Les entrées en Bourse chutent lourdement en ce début d'année 2019

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De l'autre côté de l'Atlantique, seules 20 introductions en Bourse ont été enregistrées au premier trimestre (-57%), affectées notamment par le plus long Shutdown de l'histoire des Etats-Unis.
De l'autre côté de l'Atlantique, seules 20 introductions en Bourse ont été enregistrées au premier trimestre (-57%), affectées notamment par le plus long "Shutdown" de l'histoire des Etats-Unis. (Crédits : Reuters)
Depuis janvier, seulement 199 sociétés dans le monde ont fait leur premier pas sur les marchés financiers, selon EY, qui publie ce jeudi 21 mars une étude sur les introductions en Bourse. Les incertitudes, tant sur la guerre commerciale sino-américaine, que sur le Brexit ou la croissance européenne, ont pesé sur l'activité.

Au premier trimestre 2019, seulement 199 sociétés dans le monde ont fait leur premier pas en Bourse. C'est 41% de moins que l'an passée, à la même période, révèle ce jeudi le cabinet EY dans une étude sur les introductions en Bourse. En valeur, la baisse est encore plus spectaculaire avec 13,1 milliards de dollars levés, soit 74% de moins qu'au premier trimestre 2018.

Bien que traditionnellement, le premier trimestre est généralement calme en termes d'introductions en Bourse, 2019 l'est encore plus que d'habitude à cause des multiples incertitudes qui planent sur le commerce mondial.

« L'épais brouillard des tensions géopolitiques, les problèmes commerciaux entre Etats-Unis, Chine et Europe ainsi que l'incertitude sur le départ du Royaume-Uni de l'UE ont ralenti » l'activité, explique Martin Steinbach, spécialiste du sujet chez EY.

L'Europe au ralenti, encore pire aux États-Unis

Dans le détail, la région Asie-Pacifique limite la casse avec 126 introductions en Bourse (-24% par rapport à 2018) dont 35 sur la seule place de Hong-Kong. En volume, la baisse est un peu plus marquée (-32%) avec 6,4 milliards de dollars levés.

En revanche, l'Europe connaît une chute plus importante avec 23 entrées en Bourse (-51%) pour 351 millions de dollars (contre 14,1 milliards l'an passé, soit une baisse de 98%). Et c'est encore pire de l'autre côté de l'Atlantique : seules 20 introductions en Bourse ont été enregistrées au premier trimestre aux Etats-Unis (-57%) pour 3 milliards de dollars (-82%), affectées notamment par le plus long "Shutdown" (fermeture partielle faute de budget voté) de l'administration américaine au début de l'année.

« Avec plusieurs gros projets d'introductions en Bourse et des licornes qui attendent le bon moment (...) on peut s'attendre à un rebond de l'activité dans la deuxième moitié de 2019, les incertitudes géopolitiques et commerciales montrant des signes positifs de stabilité et de résolution », prévoit néanmoins l'étude.

Levi Strauss & Co valorisé 6,6 milliards pour son retour en Bourse

Pourtant, depuis quelques jours, nombreuses sont les entreprises à annoncer leur prochaine entrée en Bourse. L'une des plus attendues est celle de Lyft, la société américaine de VTC rivale d'Uber, qui prépare son introduction au Nasdaq.

Il y a aussi celle de la licorne américaine Slack et du célèbre fabricant de jeans Levi Strauss & Co, qui fait son retour à Wall Street ce jeudi après 34 ans d'absence. Le groupe a annoncé avoir placé pour 623,3 millions de dollars d'actions dans le cadre de son offre publique de vente (IPO), qui le valorise 6,6 milliards de dollars (5,8 milliards d'euros) pour son retour en Bourse.

Le prix d'introduction du fabricant américain de jeans a été fixé à 17 dollars, soit au-dessus de la fourchette indicative de l'IPO, qui allait de 14 à 16 dollars.

(avec AFP et Reuters)

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Commentaires
a écrit le 24/03/2019 à 0:08 :
Sans parler des sociétés qui se retirent de la bourse ou rachètent une part substantielle de leurs actions en empruntant à bas taux, avec pour effet d'entretenir/gonfler l'énorme bulle boursière.
Tout cela signale un manque d'innovations susceptibles de relancer la croissance. Seul le capitalisme vert, avec ses ventes forcées aux collectivités, a trouvé une astuce pour fourguer une camelote dont les consommateurs subissent le coût et l'improductivité.
a écrit le 21/03/2019 à 12:03 :
le nombre de sociétés cotées aux US a plongé de 50% sur les vingt dernières années. et seule une poignée de groupes tire la progression du S&P 500.
a écrit le 21/03/2019 à 10:03 :
le nombre de sociétés cotées a plongé de 50% aux US sur les 20 dernières années. et seule une poignée de groupes tire la progression de l'indice S&P 500.
a écrit le 21/03/2019 à 9:42 :
Cela semble bien plus raisonnable et conforme vu la guerre commerciale sino-américaine que ces augmentations de bourses dont on ne comprend aucunement les raisons.

C'est la fin de la mondialisation à outrance et de l'argent qui n'a pas du tout d'odeur, forcément cela ne peut que chambouler les milieux financiers qui se reposent là dessus depuis longtemps.

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