Encadrés, les loyers ont presque cessé de grimper à Paris

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L'encadrement des loyers à Paris continue de produire ses effets.
L'encadrement des loyers à Paris continue de produire ses effets. (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2013. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
La hausse des loyers dans l'agglomération parisienne se rapproche du niveau zéro, probablement sous l'effet de l'encadrement des loyers. La mesure, en vigueur depuis le 1e août 2015 à Paris, n'est encore qu'en projet sur le reste de l'Ile-de-France.

C'est la hausse la plus faible depuis 2001. Les loyers dans l'agglomération parisienne ont augmenté de seulement 0,2% en 2016, selon les premières estimations de l'enquête annuelle de l'Olap (observatoire des loyers de l'agglomération parisienne). Bien que très bas, ce taux d'évolution reste "légèrement supérieur à celui de l'Indice de Référence des
Loyers (IRL), dont la progression moyenne annuelle est quasi nulle (+ 0,03 %), précise l'Olap".

Comme on peut le voir sur le graphique ci-dessous, les loyers augmentent de moins en moins de vite depuis 2012, mais la progression se fait surtout beaucoup plus faible depuis 2014, probablement à cause de l'encadrement des loyers. Présent dans la loi Alur, adoptée le 26 mars 2014, l'encadrement des loyers n'est entré en vigueur qu'au 1er août 2015 à Paris, et il n'est toujours pas appliqué dans le reste dans l'agglomération parisienne.

Olap Loyers agglomération parisienne

[Crédits : Olap.]

Les propriétaires et gestionnaires immobiliers ont donc peut être anticipé, puis rapidement intégré les contraintes de l'encadrement des loyers, censé empêcher les excès dans les  zones tendues. Concrètement, il fixe un loyer de référence et un loyer maximum autorisé, supérieur de 20% au premier. Sur l'année 2015, la proportion de loyers abusifs dans la capitale n'avait pas été réduit, mais l'encadrement avait réduit le niveau de dépassement par rapport au loyer plafond.

| Lire L'encadrement des loyers fonctionne, et ce n'est pas surprenant

Le "saut à la relocation" lui aussi beaucoup plus mesuré

La hausse moyenne du loyer enregistrée au moment d'un changement de locataire a été de 0,4% en 2016 dans l'agglomération parisienne. Comme pour les loyers au niveau global, c'est la plus petite hausse depuis 2001 mais elle reste légèrement supérieure à celle de l'IRL. Les disparités en matière de saut à la relocation sont importantes entre Paris et sa banlieue. Ainsi, la hausse a été de 1,2% pour la capitale, soit le même niveau qu'en 2015, mais de seulement 0,2% pour la petite couronne. Dans la grande couronne, l'évolution est négative pour la deuxième année consécutive, avec -0,6% en 2016, après -0,4% en 2015.

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a écrit le 23/05/2017 à 11:23 :
il était temps qu'ils fassent quelque chose ! Des loyers trop élevés mettent aussi la pression sur les salaires et nuisent beaucoup à la compétitivité de la France et donc nuisent à l'emplois au final. Après il faudra trouver la juste mesure pour ne pas bloquer la construction si on étend celà à toute la France.
Enfin un truc super bien de la gauche, c'est pas souvent selon moi. Pourquoi la droite ne l'a pas fait avant messieurs "Les Republicains" ?
Réponse de le 23/05/2017 à 13:47 :
@Emmanuel_R
Ne vous laissez pas convaincre par les éléments de langage du lobby immo et des rentiers. Ils ont tout un tas de phrases toutes prêtes. Selon eux, si on encadre les loyers :
- Plus personne ne construira le moindre logement dans le pays. Ce qui est faux, puisque la flambée stratosphérique des prix et des loyers de 1997 à 2015 ne s'est pas accompagnée d'une montée massive de la construction.
- Les propriétaires bailleurs ne feront plus aucun entretien, plus aucune rénovation. Ce qui est faux, puisque lors de cette même montée gigantesque du coût du logement, les logements ont juste pris 15 ans. La qualité d'entretien n'est pas corrélée aux prix, elle est corrélée au fait qu'on est en zone tendue ou pas : à Paris et dans les grandes métropoles, aucun entretien ni rénovation n'a été fait même lors de la flambée des loyers et prix, tout le monde savait que la moindre passoire thermique à moitié en ruines se vendait ou se louait dans la journée et à prix d'or. Alors qu'en zone non tendue (peu d'emplois), il fallait ramer et embellir beaucoup pour avoir ne serait-ce qu'une visite.
- Plus personne ne mettra le moindre logement à louer dans le pays. Ce qui présuppose que les propriétaires bailleurs préfèrent laisser leurs "biens" vacants plutôt que de les louer à un tarif un peu plus raisonnable.

Bref, n'écoutez pas ceux qui promettent l'Apocalypse uniquement parce que l'encadrement fait passer les loyers de "malsains et indécents" à "très élevés".

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