Sur les réseaux, comment sortir du lot en tant que community manager ?
Sophie Girardeau - Monster pour La Tribune
Sophie Girardeau - Monster pour La Tribune
« Comparés à d'autres profils du digital, les community managers sont très nombreux à postuler car le métier semble abordable, dès qu'on s'intéresse aux réseaux sociaux, on apprend en effet rapidement leurs usages », remarque Boris de Chalvron, directeur associé chez Urban Linker.
Plutôt juniors, les CM comme on les appelle pour aller plus vite, ou gestionnaires de communauté, ont souvent appris à gérer les pages des entreprises lors de leurs stages, c'est une première expérience courante pour les jeunes diplômés issus d'écoles de publicité, de communication, de commerce ou de web marketing.
Pour compenser le manque d'expérience, ces profils doivent travailler au maximum leur e-réputation.
« La présence sur tous les réseaux est utile et un outil comme Klout aide à se faire une idée de son positionnement », poursuit Boris de Chalvron. Toutefois, doser sa présence en ligne est un exercice difficile. « Je ne recommande à personne le matraquage qui consiste à être trop présent sur les réseaux, à trop solliciter ses contacts, trop relayer d'informations, etc. ; il faut savoir faire la différence entre le bruit et le vacarme », insiste Pierre Cannet, dirigeant fondateur de Blue Search et délégué général du Club des DRH du Net.
Un certain nombre de community managers en recherche d'emploi pêchent par excès et peuvent irriter comme quelqu'un qui travaille ses gammes sur son instrument.
Il convient aussi de connaître les codes propres à chaque réseau. Un recruteur part du principe qu'un community manager saisit les nuances qui existent d'une plateforme à l'autre, dans le cas contraire, c'est une lacune rédhibitoire.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Un recruteur est également attentif au nombre de contacts de ce profil sur l'ensemble des plateformes. Il trouvera qu'un junior ayant moins de 300 followers sur Twitter est un peu court et que 1000 followers sur Instagram est un bon indice de sa capacité à créer et animer une communauté.
Combien de tweets par jour, ou de publications, sont-ils recommandés ? La réponse est difficile, on navigue à vue, il faut être présent pas omniprésent, ne pas inonder pour inonder.
On évite donc de multiplier les messages vides, de type remerciements et saluts trop fréquents, pour se concentrer sur ceux qui sont porteurs d'information : « Une rencontre sur telle thématique a lieu la semaine prochaine, j'aimerais vous y associer ». Un bon community manager est conscient de la portée de ses messages.
Faire coïncider une ou plusieurs passions personnelles et son objectif professionnel est possible. « Le recruteur cherche à distinguer les passionnés de ceux qui sont tombés là par hasard », souligne Boris de Chalvron.
Les passionnés deviennent des références sur leurs thématiques - jeux vidéo, gastronomie, photo, nouvelles technos, sport, culture, etc. - et si cette passion est en phase avec une entreprise qu'on cherche à convaincre et son produit, c'est un plus. On fait la différence « quand on sait créer son propre univers et que l'on connaît ceux qui gravitent autour », complète-t-il, mais certainement pas quand on cherche à être trop original.
À lire également
On a beau intervenir sur des métiers nouveaux, innovants, de communication, le monde du recrutement reste à cheval sur la forme dans certaines entreprises, l'originalité est donc toujours un coup de poker. Et la familiarité trop souvent confondue avec l'informel. « Salut, ça va ? ». « Non » répondra un recruteur, s'il répond.
- - -
Sophie Girardeau - Monster pour La Tribune