Comment acheter ses cadeaux de Noël (ou une pizza) avec des bitcoins

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Le cours du bitcoin a été multiplié par près de 50 depuis sa création.
Le cours du bitcoin a été multiplié par près de 50 depuis sa création.
Le système Bitcoin est passé de "monnaie des geeks" à moyen de paiement qui commence à faire son chemin. Son cours flambe depuis que le patron de la Fed lui a donnée son onction. Mais comment fait-on pour l'utiliser ? Mode d'emploi.

La cohue des grands magasins pour trouver la tablette tactile à 250 euros réclamée par votre belle-mère, très peu pour vous. Comme sept Français sur dix, votre shopping de Noël, vous comptez le faire sur Internet. Et si, pour remplir votre hotte, vous utilisiez la monnaie dont tout le monde parle, ces fameux "bitcoins" dont le cours, très volatil, a de  nouveau flambé le 19 novembre après que le patron de la Fed les a adoubées ? La complexité de leur utilisation peut rebuter, ce qui explique qu'elles restent encore confidentielles. Voici un guide pour tenter d'y voir plus clair. 

  • Comprendre le principe

Les bitcoins sont des "pièces" virtuelles lancées en janvier 2009 et inventées par un informaticien surnommé Satoshi Nakamo (voici son exposé complet, en anglais). Comme toutes les monnaies, elles servent à régler des transactions entre des agents économiques. L'intérêt? Indépendante des organismes officiels, elle ne doit donc normalement pas souffrir des décisions de politique monétaire et surtout, elle est moins coûteuse que des moyens de paiement classiques. 

Comme toutes les monnaies, il a fallu trouver un moyen de vérifier que ces pièces n'ont pas été créées à partir de rien, ou que les mêmes pièces ne soient pas utilisées deux fois pour des transactions différentes, sinon elles perdraient rapidement leur valeur. Dans un système monétaire "classique", la validité du moyen de paiement est garantie par un organisme centralisateur, par exemple une banque centrale. Or, le système Bitcoin vise à s'en affranchir. C'est donc la communauté des utilisateurs, le réseau, qui s'en charge.

Concrètement, elle le fait via un journal virtuel des toutes les transactions effectuées en bitcoins (BTC), également appelé chaîne de blocs. Depuis janvier 2009 toutes les transactions réalisées dans cette monnaie ont été notées dans un fichier dont la taille grossit donc de jour en jour. Tout pièce créée est ainsi publiquement "annoncée" et inscrite dans ce journal.

Dès qu'elle est utilisée, elle est immédiatement "détruite" après la transaction afin d'éviter une double utilisation. L'enregistrement, la confirmation et la sécurisation de ces transactions sont réalisés à travers une série de calculs. Une opération appelée minage réalisée par les membres du réseau, et pour laquelle ils sont rémunérés… en bitcoins.

L'obtention d'un BTC génère une clé privée, cryptée, que vous êtes normalement le seul à connaître. La transaction avec un autre membre du réseau, quant à elle, créé une clé publique, qui permettra de reconnaître la signature de la pièce et d'éviter qu'elle soit utilisée deux fois.

  • Créer son portefeuille virtuel

Première étape : télécharger  un porte-monnaie électronique sur votre ordinateur, votre smartphone ou votre propre tablette. Il existe de nombreux portefeuilles qui proposent des services différents.

La formule la plus simple, proposée par exemple par Electrum, ou Mutlibit, utilise un serveur distant pour accéder à la chaîne de blocs. La formule "complète", beaucoup plus lourde, permet de contrôler davantage le système puisqu'elle donne accès au journal des données. Il faut plusieurs heures pour l'installer sur un terminal puissant et cela nécessite en outre de bonnes connaissances en informatique, sans compter la nécessaire sécurisation du terminal. 

  •  Obtenir des bitcoins

Pour remplir son portefeuille virtuel, plusieurs solutions existent. On peut commencer en convertissant des euros en plusieurs pièces, une seule ou bien en fractions de bitcoins. Dans l'après-midi du 21 novembre, un bitcoin valait environ 493 euros. Quelque 12 millions de pièces étaient en circulation dans le monde soit un volume total de près de 6 milliards d'euros selon le site spécialisé CoinDesk.

Si vous habitez Vancouver, vous pouvez en retirer dans un distributeur. Pour les autres, cela s'effectue via des plateformes d'échange. La seule plateforme française, Bitcoin Central est gérée par la société Paymium. Y créer un compte ne se fait pas en un clic : il faut fournir pièce d'identité, justificatif de domicile et RIB/IBAN pour effectuer les virements. Et attendre les validations bancaires. Il existe également des plateformes à l'étranger (comme Bitcoin.de par exemple).

Le risque principal, à ce niveau, reste le piratage, surtout que les plateformes ne sont pas toutes capables de garantir un remboursement. En outre, ce nouveau secteur n'échapperait pas aux arnaques. Phillippe Herlin, auteur du livre numérique "La révolution du bitcoin et des monnaies complémentaires, une solution pour échapper au système bancaire et à l'euro?" paru en mai 2013, met en garde:

 "Il se crée de plus en plus de sites en Asie notamment qui proposent d'acheter des bitcoins, qui enregistrent les virements puis qui disparaissent."

Aux yeux de ce spécialiste français des monnaies complémentaires, les plateformes d'échange sont encore trop jeunes et trop peu nombreuses pour réaliser un comparatif fiable.

  • Acheter une tablette numérique, des chaussettes, une pizza... 

