besoin d'intermodalité rend donc les trains connectés obligatoires, avec des vélos à assistance électrique ou des navettes automatiques pour le dernier kilomètre. La startup Nayva, spin-off de Keolis, construit ce type de véhicules 100% autonomes et électriques qui fonctionnent déjà à Lyon.

"Nous avons transporté sans incident 100.000 personnes sur un site fermé d'EDF pour un trajet de 1,3 km. Et nous avons levé 30 millions d'euros il y a un mois avec Keolis et un groupe quatari pour nous développer aux États-Unis et en Asie", détaille Henri Coron, vice-président commercial et marketing de Nayva

Alstom a calculé que le temps moyen de transport en région parisienne est de 45 minutes. La R&D de l'industriel va proposer des matériels roulant avec trois espaces : un pour le cabotage où l'on reste debout, un espace intermédiaire pour les voyages de 10 minutes avec des assises sommaires et un espace plus cocooning pour se poser et travailler pour les trajets les plus longs.

« Concernant le besoin de séduction,  nous avons travaillé avec une startup qui a imaginé un faux toit ouvrant qui permet de voir le ciel quand le train est dans un tunnel, explique Benoît Stephan.

Les claustrophobes (et les autres aussi) vont pouvoir respirer un peu mieux lors des arrêts inopinés dans l'obscurité du réseau souterrain.

Par Patrick Cappelli, 
correspondant de La Tribune à Cities for Life

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+ Lire aussi : Dossier complet sur le Forum Smart City du Grand Paris

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Commentaires
a écrit le 08/03/2017 à 15:29 :
Il manque un point crucial dans un article sur le futur de la mobilite: les VLEU véhicules légers électrique ont un brillant avenir devant eux: vous deplacer à la vitesse d'un velo electrique, avec autant de souplesse qu'un marchent, sans pedaler, sans polluer, sans bruit, sans suer...ca ne vous fait pas rêver? Trottinette electrique roue electrique
a écrit le 07/12/2016 à 10:54 :
Multimodalité ? il n'est pas possible de passer du bus au métro puis au bus avec un seul ticket alors qu'il s'agit dans tous les cas du réseau RATP.
Tant que ce qui est faisable avec une carte d'abonnement n'est pas réalisable pour l'utilisateur occasionnel, celui-ci n'est pas près de laisser tomber la facilité de son véhicule personnel...
a écrit le 07/12/2016 à 10:15 :
Les besoins de mobilité vont augmenter ......ça c'est un argument de vendeur ....le télétravail , des innovations comme les imprimantes 3D les visioconférences etc.. pourraient bien engendrer une baisse des déplacements que ce soit des personnes tout autant que des marchandises .
A ce jour nous manquons de visionnaires capables d'imaginer l'avenir à 20 ou 30 ans sans les millions d'usagers obligés d'emprunter tous les jours les RER A,B,ou C ou les autoroutes A1 ou N118 !!!!!!!!!!.
a écrit le 07/12/2016 à 9:11 :
Il faut tenir compte du temps d'échange entre les moyens de transport. Nous ne sommes plus au temps où le métro devait être à plus d'un kilomètre de l'arrivée du train.

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