Paris est-elle oui ou non une ville riche ?

Jean-Pierre Gonguet

Jean-Pierre Gonguet
« C'est un projet qui est loin d'être frileux » a lancé Anne Hidalgo. Certes. Mais, c'est la règle en période de restrictions, c'est un projet de budget pour la ville de Paris relativement sage, basé sur des hypothèses de rentrées financières qui même modestes peuvent être un peu optimistes et dans la continuation des deux mandatures de Bertrand Delanoë. 8.5 milliards d'investissements sur les 6 prochaines années c'est un peu plus, en moyenne annuelle que de 2001 à 2014 (1.41 milliard annuels contre 1.383 milliards avant).
Mais même prudente, elle est peut être un peu optimiste : 200 millions d'euros chaque année de cession de biens c'est beaucoup dans un marché immobilier qui n'est plus aussi flambant qu'avant. De même 1 milliard par an de recettes dues aux droits de mutations c'est égaler le record de l'année 2010.
Idem pour les économies dans les dépenses de fonctionnement. Le fonctionnement de la Ville allant augmenter (222 millions supplémentaires pour le budget 2020), et Anne Hidalgo ayant décidé de ne pas augmenter l'endettement, le financement de son programme se fera par des économies un peu partout : dans la gouvernance (10 à 20 millions par an), dans les mutualisations et synergies (10 à 20 millions), dans la modernisation des services et la réduction des frais de gestion.
Dit autrement Anne Hidalgo se prépare à une gestion de bon père de famille, n'a aucunement l'intention en période électorale de remettre en cause le passé et surtout sait que les marges de maneuvre sont extrêmement faibles. Jerôme Dubus conseiller de Paris et secrétaire national de l'UMP a ainsi épluché toutes les données financières issues des comptes administratifs de la ville et du département de Paris. Et il a constaté que Bertrand Delanoë avait mis fin à une tradition parisienne :
Tableau issu du rapport de Jérôme Dubus (ci-dessous)
Les charges de personnel de la collectivité parisienne ont augmenté de 40.3% en 10 ans, celles de la Ville de Paris de 33.3% et celles du département de Paris de 253%. En clair on se retrouve dans une ville ou les capacités d'investissement ont été très largement obérées par le poids croissant des dépenses de fonctionnement.
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Jérôme Dubus pense que l'on peut dégager entre 600 et 700 millions sur les charges de personnel pour retrouver de quoi investir. Sauf que personne, ni Anne Hidalgo, ni Nathalie Kosciusko-Morizet n'ont encore pu chiffrer le coût de la Métropole pour Paris. La nouvelle structure est en effet prévue pour réorganiser la péréquation financière et l'Etat, à la manœuvre, ne cache pas que les Hauts de Seine et Paris seront plus donateurs que receveurs. Paris Metropole estime que la Métropole devrait avoir par transfert ou par une fiscalité nouvelle un budget de 7.5 milliards dont au moins 650 millions de recettes fiscales non encore créées. C'est certainement pour cela que le budget d'Anne Hidalgo reste très sage...
>> Pour aller plus loin, lire le rapport de Jérôme Dubus :
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