Une fois toutes ces opérations effectuées, si vous avez eu le courage d'aller jusque là, il ne reste plus qu'à explorer les sites de e-commerce. Les prix y sont parfois libellés dans plusieurs devises, ce qui permet de vérifier si, effectivement, la tablette de Belle-maman coûtera moins cher par ce biais que dans une boutique traditionnelle…

Sinon, vous pouvez vous rabattre sur les chaussettes en alpaga, un grand classique chez les aficionados.  Un petit creux ? Chez le groupe néerlandais takeaway.com (Pizza.fr en France), il est possible de payer sa quatre fromages en fraction de bitcoin. Une porte-parole de l'entreprise précise:

"Actuellement nous recevons une dizaines de commandes par jour payées en Bitcoins via Pizza.fr et une centaines par jour à travers de tous nos sites en Europe."

Surfant sur la médiatisation de ce nouveau système de paiement, les commerçants sont de plus en plus nombreux à  proposer des transactions avec cette monnaie virtuelle. A Berlin, des commerces "physiques" se mettent à proposer de régler par ce biais. Aux Etats-Unis, un New-yorkais a lancé une opération "Bitcoin Black Friday" visant à inciter à réaliser par ce biais les achats de Noël traditionnellement effectués au lendemain de Thangsgiving, qui tombe le 29 novembre cette année. La France n'y échappe pas: un coiffeur de Boulogne-Billancourt, John Landot, a confirmé à la Tribune qu'il comptait lui aussi ouvrir un compte chez un prestataire dans les prochaines semaines…Le portail Bitcoin.fr a répertorié d'autres prestataires.  

  • Un usage confidentiel

Toutes ces opérations nécessitent encore des connaissances relativement poussées en informatique et beaucoup de patience. Ce qui peut expliquer que l'usage de cette monnaie reste encore confidentiel dans l'Hexagone. Entre 60.000 et 70.000 personnes détiendraient des bitcoins en France, selon une estimation de Waykup, une société spécialisée dans les nouveaux usages digitaux.

En termes de taux de pénétration, "la France arrive à la 34e position" au plan mondial, précise Jean-Philippe Cunniet, en charge de cette étude indépendante. Elle est loin derrière le trio de tête : Suède, Finlande et Pays-Bas où plus de 0,5% de la population aurait déjà eu cette monnaie alternative "entre les mains".

En France, une très large majorité des usagers sont des hommes (88%) et près d'un tiers d'entre eux avaient dans leur porte-monnaie une somme équivalente à 2.400 euros, selon l'enquête portant pour le moment sur 93 personnes seulement et réalisée à partir de ce questionnaire.

  • Pour Noël, OFFREZ des bitcoins !

Pour les néophytes, beaucoup plus simplement, la solution serait d'en passer par des sites de e-commerce qui utilisent les bitcoins pour leurs transactions, mais de façon quasi "transparente" pour leur client. Ce sont des intermédiaires qui se chargent des échanges en bitcoins.

"Dans ce cas, il existe  un réel avantage comparatif", par rapport aux autres solutions de paiement en ligne, puisque les coûts sont réduits, juge Philippe Herlin, l'auteur du livre sur Bitcoin paru en mai 2013. Parmi les entreprises proposant ces services figure justement Paymium qui gère la plateforme française Bitcoin Central.

Ce procédé sera un "réel soutien à la croissance de ce marché à moyen et long terme", estime d'ailleurs ce chargé de cours au CNAM. Ce dernier, observant la courbe "en escalier" du cours du Bitcoin depuis sa création, prévoit que les "krachs vont se rapprocher de plus en plus".

Surtout, de 10 euros, le BTC est passé à plus de 400, et le spécialiste s'attend à ce qu'elle soit encore "multipliée par cent dans les années qui viennent".

Conclusion: au lieu  de régler ses cadeaux en bitcoins, mieux vaudrait donc… en glisser directement quelques divisions sous le sapin. Philippe Herlin acquiesce:

"Ça pourrait être un beau cadeau de Noël, comme les grands-parents qui offraient des Napoléons à leurs petits-enfants."

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Commentaires
a écrit le 07/01/2014 à 14:32 :
Le bitcoin à connu des hauts et des bas mais pour le moment elle a une valeur reel malgré que ce soit une monnaie virtuelle.
La question qui se pose c'est : que font les internautes de leur bitcoins ?
Un annuaire spécialise dans les ecommerce de bitcoin vient d'ouvrir il y a quelques temps, de plus en plus de sites ecommerce proposent comme moyens de paiement le bitcoin.
a écrit le 23/11/2013 à 21:56 :
Le bitcoin est une autre forme de fausse monnayeur elctronique d'arnaque.
Réponse de le 25/11/2013 à 11:42 :
t'as rien compris toi HAHAHA
a écrit le 22/11/2013 à 19:25 :
"Bitcoin1 est un programme informatique qui permet le transfert d'unités de compte appelées bitcoins à travers le réseau Internet, et ce de façon distribuée. Les bitcoins ainsi échangés ont pour vocation, selon les concepteurs et utilisateurs, à être utilisés à la fois en tant que devise monétaire et moyen de paiement dans cette devise.

Conçu en 2009 par un programmeur se faisant appeler Satoshi Nakamoto, le logiciel est écrit en C++ et publié sous licence libre MIT. Le système a recours à des procédés cryptographiques afin de décentraliser la gestion de la monnaie et ainsi de ne pas dépendre de l'intégrité ou de la compétence d'un émetteur central."... bref soyez prudent !!!!!!!!!!!!!!
a écrit le 22/11/2013 à 8:01 :
Je me demande ce qu'est devenue le monde de "demain", Second Life, sa monnaie virtuelle et les investissements de certains dans ce monde.... En fait, je sais, rip les gars. Consolez vous en regardant les possesseurs de bitcoins qui vont vous suivre ^^
a écrit le 22/11/2013 à 7:55 :
a part la tulipe, je ne connais pas de telle bulle speculative....

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