Levée de boucliers des syndicats contre la fusion GDF-Suez

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Considéré par le marché boursier et le gouvernement français comme une bonne opération, le rapprochement de Suez et de GDF suscite l'hostilité de la part des organisations syndicales.

La fusion de GDF et de Suez est loin de faire l'unanimité, en particulier du côté des syndicats. Pour Frédéric Imbrecht, le secrétaire général de la fédération CGT Mines-Energie, première organisation syndicale à EDF et Gaz de France, invité ce matin d'Europe 1, cette fusion illustre "le mensonge, la précipitation et l'amateurisme avec lequel le gouvernement et le ministre procèdent dans ce dossier". "Je rappelle l'engagement solennel du gouvernement et du président de la République, il y a moins d'un an et demi", selon lequel EDF et Gaz de France "resteraient de toute façon des entreprises publiques à hauteur de 70%", a fustigé le responsable syndical. "Aujourd'hui l'Etat dans un secteur stratégique comme celui de l'énergie ne dispose plus que de deux opérateurs importants, qui sont EDF et Gaz de France et on livre tout simplement Gaz de France à un groupe privé!", a-t-il ajouté, pour conclure: "c'est un risque majeur pour l'avenir énergétique français et européen."

Et les autres syndicats ne sont pas en reste. Ainsi, les fédérations CFDT Chimie-Energie, Construction bois et Interco ont affiché leur étonnement, face à la "soudaineté" de l'annonce du projet de rapprochement entre les deux géants français de l'énergie. Selon la CFDT, "le premier ministre et son ministre de l'Economie, en lien avec les présidents des deux groupes, l'ont décidé (la fusion) unilatéralement, sans avoir recueilli en amont l'avis des conseils d'administration".

A l'instar de la CGT, la CFDT pointe du doigt la rupture de l'engagement pris par l'Etat de ne pas privatiser GDF. Elle s'inquiète enfin du manque de réel projet industriel lié à cette fusion précipitée. "La présentation factuelle du projet n'a été que la juxtaposition de la photographie des deux groupes. Aucune perspective sur le projet industriel de cette nouvelle entité n'a été présentée. Aucun aspect social n'a été soulevé", regrette la CFDT, qui sera reçue demain mardi par Thierry Breton, ministre de l'Economie et des Finances.

Autre insatisfait: l'Unsa énergie, qui "condamne avec la plus grande fermeté" ce projet de fusion. L'Union nationale des syndicats autonomes estime ainsi que "l'habillage qui consiste à faire croire que GDF absorberait Suez est une mauvaise plaisanterie", tandis que les annonces du ministre de l'Économie sont "loin d'être convaincantes". En fait, pour le syndicat, "Gaz de France est offerte à un groupe privé" et les salariés des deux entreprises ont "tout lieu de s'inquiéter des conséquences de ce mariage arrangé, notamment en matière d'emploi".

Moins hostile, le syndicat FO de Suez "préfère" une fusion avec du groupe privé Gaz de France à une OPA hostile de la part de l'Italien Enel. "A choisir entre une OPA hostile d'Enel - un risque qui existait vraiment - et la fusion avec GDF, il n'y a pas photo, on préfère GDF", a déclaré à l'AFP Jean-Pierre Lochkomoieff, délégué FO de Suez. Reste quelques interrogations de poids, notamment vis-à-vis de la branche "eau" du groupe. "Une OPA d'Enel aurait été beaucoup plus grave puisque le groupe italien avait annoncé clairement qu'il voulait se débarrasser de la branche eau de Suez. Mais la fusion avec GDF n'enlève pas toutes les interrogations sur l'avenir de toutes les activités qui ne relèvent ni de l'énergie ni du gaz: l'environnement, dont l'eau, et les services", a expliqué le délégué FO, qui demande aussi des éclaircissements sur l'évolution de l'emploi après la fusion.

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