Et si Coriolis devenait le quatrième opérateur télécoms ?

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Sur le segment du B2B, Coriolis lorgnerait 1,1 million abonnés mobiles, et 140.000 abonnés aux lignes fixes.
Sur le segment du B2B, Coriolis lorgnerait 1,1 million abonnés mobiles, et 140.000 abonnés aux lignes fixes. (Crédits : © Robert Galbraith / Reuters)
L’opérateur virtuel est en discussion pour reprendre des activités entreprises et grand public de Bouygues Telecom dans le cadre d’un possible mariage avec Orange. D’après nos informations, il serait aussi intéressé par l’infrastructure du réseau fixe de la filiale télécoms de Martin Bouygues.

Coriolis veut jouer dans la cour des grands. Et pourrait bien, qui sait, se transformer d'ici peu en quatrième opérateur sur le marché français des télécoms. Le MVNO (opérateur virtuel, ne disposant pas d'un réseau propre) veut profiter d'un possible rachat de Bouygues Telecom par Orange. L'opérateur historique discute aujourd'hui avec ses principaux concurrents, Numericable-SFR et Free, pour partager les actifs (fréquences, infrastructures, clients et boutiques) de la filiale télécoms de Martin Bouygues. Il s'agit là d'un impératif : si Orange avalait d'une traite Bouygues Telecom, il serait beaucoup trop fort sur le marché français. Ce que ne permettrait jamais les autorités de la concurrence, qui donneront in fine le feu vert - ou pas - à l'opération.

Mais ce dépeçage de Bouygues Telecom pourrait aussi profiter à Coriolis. L'opérateur virtuel a réalisé un chiffre d'affaires de 300 millions d'euros l'an dernier, et compte plus de 60.000 entreprises clientes, dont beaucoup d'ETI. Depuis plusieurs semaines, celui-ci a entamé des discussions avec Orange pour récupérer les clients professionnels de Bouygues Telecom. Sur ce segment, il lorgnerait 1,1 million abonnés mobiles, et 140.000 abonnés aux lignes fixes, nous confirme l'opérateur.

« Garantir un minimum de concurrence »

Cette cession d'actifs, évalués à un demi-milliard d'euros, a de sérieuses chances d'aboutir. Pourquoi ? Parce que le marché des télécoms d'entreprise est aujourd'hui un quasi-duopole, et l'autorité de la concurrence verrait d'un mauvais œil tout renforcement d'Orange sur ce marché d'environ 10 milliards d'euros. Et ce, alors que mi-décembre, l'opérateur historique a écopé d'une amende record de 350 millions d'euros pour « pratiques anticoncurrentielle » sur ce segment.

Agathe Martin, analyste chez Exane-BNP Paribas, le rappelle : « Orange dispose ici d'une part de marché d'environ 65%, contre 20% pour Numericable-SFR, et 5% pour Bouygues Telecom. » Ainsi, renforcer Coriolis dans les télécoms d'entreprise permettrait « de garantir l'existence d'un troisième acteur crédible, assurant ainsi un niveau de concurrence minimal », juge-t-elle.

En parallèle, Coriolis est aussi intéressé par le marché grand public. D'après Paris Match, il lorgne les 2,7 à 3 millions d'abonnés Internet fixe de Bouygues Telecom, évalués à 1 milliard d'euros. Problème : beaucoup disposent aussi d'un abonnement mobile. Des discussions seraient donc en cours pour possiblement dissocier les clients Internet fixe des clients Internet fixe et mobile.

