Presstalis demande un nouveau sursis au tribunal de commerce

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Le siège de Presstalis Copyright
Le siège de Presstalis Copyright (Crédits : presstalis)
En grandes difficultés financières, les messageries de presse vont demander la "prorogation du mandat du tribunal" au moins jusqu'à fin septembre. Les négociations sur la restructuration de la filière et le financement qu'apportera l'État doivent être d'ici là finalisées.

Les discussions avancent mais ne sont pas achevées. Telle est la conclusion du conseil d'administration qui s'est tenu aujourd'hui chez Presstalis. Mais fort des engagements déjà émis par les éditeurs, les messageries et les pouvoirs publics, le premier distributeur de presse française « va demander au tribunal de commerce de Paris de proroger le mandat au moins jusqu'à fin septembre », indique un porte-parole de Presstalis. Au bord du dépôt de bilan, la société, qui ne paie plus ses factures, s'est mise sous la surveillance du tribunal fin 2011.

Les éditeurs, les pouvoirs publics, et Presstalis se donnent encore quelques semaines pour négocier. Parmi les points à régler, le niveau d'aide de l'Etat, qui devra mettre la main à la poche pour payer le plan de restructuration. De fait, pour survivre, Presstalis a prévu de faire maigrir ses effectifs d'environ 1.000 salariés sur un total 2.500 . Le plan doit être mis en place entre 2012 et 2015. Au total, le coût du plan de restructuration de la filière a été évalué entre 150 et 180 millions d'euros, dont des discussions précédentes évoquaient un partage en trois tiers entre Etat, messageries et éditeurs. Ces derniers ont déjà voté une augmentation de leur barème de coût de distribution et une augmentation de capital des messageries.

Le niveau 2 à restructurer

En attendant, le Conseil supérieur des messageries de presse (CSMP) a lancé une consultation publique qui se terminera le 20 août sur la restructuration des dépôts de presse, autrement dit du réseau de grossistes, qui font la liaison entre les messageries et les kiosques. De 135 actuellement, son nombre doit être ramené à 63 (pour un total de 99 plateformes), en prenant pour hypothèse une baisse des ventes de 7% par an en moyenne entre 2011 et 2015. A ce jour, Presstalis en possède la moitié, une trentaine est liée aux Messageries lyonnaises de presse et les autres sont indépendants. Reste à savoir comment se ferait la restructuration du réseau, quelle serait la nouvelle répartition entre Presstalis et les MLP (il y aura des ventes entre les deux messageries) et comment seraient financées les éventuelles fermetures.

Le financement de la distribution des quotidiens

Autre point à régler, la distribution des quotidiens. Le coût est actuellement entièrement supporté par Presstalis. L'idée : partager cette charge avec les MLP, en partant du principe que les quotidiens attirent les acheteurs dans les kiosques, et que toute la filière (y compris les MLP qui ne distribuent pas de quotidiens) en profite. Le cabinet Mazard a rendu sur ce point un rapport chiffrant ce « surcoût des quotidiens » à 26 millions d'euros, un montant qui ne comprend pas les charges liées au statut spécifique des ouvriers du Livre, très présents dans la distribution des quotidiens. Selon la clef de répartition retenue par le cabinet Mazard, les MLP auraient dû s'acquitter d'un quart de cette somme, soit 6,5% millions d'euros en 2011. En réalité, les MLP voulaient récupérer eux-mêmes une partie de la distribution des quotidiens, se faisant fort d'être plus efficace et moins coûteux que Presstalis. « Nous n'avons jamais eu connaissance de proposition chiffrée et précise sur ce point », indique-t-on au sein de Presstalis. De toutes façons, certains grands éditeurs ne sont pas prêts à confier la distribution des quotidiens aux MLP. Sur l'ensemble de cette problématique, les discussions doivent également se poursuivre.
 

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Commentaires
a écrit le 31/07/2012 à 11:16 :
C'est tout le système qui est à revoir. Les subventions servent à financer 60% de retours d'invendus. Les détaillants croulent sous les stocks de papiers invendables, les dépositaires gèrent la pénurie ou répartissent les surstocks, alors que les stats de ventes sont disponibles !
Qui sont les gagnants du système ? Les transporteurs ? Certains éditeurs ?
Tout est à changer, en partant d'abord du client/lecteur. Comme dans tout commerce de distribution !
a écrit le 30/07/2012 à 23:35 :
Une histoire de gros sous et pendant ce temps la,toujours les mêmes qui s'en mettent plein les fouilles
a écrit le 30/07/2012 à 20:05 :
La CGT fait la pluie et le beau temps aux anciennes NMPP. De toutes façons il y aura bien peu de journaux à distribuer dans l'avenir...

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