Les assureurs jouent le jeu du bouclier anti-inflation
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune
« Nous sommes parvenus au meilleur accord possible dans une situation très tendue dans le monde l'assurance » : le ton est donné par le ministre de l'économie, Bruno Le Maire, à l'issue d'une réunion à Bercy avec les assureurs français sur le thème du pouvoir d'achat. « Nous ferons nos meilleurs efforts pour contenir la prime moyenne de l'assurance automobile et habitation en deçà de l'inflation pour 2022 et 2023 », a ainsi déclaré Florence Lustman, présidente de France Assureurs, l'association professionnelle des assureurs en France.
C'est un engagement général de la profession, qui ne tient évidemment pas compte des situations particulières de chaque assuré, ni de la politique commerciale propre de chaque assureur. C'est à ce dernier que revient de fixer librement les hausses de ses primes, dans le cadre fixé par l'accord entre Bercy et la profession. Jusqu'ici, les assureurs ont déjà joué la modération avec un indice INSEE des prix de l'assurance en progression de 2,2% à la fin juin, contre 5,8% pour l'indice général.
L'effort consenti par assureurs peut cependant paraître bien modeste au regard de la garantie concédée par les banques une semaine plus tôt auprès de Bercy, de plafonner les hausses tarifaires à 2% pour 2023. Certains établissements bancaires ont même décidé de geler les tarifs en 2023, comme BNP Paribas, LCL, la Banque Postale et le Crédit Coopératif. En juillet dernier, Société Générale avait déjà promis une « stabilité » de ses tarifs.
« On ne peut pas comparer les tarifs bancaires et les primes d'assurance, car les tarifs bancaires concernent des services alors que les primes d'assurance doivent couvrir des sinistres », souligne cependant Franck Le Vallois, directeur général de France Assureurs. Les assureurs ne cessent de mettre en garde les pouvoirs publics sur la forte hausse du coût des sinistres. Ils ont été apparemment entendus.
À lire également
« Ce n'est pas dans l'intérêt des pouvoirs publics de fragiliser le secteur de l'assurance alors que les citoyens demandent plus de protection », glisse un grand assureur de la place. « C'est une conclusion réaliste de la part des assureurs et des pouvoirs publics », commente de son côté Cyrille Chartier-Kastler, président du cabinet de conseil Facts & Figures.
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité industrielle.
