CAC 40 : plus de dividendes versés en 2022, mais moins de rachats d'actions
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Le siège historique de la Bourse de Paris dans le 2ème arrondissement.
SARAH MEYSSONNIER
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Quelle part de leurs profits les grands groupes du CAC 40 ont-ils reversé à leurs actionnaires ? « Les deux tiers » des profits réalisés en 2022, soit sous la forme de rachats d'actions ou de dividendes. Les dividendes ont atteint 67,5 milliards d'euros l'an passé selon l'ONG, Observatoire des Multinationales.
Les rachats d'actions, qui profitent aussi aux actionnaires en soutenant les cours en Bourse, ont légèrement reculé de 25 milliards d'euros à 26 milliards l'année précédente.
Toujours selon l'ONG, 34 des plus grands groupes « ont augmenté leur versement de dividende sur les profits 2022 (...), quelle que soit leur situation économique ». L'ONG affirme que les entreprises qui reversent le plus sont, logiquement, les plus profitables, à savoir TotalEnergies (10 milliards de dividendes et 7 milliards de rachats d'actions), LVMH (6 milliards de dividendes, et 1,6 de rachats) ou encore Axa (4 milliards de dividendes et 2,3 de rachats).
Dans le monde, l'engouement pour les rachats d'actions est également fort, de l'ordre de 1.310 milliards de dollars en 2022. Ce chiffre représente presque autant que le versement des dividendes. Celui-ci progresse à 1.390 milliards de dollars, d'après les chiffres du gestionnaire d'actifs Janus Henderson. Sur dix ans, le montant consacré aux rachats d'actions a triplé, tandis que celui des dividendes n'a augmenté que de 54%. En 2012, le montant des dividendes versés était deux fois supérieur aux rachats d'actions, alors que les deux sont quasiment égaux en 2022.
Cette pratique est beaucoup plus ancrée aux Etats-Unis, qui concentrent les trois-quarts des rachats d'actions effectués en 2022. Plus particulièrement, les médias et la technologie sont « traditionnellement portés sur les rachats d'actions », dont la valeur représentait « huit fois » les dividendes versés en 2022, souligne l'étude. Cette dernière cite notamment Meta, maison-mère de Facebook, et Alphabet, maison-mère de Google, qui préfèrent racheter leurs propres actions plutôt que de verser un dividende annuel. Apple a également acheté pour 89 milliards de dollars de ses actions en 2022, « 7% du total mondial », selon Janus Henderson.
Le secteur pétrolier a connu la plus forte croissance des rachats d'actions, multipliés par quatre entre 2021 et 2022. Chevron a annoncé fin janvier l'un des plus gros programmes de rachats d'actions jamais annoncés, allant jusqu'à 75 milliards de dollars, et ExxonMobil va débourser jusqu'à 50 milliards. Ces annonces n'ont pas été sans susciter des mécontentements politiques. Aux Etats-Unis, le budget 2024 du président Joe Biden prévoit notamment « un quadruplement de la taxe appliquée aux rachats d'actions ».
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En France, Emmanuel Macron, lors d'une interview au micro de TF1 et de France 2, avait taclé ces entreprises fin mars. « Il y a quand même un peu un cynisme à l'œuvre, quand on a des grandes entreprises qui font des revenus tellement exceptionnels qu'ils en arrivent à utiliser cet argent pour racheter leurs propres actions ». Avant d'expliquer : « il faut trouver la bonne technique », a-t-il expliqué, pour que les entreprises qui « sont en train d'acheter leurs actions distribuent davantage à leurs salariés ».
(Avec AFP)
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