Se faire un nom auprès du grand public

Mais Coriolis ne souhaite visiblement pas s'arrêter en si bon chemin. D'après nos informations, il serait aussi en discussion concernant l'infrastructure du réseau fixe de Bouygues Telecom. Il s'agit d'un point fondamental. Ou plutôt d'« une question essentielle », souligne Agathe Martin :

« Si Coriolis obtenait des actifs réseaux (mobile et/ou fixe), il serait alors fortement motivé à gagner des parts de marché pour rentabiliser cet investissement. Ce cas de figure pourrait donc l'amener à conduire une politique de prix agressive. En revanche, s'il continuait à utiliser le réseau des opérateurs existants, sa stratégie commerciale dépendrait alors des termes que ceux-ci seraient prêts à lui offrir pour y accéder. Ces termes feraient par ailleurs certainement l'objet d'une revue par les autorités de concurrence et de régulation. »

Reste qu'ici, Coriolis aurait alors un gros challenge devant lui : se faire un nom dans le cercle fermé des télécoms grand public à côté de marques fortes comme Orange, Free et SFR. Il devrait ainsi développer des plateformes de distribution, proposer des produits innovants et des contenus variés (en partenariat avec des acteurs comme Canal+ ou Netflix par exemple) pour se différencier. Un sacré pari... Chiche ?

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a écrit le 16/02/2016 à 12:52 :
Bouygues tente l'arnaque du siècle. En effet la société qui a bénéficié il y a peu gratuitement des droits veut les revendre pour 10 milliards. En a-t-elle le droit ? Seule une opération acceptée par l'Etat pourrait éclaircir ce dossier car le faire c'est le dire. On pourra parler ensuite d'une escroquerie en bande organisée mais ce sera irréversible. Bouygues devient ainsi le mini parrain de l'industrie française un peu à la manière de Warren Buffett et certainement avec l'ambition d'en faire plus. Mais, qui peut payer ? La vente à une entreprise publique équivaut à une titrisation : les français et entreprises paient le deal dans leurs abonnements. L'idée suivante est que Coriolis pourrait bien réaliser la même opération. La petite entreprise ne le ferait pas pour elle même, ou si, pour se vendre, mais pour un acteur plus important. On évoque ainsi le nom de Lagardère qui se rend bien compte que tous ses magazines et télévisions devront bientôt trouver un axe de fuite si l'héritier ne veut pas massacrer encore plus le groupe que son père lui a laissé. Lagardère c'est le Quatar. Le fiston aux commandes pense -il pense beaucoup- certainement à Amazon qui lui aussi a commencé par les livres pour finir par la distribution IT, cela tombe bien car Lagardère fait déjà de la distribution spécialisée. Orange n'achèterait alors QUE la clientèle de Bouygues Télécom en favorisant l'émergence d'un acteur concurrent ? Avec la meilleure volonté la société ne veut pas être le complet dindon de cette farce qu'on l'oblige à accepter, il entend bien que les tierces parties allongent un peu la sauce qui les fera riches. Les élections approchent, le temps presse si l'on peut dire, on a besoin de tout l'appui des uns et des autres, les banques vont certainement faire le grand écart de copinage en finançant ce tour de passe-passe et... augmenter leurs frais de gestions des comptes particuliers, une autre titrisation forcée.
a écrit le 15/02/2016 à 21:24 :
C est BNP qui finance Coriolis pour le compte de Drahi ?
La BNP n est même pas foutue de respecter ses engagements de prêts hypotequaire àvec ses clients suisses !
a écrit le 15/02/2016 à 20:46 :
Les offres de Coriolis sont nettement meilleur marché, suivies de Bouygues actuellement puis SFR et Orange. Donc le couplage Bouygues Coriolis dans le fixe adsl grand public a du sens
Réponse de le 15/02/2016 à 22:09 :
Le meilleur marche d après mon étude pme C est Vivaction et il propose un branchement fibre aux entreprises !
a écrit le 15/02/2016 à 18:58 :
Le service client d'orange est défaillant, les problèmes ne sont jamais réglés, lors d'incident, les indemnités promises sont subordonnées à un chantage immonde de marchand de tapis verreux ;

Il faut interdire à Orange de se mêler des affaires Bouygues Telecom .
Réponse de le 15/02/2016 à 21:57 :
mais que dire des autres opérateurs ??
et puis laissons Free racheter Bouygues s'il en a les moyens, Orange n'a rien à gagner dans cette opération .
a écrit le 15/02/2016 à 18:39 :
Coriolis Ç est 80 millions € dans la téléphonie d entreprise le reste C est de la vente de portable !
Attention le surendettement ? Non 🤐

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