... t de sanctions. Rencontre.
LA TRIBUNE - En début de semaine, l'Insee a dévoilé les derniers chiffres sur les inégalités salariales entre les femmes et les hommes. Le revenu salarial moyen des femmes est inférieur de 23,5 %, tous postes confondus, à celui des hommes. L'écart se réduit à 14,9% à temps de travail identique, et à 4% à poste comparable. Quel regard vous portez sur ces chiffres ?
AURORE BERGÉ
- Collectivement, on a tendance à s'attarder davantage sur le 24% d'écart. L'avantage est que cela permet de mettre un coup de projecteur, et sans doute, un coup d'accélérateur sur la nécessité de corriger les inégalités. L'inconvénient est que l'on donne le sentiment que nous n'arrivons pas à avancer. A travail égal, salaire égal, ne doit pas rester un slogan, il reste des inégalités. A mes yeux, 4% est une inégalité qui est inacceptable, mais cela signifie aussi que des marches ont été franchies.
Quelle conclusion en tirez-vous ?
Il y a une action sur le temps de travail à mener qui est évidente, mais il y a aussi une action sur les métiers. D'où l'enjeu de prendre à la racine la question de la lutte contre toutes les formes de stéréotypes. Tant que des biais de genre persisteront dès la toute petite enfance, ils continueront à codifier, stéréotyper les imaginaires de nos enfants, nous continuerons, collectivement, à diriger plus instinctivement nos petites filles, vers les métiers du lien, du soin, de l'accompagnement. Et nos petits garçons vers des filières qui sont vues comme étant plus des filières d'excellence, pour lesquelles il y a, des pénuries de talents et des niveaux de rémunération supérieurs. C'est donc bien ce traitement à la racine que nous devons réussir à faire, notamment à travers la formation délivrée aux professionnels de la petite enfance et aux enseignants.