C'est une mission méconnue du Service de l'information stratégique et de la sécurité économiques (SISSE), un service du ministère de l'Économie créé il y a dix ans (2016) : trouver un investisseur alternatif à une société française prête à se faire racheter par une entreprise extra-communautaire mise à l'index par le SISSE pour des raisons de sécurité économique. « Le SISSE ne se contente pas que de bloquer, il offre une solution aux entreprises dans certains cas. Toutefois, nous ne réussissons pas à tous les coups », explique le chef du SISSE, Joffrey Célestin-Urbain. Pourquoi une telle démarche ? Le SISSE a conscience que ses refus motivés pour des questions de souveraineté peuvent détruire de la valeur et freiner le développement des entreprises françaises concernées.
Le déclic est notamment venu à la suite du cas d'une PME stratégique dans la filière électronique, qui avait un besoin de financement et voulait s'ouvrir le marché asiatique. Et forcément, elle intéresse un fonds d'investissement extrême-oriental, jugé trop proche des intérêts d'un État suspect pour ses opérations de prédation. Alerte rouge vif pour le SISSE, qui n'identifie pas non plus d'entreprise française substituable à cette PME dans la chaîne de valeurs. Le dossier finit par atterrir sur le bureau du ministre de l'Économie qui met un veto à l'issue d'une procédure Investissements étrangers en France (IEF).