77 milliards de dollars: le coût des litiges pour les banques européennes depuis 2008

Nicolas Richaud

Nicolas Richaud
77 milliards de dollars. Voilà ce que les litiges juridiques auraient coûté aux grandes banques européennes depuis le début de la crise en septembre 2008, d'après les informations de Bloomberg. Une somme rondelette, en deçà cependant de leurs consœurs américaines à qui cela aurait coûter 103 milliards de dollars.
Scandale du Libor, affaires de fraudes, abus de ventes : les griefs reprochés à une grande partie des banques européennes sont, peu ou prou, les mêmes que ceux concernant les établissements bancaires ayant leur siège social outre-Atlantique.
Les 18 établissements bancaires européens - Monte dei Paschi, Commerzbank, Santander, le Crédit Agricole, la Société Générale, BNP-Paribas, Lloyds Banking, Deutsche Bank... - sélectionnés pour cette estimation de Bloomberg sont ceux qui ont eu le plus de dépenses inhérentes aux litiges juridiques lors de ces cinq dernières années.
Et les banques européennes seraient sommées de passer à la caisse de plus en plus fréquemment. En 2012, amendes et autres provisions liés aux litiges auront coûté 7,7 milliards de dollars à ces 18 établissements bancaires. Un montant qui a plus que doublé par rapport à l'année précédente.
"Aujourd'hui, avec ces amendes; les banques sont en train de payer pour ce qu'elles ont fait dans le passé", a déclaré Martin Hellmich, professeur en management du risque, interrogé par nos confrères de Bloomberg.
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Dans le détail, ces banques ont dépensé 24,9 milliards pour solder litiges et poursuites, 20,9 milliards de dollars ont d'ores et déjà été provisionnés en vue de futures amendes à payer. Enfin, 31,5 milliards de dollars l'ont été pour des ventes abusives (de produits d'assurance adossés à des crédits immobiliers) à des clients anglo-saxons qu'elles ont été contraintes de dédommager.
A noter donc que toutes ne sont cependant pas impactées de la même manière. Les banques britanniques sont notamment parmi les plus impliquées. Le 22 août dernier, l'Autorité de conduite financière britannique les avait ainsi condamné à rembourser jusqu'à 1,3 milliard de livres sterling à des millions de clients, pour des ventes abusives de protections sur les cartes de paiement.
Or, celles-ci avaient déjà été impliquées dans la manipulation des taux interbancaires Libor et Euribor, mais également dans l'affaire des ventes forcées d'assurances-crédit PPI, qui les a obligées à passer des provisions pour plus de 10 milliards de livres.
Autre banque qui peine à se dépêtrer de ces affres juridiques : Deutsche Bank. Lors de la publication de ses résultats trimestiels il y a quelques semaines, la banque allemande a annoncé qu'elle avait augmenter ses provisions de 1,2 milliards d'euros, les portant à 4,1 milliards d'euros.
Dernièrement, de nombreux analystes ont estimé que Deutsche Bank devra encore passer 300 millions d'euros lors du quatrième trimestre. Pour rappel, les litiges juridiques lui ont coûté 1,6 milliard d'euros en 2012.
Et l'Hexagone n'est pas épargné. En France, les banques continuent également à doter des provisions. Le Crédit Agricole en a passé près de 80 millions d'euros lors du dernier trimestre. Même constat du côté de la Société générale qui a provisionné 200 millions sur la même période. Peu prolixe sur le sujet, le PDG de la Société Générale, Frédéric Oudéa, a déclaré il y a semaines, selon l'Agefi :
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