Startups : Lilo, alternative française à Google, à la fois éthique et rentable

 |   |  688  mots
Marc Haussaire et Clément Le Bras, les deux cofondateurs de Lilo.
Marc Haussaire et Clément Le Bras, les deux cofondateurs de Lilo. (Crédits : Lilo)
Le moteur de recherche français reverse 50% de ses revenus à des associations. Après deux ans d'existence, il compte près de 700.000 utilisateurs par mois et a déjà reversé 233.000 euros pour aider 50 projets "utiles".

Et si vous pouviez faire une bonne action juste en tapant une recherche sur internet, tout en soutenant une jeune entreprise française dans sa lutte contre la position archi-dominante du géant américain Google ?

C'est le pari, réussi, de la startup parisienne Lilo, qui vient de souffler ses deux premières bougies. Créée début 2015 par deux ingénieurs, Clément Le Bras (directeur général) et Marc Haussaire (directeur technique), la pépite revendique un peu moins de 700.000 utilisateurs mensuels, effectuant près de 30 millions de recherches. Une toute petite goutte d'eau dans le marché de la recherche en ligne (moins de 0,5%) et par rapport à Google, qui cannibalise plus de 90% des usages en France et en Europe à lui seul, mais qui lui permet tout de même d'être rentable.

Une recherche = une goutte d'eau pour un projet social ou environnemental

Lilo se distingue par un modèle économique unique dans le monde des moteurs de recherches alternatifs et éthiques. Comme ses concurrents Qwant, DuckDuckgo, Ixquick ou encore Goodsearch, la startup ne veut pas "aspirer" les données de ses utilisateurs lors de leur navigation sur la Toile pour ensuite les "traquer" avec des publicités ciblées. Au contraire, l'entreprise protège la vie privée en s'interdisant de collecter et de revendre les données personnelles.

Comme Qwant, elle se rémunère grâce à la publicité sponsorisée, c'est-à-dire les liens commerciaux qui s'affichent lors de chaque recherche. La différence réside la création d'une sorte de monnaie virtuelle, pour reverser 50% des profits. Ainsi, la startup a mis au point un principe simple : une recherche = une goutte d'eau, qui vient remplir une cagnotte virtuelle pour soutenir un projet social ou environnemental. Jusqu'à présent, la startup a collecté plus de 234.000 euros, dont 220.000 ont été reversés à une cinquantaine de projets. "Utiliser Lilo, c'est faire des bonnes actions gratuitement. Tous les mois, vous choisissez à quel organisme va l'argent que vous avez collecté grâce à vos recherches", ajoute Clément Le Bras, l'un des cofondateurs.

Un modèle rentable

Malgré sa confidentialité et le fait de reverser 50% de ses revenus, la startup assure être déjà rentable. Comment est-ce possible ? "Chaque internaute génère entre 30 et 55 euros de revenus par an aux moteurs de recherche. C'est une activité extrêmement lucrative", explique Clément Le Bras, citant une étude de KD Nuggets. Un pactole qui a permis à Google d'engranger plus de 90 milliards de dollars de revenus sur la seule année 2016... "Même sans recourir au reciblage publicitaire, juste avec la publicité sponsorisée, ce modèle nous permet d'être rentable en reversant 50% de nos revenus", ajoute-t-il.

L'argent issu de la publicité est utilisé tel quel : 50% pour des projets, dont une petite partie pour des projets permettant de compenser l'impact carbone du moteur de recherche, 30% pour le fonctionnement de l'entreprise, et 20% pour la communication.

De fait, Lilo n'a pas encore eu besoin de lever des fonds, sauf 100.000 euros en amorçage auprès de business angels, lors de son lancement. Mais Clément Le Bras n'écarte pas cette idée, notamment pour développer la version mobile, actuellement en béta, et pour s'internationaliser. La startup pourrait aussi améliorer ses algorithmes de recherche, qui apparaissent moins pertinents que ceux de ses concurrents Google et Qwant, notamment, ce qui peut poser problème pour l'utilisateur.

Des associations sélectionnées pour leur impact sociétal

Pariant sur la volonté de consommation responsable des utilisateurs et sur la prise de conscience dans la société de la domination des géants du numérique comme Google, la startup propose de soutenir des projets qu'elle repère elle-même, ou qui sont "remontés" par les utilisateurs.

En ce moment, les internautes peuvent soutenir l'association Petit Prince, qui aide à réaliser des rêves d'enfants gravement malades, le média alternatif La Relève et la Peste, l'initiative Green Minded, pour recycler les mégots de cigarette, ou encore Graine d'Oasis, autour de huit projets d'écolieux participatifs. Près de 90 projets sont consultables sur la plateforme.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 14/04/2017 à 8:54 :
Aux dernieres nouvelles Lilo est un metamoteur qui uilise les services de vrais moteurs de recherche. Ce n'est pas une alternative et pas plus un concurrent a d'autres. C'est un bonbon à l'emballage coloré mais au goût amer...
a écrit le 12/04/2017 à 9:27 :
"...D'abord, Lilo (et les autres d'avant et les autres à venir), ce ne sont pas des moteurs de recherche, ce sont des méta-moteurs. Le moteur, c'est Google, Yahoo ou Bing. ..." (extrait de https://www.eco-sapiens.com/blog/jen-ai-marre-des-moteurs-de-recherche-solidaire/)
Est-ce que Google se laisse parasiter ? A mon humble avis, non !

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :