Justice : une intelligence artificielle rend des verdicts semblables à ceux des juges

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Sur 584 affaires, l'intelligence artificielle a rendu un jugement similaire à celui des juges dans 79% des cas.
Sur 584 affaires, l'intelligence artificielle a rendu un jugement similaire à celui des juges dans 79% des cas. (Crédits : © Charles Platiau / Reuters)
Des chercheurs anglais ont analysé 584 jugements de la Cour européenne des droits de l’homme. Leur intelligence artificielle a rendu un jugement similaire à celui des juges dans 79% des cas.

La justice peut-elle être rendue par des robots ? Des chercheurs de l'University College London se sont penchés sur la question en développant une intelligence artificielle capable d'élaborer des décisions de justice. Ils ont analysé 584 affaires de la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH), correspondant à trois articles de la Convention européenne des droits de l'homme : interdiction de la torture et des traitements inhumains ou dégradants (article 3), droit à un procès équitable (article 6) et enfin, droit au respect de la vie privée et familiale (article 8).

Dans 79% des cas, l'intelligence artificielle a rendu des jugements similaires à ceux des juges. Procédure, faits, circonstances... "Les jugements de la Cour ont une structure bien distincte, ce qui les rend particulièrement appropriés à l'analyse de texte", précisent les chercheurs dans leur rapport, publié sur le journal scientifique Peer J. L'équipe a établi des modèles, en comparant notamment les décisions finales aux articles invoqués ou aux types de preuves présentées. "C'était notre intention de révéler les modèles qui conduisent les décisions de justice", explique le scientifique Nikolaos Aletras à The Verge. Autre fait notable : les chercheurs ont remarqué que les juges de la CEDH privilégient des jugements aux cas par cas à une application stricte de la loi.

74.150 affaires en attente de jugement à la CEDH

Pour l'équipe de chercheurs, l'intelligence artificielle ne permet pas de remplacer les juges humains. Elle pourrait davantage être utilisée pour identifier "les affaires qui sont le plus susceptibles de constituer des violations", assure Nikolaos Aletras à The Verge. Et donc, établir un classement des affaires prioritaires à traiter, permettant un gain d'efficacité pour une CEDH toujours plus engorgée.

Alors que l'institution recevait 8.400 requêtes en 1999, elle en dénombrait 40.650 en 2015. Fin septembre, 74.150 affaires étaient encore en attente de jugement. "Les Cours utilisent déjà beaucoup d'outils informatiques d'analyse, et je pense qu'à l'avenir, l'intelligence artificielle pourra également être utile", affirme le chercheur. L'équipe de l'University College London aimerait désormais élargir sa base de données, avec une plus grande variété d'articles et d'affaires à analyser.

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Commentaires
a écrit le 27/10/2016 à 10:48 :
Ce que les chercheurs anglais se penchant sur le cas de la C.E.D.H. ont omis, à moins que la presse ne l'ait pas repris, c'est qu'avant tout jugement, cette Cour rejette quelque 95 % des requêtes qui lui sont soumises, dont la plupart au mépris de la Convention qui justifie son activité.

Rien que de ce seul biais, leur analyse informatique des décisions rendues par la C.E.D.H. souffre d'une inconsistance la rendant infondée.

Feront-ils alors une analyse des recours rejetés, comparativement à la Convention ? Rien n'est moins sur !
a écrit le 27/10/2016 à 10:25 :
Quelle horreur.
a écrit le 27/10/2016 à 9:13 :
ce qui prouve le danger car si l'IA approche du jugement humain, il approche de sa faillibilité, voir sujet à la colère, la haine quelqu'un veut lui confier l'arsenal nucléaire pour tester ?

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