« Nous annonçons un désengagement massif de l'amont pétrolier et gazier et les moyens d'y parvenir » (Antoine Sire, BNP Paribas)
Propos recueillis par Eric Benhamou et Philippe Mabille
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LA TRIBUNE- Comment expliquez-vous que BNP Paribas soit toujours au centre des controverses environnementales, notamment selon de nombreuses ONG, dans son soutien au développement des énergies fossiles ?
ANTOINE SIRE- Il y a deux manières d'aborder la finance durable. Il y a une manière consistant à l'aborder par ses lacunes, qui est fréquente aujourd'hui. Et comme la finance durable est une activité relativement récente, elle est nécessairement encore imparfaite et lacunaire. Il y a également une autre manière, celle consistant à regarder le verre à moitié plein. Et dans ce verre, il se passe beaucoup de choses, comme par exemple, le fait que nous avons désormais un objectif de 150 milliards d'euros pour les crédits à impact, qui n'existaient pas il y a six ans ! Il faut quand même bien mesurer le chemin parcouru en quelques années. Cela ne rend pas toute la finance durable parfaite mais cela représente une transformation en profondeur. L'action conjointe des acteurs économiques, des régulateurs et de la société civile lui permet d'être en progrès constant.
Vous avez présenté un rapport « d'analyse et d'alignement pour le climat » avec des objectifs de réduction de l'intensité carbone d'ici 2025. Ce rapport est-il une réponse à la pression croissante de la société civile ?
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Cette pression s'exerce de manière particulièrement forte sur des banques qui financent historiquement les grands secteurs industriels et sont parmi les plus avancées en matière de transition. C'est le cas de plusieurs grandes banques françaises, mais aussi des grandes banques britanniques, allemandes ou néerlandaises. Les banques doivent vivre avec cette pression et les ONG ciblent celles qui ont sans doute le plus fort levier sur ces questions. Mais il ne faudrait pas que cela occulte la dynamique dans laquelle ces banques s'inscrivent aujourd'hui. En ce qui nous concerne, nous y travaillons depuis plus de dix ans. Nous avons d'ailleurs annoncé en janvier dernier une nouvelle étape avec un fort désengagement de l'amont pétrolier et gazier. Nous précisons aujourd'hui les modalités qui permettent d'assurer que ces engagements, décisifs, sont mis en œuvre dès maintenant et seront respectés de manière rigoureuse.
Propos recueillis par Eric Benhamou et Philippe Mabille